La grève générale illimitée lancée par les deux centrales syndicales (USTG et CNTG) ce lundi 15 février 2016 a connu quelques incidents du côté de la haute banlieue. Au centre-ville de Kaloum même si les activités étaient au ralenti, l’administration publique et certains commerces marchaient normalement. Les banques, pour la plupart, qui étaient restées fermées tôt le matin ont été ouvertes de force par le gouverneur de la banque centrale. Mais faute de personnel, les activités à ce niveau ne fonctionnaient pas.

Très tôt le matin du 15 février, des incidents ont été signalés sur la T7 et la T8 mais l’intervention prompte de la gendarmerie a tué le mouvement dans l’œuf. A Niary-Wada, du côté de Hamdallaye Pharmacie, des loubards s’en sont pris aux usagers de la route avec des jets de pierre. Là également la gendarmerie a sécurisé très vite la zone.

Du coté du Km 36, des syndicalistes ont érigé des barrages pour empêcher les véhicules venant de l’intérieur du pays d’entrer à Conakry. Des passagers ont été descendus de force des véhicules. Les forces de l’ordre ont été, à ce niveau, postés pour éviter le pire.

A Labé, un habitant nous révélait que: « le matin certains mototaxis faisaient des courses mais les syndicalistes les ont ramenés à l’ordre. Ils (les syndicalistes) sillonnaient les rues dans un minibus pour dire aux mototaxis d’arrêter de circuler.»

Et pourtant, selon le juriste Mamadi 3 Kaba, la Constitution en son article 20, alinéa 3, dispose : « le droit de grève est reconnu. Il s’exerce dans le cadre des lois qui le régissent. Il ne peut en aucun cas porter atteinte à la liberté du travail.»

Ce qui ressort de cet article, précise le juriste,  est que la grève est un droit au même titre que la liberté du travail. En d’autres termes, contrairement aux  ‘’travailleurs grévistes’’  qui exercent un droit, ceux qui travailleront volontairement en période de grève, exercent aussi un droit. « Par voie de conséquence, l’exercice d’un droit ne doit pas empêcher ou entraver celui d’un autre », conclut le juriste.

Alors attention à la dictature du syndicat !

Aboudi Camara pour guinee7.com

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1 COMMENTAIRE

  1. Il a parfaitement raison, j’ai voulu aussi faire un article sur la question. Il est sûr que la grève est plus politique en guinée que professionnelle .Sinon,je ne vois pas en quoi une grève des travailleurs puisse amener des loubards à s’attaquer aux citoyens sans que les syndicats appellent à l’ordre. Encore, plus scandaleux, j’ai écouté l’interview d’un syndicat totalement ignorant du droit social, dire que Damantang n’est pas fiable au motif que ce dernier a prévu de ne négocier qu’avec les syndicats représentatif, ce qui est le principe élémentaire du dialogue social assis sur le principe de la démocratie sociale. À mon avis, même les autorités du pays ne maîtrisent pas le cadre de l’exercice d’un droit de grève,sinon,ils n’auraient pas permis à ces ignorants syndicalistes de violer la liberté de mouvement et de travail de ceux qui ne veulent pas aller en grève.Autant, la grève est un droit constitutionnel, autant la liberté d’aller en grève ou non l’est.Il appartient aux autorités, de faire respecter les droits et libertés de tous. Mais,l’incompétence et la complaisance de ces autorités sont telles que le pays tend à sombrer dans un état de non droit.