Le président de la République  qui a pris la mesure des conséquences néfastes du virus Ebola sur le programme qu’il ‘’ambitionne’’ pour la Guinée, dans le cadre de son quinquennat, a pris les devants pour fixer le cap de la guerre déclenchée contre cette fièvre hémorragique qui ne se donne pas de répit dans sa propagation.  Après la société civile et les opérateurs économiques, Alpha Condé vient d’inviter les professionnels des médias à s’impliquer dans la lutte contre la maladie, à travers la sensibilisation des couches réticentes, notamment dans un langage accessible à celles-ci.

Le président Alpha Condé a conféré avec les professionnels des  médias mardi dernier au palais Sékhoutouréya, dans le cadre de la riposte contre la fièvre hémorragique Ebola. Une démarche qui obéit à la politique de mobilisation générale  initiée par le chef de l’Etat, dans le cadre de la  nouvelle bataille qu’il a engagée pour sensibiliser toutes les couches socioprofessionnelles du pays sur la
nécessité de rompre la chaîne de contamination à ce virus mortel. Profitant de cette rencontre, Alpha Condé a fait cas de sa préoccupation face à  la propagation de l’épidémie d’Ebola dans son pays. Il a reconnu qu’il s’agit d’une question de survie nationale. D’où cet appel à une mobilisation générale, de tous les citoyens, dans la guerre qu’il appelle à mener  contre le virus Ebola.

Le président de la République a ainsi invité les journalistes  à jouer leur partition dans la lutte contre cette fièvre foudroyante, qui ne cesse de se propager à travers les localités du pays. Alpha compte sur l’apport de la presse dans la sensibilisation de la population, pour vaincre la réticence observée au niveau de certaines zones, situées dans le sud est du pays. Selon Alpha Condé, ‘’il y a bien des personnes mal intentionnées, qui incitent les populations en disant que les blancs viennent pour vous tuer. Ce qui conduit à la  réticence chez certaines populations.’’ D’où cet appel du président  à tous les citoyens,  à se lever pour lutter contre la fièvre Ebola’’.

Il  reconnait que l’épidémie à virus Ebola a un impact négatif sur l’économie  du pays. « La maladie est venue au mauvais moment. Elle est arrivée après la conférence économique sur la Guinée tenue à Abu-Dhabi, et après la conférence du MEDEF à Conakry », a expliqué le président. Il n’a pas manqué non plus de rappeler avoir émis  des réserves sur la façon  de communiquer  de l’OMS et de MSF. Deux ONG engagées dans la riposte contre l’épidémie aux côtés des autorités guinéennes. Qui selon lui, auraient dû ‘’dès le départ expliquer aux populations de la  possibilité  de guérir de la maladie, à condition de se faire dépister à temps’’.

Le coordinateur national de la lutte contre Ebola, Dr Sakoba Keita a pour sa part fait le point sur le bilan de l’épidémie, au cours de cette rencontre. Il a reconnu que le virus touche désormais  9 localités. Le bilan d’après lui, est de 862 cas dont  550 décès. Le gouvernement a concocté un plan de riposte pour une enveloppe  estimée  à USD 70 millions. Un plan qui s’étendra  sur une période de 6 mois.
‘’La surveillance accrue de toutes les personnes contacts, l’immobilisation de ces personnes,  durant toute la période de suivi, le renforcement des postes de contrôle, dont à ce jour sont au nombre de 21 à travers tout le pays’’, figurent parmi les paramètres inscrits dans la nouvelle stratégie de lutte contre Ebola. Alpha Condé compte sur de telles rencontres d’échanges avec les forces vives et les médias, pour mieux affiner sa stratégie de lutte contre le fléau. Le cap est dorénavant fixé, dans la guerre déclarée contre le virus Ebola. Reste à savoir si les 6 mois ciblés  seront suffisants pour arriver à bout de l’épidémie.

In L’Indépendant