Les principaux acteurs de l’économie guinéenne à savoir : le ministre du Budget, Ismaël Dioubaté, celui de l’Economie et des Finances, Mamadi Camara, Hadja Mama Kany Diallo, la ministre du Plan et du Développement économique et le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Loucény Nabé, ont conjointement animé une conférence de presse, ce jeudi, dans la commune de Kaloum, à Conakry.

Durant cet exercice, qui a principalement porté sur « la loi des finances rectificative et sur le programme économique et financier de la Guinée, appuyé par la Facilité élargie de crédit », ces différents commis de l’Etat ont donné, chacun en ce qui le concerne des chiffres.

A l’entame, le ministre des Finances, Mamadi Camara, a tenu à préciser : « Comme vous le savez, dans la plupart des pays, une loi de finance initiale, votée par le parlement, ne s’exécute jamais comme prévue. Au cours de son exécution, elle subit généralement des modifications plus ou moins importantes. C’est pour tenir compte des bouleversements des grandes lignes d’équilibre budgétaire définies par la LFI, qu’on prend une loi de finances rectificative collective budgétaire ».

Avant de déclarer que l’exécution de la « LFI 2020 s’est déroulée sous fond de la pandémie du COVID-19.  La pandémie a eu pour corollaire que le taux d’inflation a atteint 2 chiffres, ensuite le taux de croissance a été revu un peu à la baisse. Comme pour dire que l’économie guinéenne a fait preuve d’une grande résilience au cours de cette pandémie. Résilience principalement du secteur minier et agricole.  Les recettes collectées n’ont pas atteint les prévisions initiales ».

Par ailleurs, le ministre de l’Economie a introduit, le programme dont la Guinée se félicite. « Comme vous le savez, la Guinée a conclu un accord avec le FMI en décembre 2017, qui s’est traduit par l’adoption d’un programme économique et financier. L’objectif majeur de ce programme était de consolider la stabilité du cadre macroéconomique et de mettre en œuvre des mesures de politique économique et financière favorisant le développement économique et social de notre pays ».

Ensuite, le ministre de Budget, Ismaël Dioubaté, s’est estimé « très heureux que la Guinée ait conclu avec le Fonds monétaire, hier, la 5ème et la 6ème revue, au titre de la Facilité élargie du crédit. Il est important de rappeler que depuis 1958, jusqu’à l’arrivée du président Alpha Condé au pouvoir, la Guinée n’a jamais conclu un programme avec le Fonds monétaire. Il n’est pas superflu aussi de rappeler qu’à l’arrivée du Pr. Alpha Condé au pouvoir, tout l’agrégat macro-économique était au rouge. Notamment, il n’y avait pas de croissance. On était autour de 2 et quelques pour cent », a-t-elle rappelé.

Avant de poursuivre : « Nous venons d’achever le second programme qui a été concluant, sans réserve. Notre pays a respecté tous les critères quantitatifs, c’est-à-dire ce qui concerne les réserves internationales nettes de la Banque centrale, les avoirs intérieurs nets, les soldes de base. Donc, les revues ont été concluantes, il faut s’en féliciter, pour dire que le président Alpha Condé s’est inscrit dans une dynamique vertueuse de la conduite des affaires économiques financières et monétaires. Cette précision est de taille ».

Selon le ministre Ismaël Dioubaté, la Guinée, malgré la pandémie, a pu prouver une certaine résilience par rapport au choc : « Le taux de croissance projeté qui était de 6% en termes réels a été ramené à 5,2%. Le taux moyen d’inflation qui était initialement prévu, projeté pour 8,6%, a été de deux chiffres, exactement 10,2%…  Au titre des recettes, il était exactement prévu 21 706 milliards qu’on a ramenés à 21 364 milliards ; soit une baisse de 2%. Les dépenses quant à elles ont augmenté de 0,4% en se situant à 26 829 milliards, contre 26 731 milliards initialement prévus. Donc deux contractions, les recettes baissent et les dépenses augmentent de 0,4% du point de base, qui s’explique par un plan de riposte que le gouvernement a eu à faire… »

Quant à la ministre Hadja Mama Kany Diallo, elle s’est attelée à donner les qualités qui ont valu cet accompagnement à la Guinée. « L’appui des partenaires est en général basé sur la confiance qu’ils ont sur, non seulement le programme du gouvernement, mais aussi l’engagement du gouvernement à travailler de façon efficace et soutenue avec les partenaires. Cela a été possible, parce que le Fonds a eu confiance en notre façon de travailler. Et surtout, ils ont été convaincus par les mesures que nous avons mises sur la table pour non seulement redresser l’économie, mais surtout pour mettre l’économie sur une trajectoire de croissance soutenue », a-t-elle déclaré.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com