Certains étaient surpris de voir les statuts du CONOR rejetés comme un kleenex après usage par la majorité des membres statutaires de la fédération guinéenne de football. D’autres, non. Sachant qu’il ne pouvait en être autrement vu que le concepteur des textes, le CONOR des recommandés, incompétent et arrogant -ceci expliquant cela-, est dans une démarche de l’éléphant dans un magasin de porcelaine. En réalité les membres statutaires n’ont pas voté contre les textes. Mais contre un CONOR très paternaliste. CQFD. Mais comment en est-on arrivé là ?

Une guerre des égos plombe notre football en 2021. Au point que la Fifa, comme c’est elle qui paye, se voit obliger d’intervenir. En novembre de la même année, l’instance faitière du football mondial, nous impose un CONOR [Comité de normalisation] pour nous aider à mettre de l’ordre dans notre football. Tout en précisant que ce Comité mis en place « à la suite de plusieurs irrégularités survenues dans le cadre de la procédure électorale » devra « regagner la confiance de toutes les parties prenantes du football guinéen » pour in fine organiser « des élections justes et transparentes ».

Et les tâches assignées à ce CONOR dont le mandat expirait en juin dernier sont les suivantes :

– gérer les affaires courantes de la FGF ;

– déterminer, en coopération avec l’administration de la FIFA, si des dispositions spécifiques des statuts ou du code électoral de la FGF doivent être amendées en vue de la procédure électorale ;

– s’assurer que les nouveaux membres des commissions électorale et de recours électoral et, le cas échéant, des organes juridictionnels soient nommés par le congrès de la FGF ;

– une fois les nouveaux membres susmentionnés nommés, s’assurer que l’élection du comité exécutif de la FGF puisse être menée conformément aux statuts et règlements applicables de la fédération.

Des membres liés à des en-haut d’en haut de la CAF et de la FIFA

Et quand le 1er décembre 2021, la liste des membres du CONOR est publiée, on se rend vite compte que c’est une bande de copains et coquins liée à des en-haut d’en haut de la CAF et de la FIFA. Non, je n’ai pas parlé de Véron Mosengo (CAF) encore moins de Fatma Samoura (Fifa) ! Pour nous blaguer -prenez ce mot dans le sens de la duperie-, la FIFA mentionne que « tous ces membres [du CONR] feront l’objet d’un contrôle d’éligibilité mené par la Commission de Contrôle de la FIFA ». Y a-t-il eu de contrôle ? Motus et bouche cousue.

De toute façon on n’a pas besoin de s’assurer de la bonne moralité d’un protégé pour lui confier des tâches…

Et vint le 30 juin qui marque l’expiration du mandat du CONOR. Le bureau du Conseil de la FIFA, dresse le bilan des six mois d’exercice du CONOR : la nécessité de réviser les statuts et le code électoral de la fédération guinéenne de football avant de pouvoir organiser les élections.  Six mois d’exercice pour juste ça ? On est tenté de s’interroger.

Aux yeux de la FIFA, il faut une rallonge pour ses enfants gâtés. « Le délai initialement accordé pour mener à bien son mandat n’est désormais plus tenable », justifie Fatma Samoura, secrétaire générale de la FIFA. Et du coup, Mme Mariama Diallo Sy et son équipe peuvent rester jusqu’au 30 avril 2023.

On ne peut pas faire le bonheur des gens malgré eux

Porté au pinacle par la FIFA, le CONOR décide comme le Gourou dans un temple. « Au lieu de chercher la confiance des acteurs du football guinéen, il engage plutôt avec eux un bras de fer », commente un amoureux du foot. Comme si cela était nécessaire pour faire avancer les choses, il décide de révoquer le bureau de la Ligue guinéenne du football professionnel qu’il remplace par un Comité provisoire de gestion. Ce qui fait trousser allègrement les codes. Et bonjour le désordre !

En réalité le CONOR ne s’est pas donné le temps d’approcher les membres statutaires de la Fédération guinéenne du football pour leur expliquer le bien-fondé des changements contenus dans les statuts et surtout les faire adhérer à ce projet avant le vote. « On ne peut pas faire le bonheur des gens malgré eux », dit-on souvent.

Il faut cependant reconnaitre que les membres statutaires en rejetant les statuts sont tombés, sans le savoir, dans le piège du CONOR qui n’en rêvait pas plus  pour prolonger son mandat.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com