« L’importation des œufs, la flèche suicidaire de la filière avicole », c’est sous ce thème que le Conseil National des Eleveurs de Guinée a organisé une conférence de presse, ce vendredi 26 novembre à Conakry. A cette occasion, ces éleveurs de volailles ont demandé à l’État d’interdire l’importation d’œufs dans le pays pour permettre aux producteurs locaux de vivre de leurs productions.

« C’est une perte financière énorme que nous subissons. Avant, pour élever 1000 pondeuses, il fallait dépenser jusqu’à 50 millions GNF pour entrer en ponte. Actuellement, on dépense 80 à 100 millions pour 1000 pondeuses. Avant, le soucis c’est jusqu’à l’entrée en ponte, dès que les poules commencent à pondre, le fermier lui, il est tranquille, il commence maintenant à vendre. Maintenant, elles entrent en ponte, la production est là on n’a pas où vendre puisqu’il y a une importation massive des œufs qui sont à un prix inférieur au coût de production (des œufs produits sur place). Si cela ne s’arrête pas, nous fermiers nous allons perdre », a laissé entendre M. Diallo, un des membres du conseil des éleveurs.

Plus loin, les fermiers demandent à l’État de subventionner la culture de maïs et du riz pour pouvoir nourrir les volailles. « La production locale est inférieure au besoin des fermiers », a  déclaré M. Diallo, tout en précisant qu’actuellement les fermiers guinéens vont dans les pays limitrophes pour trouver du maïs et du riz pour les volailles.

Pour Ibrahima Baldé, président du Conseil national des éleveurs, « l’heure est très grave. Certainement vous ne prenez pas la mesure de cette gravité. Mais quand vous passez des nuits blanches à calculer, comment faire vivre votre famille ? Comment préserver vos emplois ? Comment continuer à servir votre société ? Et que par la faute de quelques individus qui veulent l’argent facile qui inondent votre marché et qui vous empêchent de progresser, de prospérer dans ce que vous faites et vous vous voyez dépourvus de moyens d’empêcher cette catastrophe, c’est très difficile. Mais sachez ce n’est pas une lutte mais c’est un plaidoyer, c’est un appui. Si vous réfléchissez de près ou de loin vous avez presque deux ou trois personnes dans des activités de ces éleveurs ».

Bhoye Barry pour guinee7.com 

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