En séjour en Guinée depuis quelques jours, le président du Conseil des Guinéens de la Malaisie (CGM), Balla Moussa Dioubaté, a accordé une interview à notre rédaction, en début de semaine. Au cours de cet entretien, ce Guinéen vivant en Malaisie est revenu sur le quotidien des étudiants guinéens dans ce pays ; le fonctionnement du CGM, entre autres.    

Guinee7.com : Bonjour monsieur, présentez-vous et présentez-nous votre structure ?

Balla Moussa Dioubaté : Bonjour, je suis Balla Moussa Dioubaté, je suis le président du Conseil des Guinéens de la Malaisie. Actuellement, je suis en séjour en Guinée. Le Conseil des Guinéens de la Malaisie est un démembrement du Conseil des Guinéens de l’étranger préétabli par le ministère des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger. Donc, depuis novembre 2017, à travers une élection, j’ai eu la chance d’être le président. L’objectif du conseil est principalement d’être le premier interlocuteur entre la communauté guinéenne vivant en Malaisie et les représentations diplomatiques. Ensuite, faire de telle sorte que la communauté se porte très bien. Participer à la bonne organisation de la communauté guinéenne et aussi contribuer au développement du pays, à travers l’encouragement des investisseurs pour venir vers le pays. Attirerer les investisseurs, que ce soient guinéens ou malaisiens, de venir investir dans le pays. Cela va créer de l’emploi pour les jeunes.

Est-ce que des entreprises sont déjà ciblées par votre structure, pour venir investir en Guinée ?

Dans ce cadre déjà, il y a des gens qui le font individuellement, qui ont des partenaires. Mais là, il faut comprendre qu’on veut faire de telle sorte que ce soit bien organisé. C’est-à-dire, il y a beaucoup qui ont été victimes lorsqu’ils viennent dans ce cadre individuellement, sans passer par le cadre diplomatique. Ils deviennent victimes et les projets n’aboutissent pas. Par contre, d’autres aussi viennent avec des investisseurs, mais ils ont des difficultés sur le terrain. Nous, maintenant, en s’organisant très bien avec l’ambassade, que tout Guinéen qui a un investisseur, il rentre en contact avec le conseil et le conseil le dirige vers l’ambassade pour avoir une lettre de transcription et suivre diplomatiquement.  Là, avec ça, il y a une garantie, il y a aussi la sécurité de leur investissement et l’aboutissement du projet. 

Depuis la création de votre conseil, qu’est-ce que vous avez pu réaliser sur le terrain, en Guinée ou en Malaisie ?

Après l’installation, à notre niveau, nous avons commencé à nous organiser dès après cela. A travers les objectifs fixés par le gouvernement, chaque pays a ses réalités ; donc, nous avons essayé d’abord pour un premier temps, de travailler sur les statuts et règlements intérieurs du conseil, suivant les réalités de la Malaisie. Nous avons réalisé aussi comment chercher et identifier tous les Guinéens vivant en Malaisie et aussi les enregistrer dans notre base de données, tout en séparant avec un répertoire de compétences…

En même temps, nous avons fait en sorte que ce soit l’enregistrement et la distribution des cartes de Guinéens de l’étranger, à travers les cartes de CGM. Ces cartes sont des cartes biométriques pour leur sécurité. Nous avons aussi créé des forums de discussion sur les réseaux sociaux, un site internet pour le conseil, pour la bonne communication. Il y a eu des commissions de travail qui ont été mises sur place. C’est-à-dire la commission chargée des cas sociaux, parce que tout n’est pas rose, il y a beaucoup de cas de dépassement de séjour de certains de nos compatriotes. Il y a les maladies. Et au niveau du conseil, on s’organise, c’est vrai qu’on n’a pas de budget alloué à ça, mais on s’organise avec le social pour essayer de venir en aide. Dans ce cas, nous avons pu au moins rapatrier 5 à 6 personnes, avec la contribution de la communauté guinéenne. De temps en temps, l’ambassade nous vient en aide, mais la plupart des cas, c’est la communauté qui se mobilise.

On a créé un club de danse et de culture qui représente la Guinée, parce qu’il y a des cérémonies ; chaque pays a besoin de se faire représenter. Par exemple, les cérémonies liées à la Francophonie, l’African Day et autres. Nous avons aussi entretenu notre équipe de football locale dans ce sens. Nous avons aussi organisé la 60ème fête d’indépendance de notre pays. Au-delà de ça aussi, exceptionnellement en 2018, plus de Guinéens ont été diplômés dans les universités de la Malaisie. Ça, je tire chapeau pour les étudiants guinéens en Malaisie, ainsi que tous ceux qui fournissent de l’effort pour les étudiants qui vont pour une mission et le réussissent. Au cours de cette année, il y a au moins 29 Guinéens qui ont été diplômés, que ce soit en doctorat, en master ou en licence.  C’était une première.

D’où viennent vos sources de revenus pour financer tout cela, ou bien vous êtes subventionnés ?

Subvention ; pas tellement. Nos sources de moyens : premièrement, il y a les cotisations des membres du bureau, suivi des cotisations annuelles des membres de la communauté. Pour certaines activités de caractère un peu de représentation nationale, on a souvent le soutien de l’ambassade, telle que l’organisation de la fête de l’indépendance. En plus de ça, les personnes de bonne volonté, mais qui ne sont pas aussi nombreuses. Mais il n’y a pratiquement pas un budget alloué au Conseil des Guinéens de la Malaisie.

A date, vous avez pu répertorier combien de Guinéens vivant en Malaisie ?

A date, nous estimons la communauté guinéenne à environs 400 et quelques. Mais il y a un problème au niveau du recensement ; il y a certaines réalités qui sont là ; des fois, nous avons des problèmes à retrouver certaines personnes avec le passeport guinéen qui, au fait, ne sont réellement des Guinéens. Là, ça se faisait avec l’ancien passeport qui n’était pas biométrique. Donc, en faisant le recensement, nous prenons des précautions pour que dans le répertoire, qu’il ne se trouve que des Guinéens.

Présentement, y a-t-il des Guinéens en prison, là-bas ?

Selon la dernière information que j’ai reçue, d’autres sont en train de purger leur peine. Par contre, il y a un nouveau cas qu’on vient de m’informer. Deux à trois qui sont en prison pour des différends.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez, en Malaisie ?

Premièrement, il y a beaucoup de nos compatriotes qui se retrouvent dans les cas de dépassement de séjour, et là, il faut prévenir qu’une fois qu’ils ne sont pas en accord avec la loi malaisienne, ils se retrouvent en prison. Une fois en prison, la communauté est obligée -on ne peut pas laisser un compatriote en prison-, de faire des démarches, que ce soit en informant l’ambassade, des fois même payer des avocats pour les cas les plus compliqués, pour assurer leur libération.  D’autres cas aussi, il y a des gens qui sont victimes d’escroquerie à partir d’ici, d’autres parents même revendent des terrains, comme quoi arrivés en Malaisie, tout est rose. On leur dit même qu’arrivés en Malaisie, ils auront le visa australien. Voilà, ces cas aussi sont là ; ils sont victimes. Il faut que les parents sachent, avant d’envoyer les étudiants, il faut analyser, suivre une très bonne procédure et contacter des personnes appropriées, pour ne pas être victimes.

Comment est la vie des étudiants guinéens, en Malaisie ?

Déjà, il faut retenir qu’en Malaisie, ce n’est pas comme l’Europe. Il y a de très bonnes études et de qualité, qui coûtent un peu moins cher, comparativement aux Etats-Unis, à l’Angleterre, au Canada ; mais par contre, les étudiants n’ont pas accès au boulot. Donc, avant de partir, il faut prendre des précautions. Soit qu’on soit boursier ou du moins que les parents s’assurent qu’ils peuvent réellement supporter l’étudiant. Si tel est le cas, ils vont étudier dans  de très bonnes conditions.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants, pour poursuivre leurs études en Malaisie ?

Ce que je les donnerais comme conseils, d’abord l’avantage de la Malaisie, ils seront bilingues, mais avant de partir, il faut se rassurer d’abord du choix de l’université, de la personne qui veut t’introduire auprès de ces universités. C’est important. La plupart, tous ne disent pas la vérité aux parents. Ils cherchent ce qu’ils veulent avoir et puis on balance les étudiants, ils se retrouvent dans des difficultés. Donc, les parents doivent tenir compte avec des bonnes informations et actuellement tout est en ligne ; quand on vous donne des informations sur une université, prenez le temps de vérifier si réellement ce qui a été dit est vrai. Il faut choisir des bonnes universités et des bonnes personnes.

Interview réalisée par Bhoye Barry pour guinee7.com

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