Plus le mensonge   est  gros,  plus  les gens y croient.  Mieux que tout autre, les opposants à une nouvelle constitution en    Guinée semblent avoir compris tout l’avantage qu’il y a à tirer d’une exploitation machiavélique de ce vieil adage. En se fondant sur le contenu des débats animés par les adversaires du changement constitutionnel, leur farouche détermination à bâtir leur stratégie sur la manipulation de l’information ne laisse place à aucun doute.

Dans leur entreprise diabolique de formatage des esprits, leurs usines produisent quantité d’infos, sans se soucier le moins du monde de leur qualité ; point n’en est besoin d’ailleurs, l’objectif assigné étant de faire exploser, de temps à autre, des bulles de FAKE NEWS pouvant créer le doute dans les esprits ou conduire à une désaffection, voir même à une hostilité visà vis du régime.

Dans ce cambouis d’informations toxiques qui font l’objet de commentaires des plus invraisemblables au niveau des états-majors du FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) et de leurs affidés, retenons-en celles qui sont les plus récentes :

      -La démission du Ministre Cheick Sako

Véritable pain  béni pour les pêcheurs en eaux troubles, la démission du Ministre Sako leur donnera l’occasion idéale de lâcher des ballons d’essai de commérages pour annoncer le départ imminent d’autres Ministres, une façon pour eux de tester la solidité et la solidarité de l’attelage gouvernemental sur la question du référendum constitutionnel ; ils parleront même de 7 Ministres dont les passeports auraient été confisqués.

Même la sortie du Premier Ministre, Kassory Fofana, qui a  démenti ces rumeurs infondées lors de sa dernière conférence de presse, n’aura réussi  à casser ou tempérer l’ardeur mensongère de ces bonimenteurs ; mais le temps, comme l’a si bien dit un célèbre homme politique  ivoirien, l’autre nom de DIEU, se chargera  de mettre un terme à cette insidieuse et  malveillante  campagne de potinage. 

  • Le timing de présentation d’une nouvelle constitution :

Les commentaires sur la non opportunité d’une nouvelle constitution en ce moment-ci sont inappropriés et n’ont d’autre but qu’une manipulation de l’opinion, l’actuelle constitution n’ayant privilégié aucune période particulière pour un projet de révision ou de nouvelle constitution.  Elle a toutefois exclu la période des événements visés à l’article 153 de la constitution,stipulé ainsi qu’il suit : « aucune procédure de révision ne peut être entreprise en cas d’occupation d’une partie ou de la totalité du territoire nationale, en cas d’état d’urgence ou d’état de siège. »Il est donc tout à fait absurde d’affirmer qu’organiser un vote référendaire à 18 mois de la fin du 2ème mandat du Professeur Alpha Condé  serait   une anormalité.  Ou alors, voudrait on nous faire croire que si ce référendum avait été  organisé en 2013 ou 2015, avec suppression du  verrou de l’article 154, il aurait bénéficié  de la caution des principaux  leaders de l’opposition  qui, pour la plupart,  dans le 3ième âge ou presque, en piteuse et pitoyable course contre l’inexorable horloge de l’âge, se seraient stoïquement débarrassés du feu  ardent qui les consume  de l’intérieur depuis longtemps, en renonçant à leur désir compulsif d’occuper le fauteuil  tant convoité de Sékhoutoureya ? Cela parait trop beau pour être vrai.

  • Une campagne tapageuse tendant à faire l’amalgame entre nouvelle constitution et révision constitutionnelle.

– des 90 millions dollars payés par ORANGE GUINEE .

Une communication partielle et partiale précipitée sur   une prétendue destination douteuse des   90 millions de dollars payés par la société ORANGE GUINEE pour l’obtention de sa licence 4G.

du rapport attribué au FMI

Une lecture biaisée d’un rapport attribué au FMI qui épinglerait le gouvernement guinéen pour mauvaise gestion.

  • De l’accord entre les forces vives de la Nation

La prétendue existence d’un accord entre les forces vives de la nation pour la tenue d’un référendum sur la constitution de 2010, 6 mois après l’élection présidentielle de la même année n’est que balivernes ; ressassée  à satiété par les principaux animateurs du FNDC, rien, ni personne n’aura encore apporté le moindre indice tendant à prouver l’existence d’un tel accord. Toutefois, de nombreuses théories en circulation, dont 3 au moins, tentent, en vain, de convaincre l’opinion sur l’existence du fameux accord à l’intérieur de chacune d’entre d’elles, selon leur  auteur.

A/ La déclaration de sortie de crise de OUAGA : de nombreux guinéens, très certainement influencés par les mensonges répétés des leaders du Front, avaient fini par croire à l’existence d’un tel accord.  Fakenews !

En effet, la déclaration de sortie de crise signée le 15 janvier 2010 entre le Président du Faso, Blaise Compaoré, le Capitaine Dadis Camara, Président du CNDD, et le Général Sékouba  Konaté, Président par intérim, ne fait mention de l’organisation d’un quelconque référendum à quelque moment que ce soit.  Pour preuve, les parties essentielles de cet accord en 12 points étaient les suivantes :

1-le respect des libertés publiques, y compris la liberté de presse et d’opinion ;

2-la garantie de la sécurité des personnes et des biens ;

3-la réorganisation et la réforme des forces de défense et de sécurité ;

4-la création d’un Conseil National de Transition (CNT),organe politique délibérant, dirigé par une personnalité religieuse et composé de 101 membres représentant toutes les composantes de la société guinéenne ;

5- la nomination d’un Premier Ministre, Président du Conseil des ministres, issu du forum des Forces Vives de Guinée ;

6-la formation d’un Gouvernement d’Union Nationale ;

7-la révision des listes électorales ;

8-l’organisation, dans un délai de 6 mois, de l’élection présidentielle à laquelle ne participeront pas les membres du Conseil National de Transition, le Chef d’Etat de transition, les membres du CNDD, le Premier Ministre, les membres du Gouvernement d’Union Nationale et les membres des forces de Défense et de Sécurité en activité ;

9-le recours à des observateurs civils et militaires de la CEDEAO ;

10- la mise en place d’un organe de suivi, d’évaluation et d’accompagnement ;

11-les signataires de la présente déclaration appellent instamment la communauté internationale à apporter son concours   politique, financier et  technique pour la mise en œuvre des mesures ci-dessus arrêtées ;

12-  Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso et Médiateur dans la crise guinéenne, désignera un représentant spécial auprès des autorités de la transition de la République de Guinée.

– B/ Les dispositions transitoires de la Constitution 2010 : balancée sans vérification préalable dans l’ambiance fiévreuse d’une émission à grande écoute, par le spécialiste maison en droit d’une célèbre radio de la place, l’information selon laquelle l’organisation d’un référendum constitutionnel ,6 mois après la présidentielle de 2010, se trouverait dans les dispositions transitoires de la Constitution ne résiste point  à l’analyse et est également une Fake News.    Dans les dispositions transitoires, composées de 8 articles, aucun n’a trait à l’organisation d’une consultation référendaire constitutionnelle dans un délai de 6 mois. Les articles  155,159 et 160  qui fixent des échéances  sont relatifs à la mise en place de la Cour  Constitutionnelle et de la Cour des Comptes( article 155),de la tenue des élections législatives (article 159) du début de démarrage des activités  de la Cour Constitutionnelle, de la  Cour des Comptes, de l’Institution  Nationale des Droits Humains  du Médiateur  de la République , 6 mois après l’installation de l’Assemblée Nationale, et  de celui  du   Haut Conseil des Collectivités Locales, 3 mois après les élections locales( article 160).

– C/ Un improbable accord secret entre les forces vives de la nation à leur retour de  OUAGA. Cette troisième version émane du Président du PEDN qui l’a livrée sur une chaîne étrangère, sans donner d’avantages de détails.  En attendant d’en savoir plus, cette dernière livraison qui ne convaincra personne, est également à mettre au compte de leur infructueuse stratégie de manipulation de l’opinion.

Ainsi qu’on peut le constater, pris au piège des affirmations infondées de certains de ses politiciens et autres soutiens volubiles, le FNDC se retrouve aujourd’hui comme une poule mouillée  face à un peuple qu’il tente d’amadouer. Cette humiliante situation est à l’origine de la panique qui conduit certains de ses animateurs excités à livrer des discours aux accents guerriers, indignes de ceux qui prétendent défendre la constitution. Tel est le cas du coordinateur du Balai Crétin, qui menace de mettre en prison avec saisie de biens, tout promoteur d’une nouvelle constitution, tout   en l’affublant au passage de l’épithète infamant de criminel.  Curieuse et impardonnable incartade de la part de quelqu’un qui se dit défenseur de la Constitution, mais qui ne se gêne aucunement de la violer en son article 7,consacrant la liberté de foi religieuse, les libertés d’opinions politiques et philosophiques !

La lecture des discours des leaders et autres responsables des formations politiques laissent d’avantage transparaître leur immense frayeur face à une candidature du Président de la République, que la violation d’un quelconque accord ou d’une quelconque loi.

Pour juger de la justesse et de la pertinence d’une telle assertion, donnons la parole à  l’opposition elle-même,  à travers certains de ses responsables des plus représentatifs :

  • Le Président du PADES: invité du soir de la TV EVASION du Dimanche 7 avril 2019, le Président du PADES (Parti des Démocrates pour l’Espoir), déclare : « il  n’y a pas d’intangibilité. Toutefois, il ne faut pas modifier la Constitution pour satisfaire les intérêts d’un homme ».
  • Le Coordinateur des Fédérations de L’intérieur de l’UFDG : ce jeune et brillant cadre de l’UFDG (l’Union des Forces Démocratiques de Guinée) a déclaré sur les antennes d’une Radio à Labé : « c’est vrai, la Constitution n’est ni  la Bible, ni le Coran, encore moins un dogme ; mais elle ne doit pas être modifiée pour permettre à un homme  de s’éterniser au pouvoir ».
  • Le Président de L’UFR: incontestablement, le leader de l’UFR (Union des Forces Républicaines) est celui qui saura traduire  de la plus belle manière la crainte de notre opposition, disons même, son angoisse.

Ancien Haut Représentant du Chef de l’Etat, lui qui connait le génie politique de l’homme, la profondeur et la solidité de son enracinement au sein du peuple, ainsi que la qualité de son carnet d’adresses, sans hésitation aucune,se confiera au journal Jeune Afrique en ces termes, citation : « je serai Président en 2020, si Alpha n’est pas candidat ».

Ces différents aveux volontaires suffisent à eux seuls pour démontrer que l’argument de défense de la constitution est un écran de fumée qui cache mal la terrible soif de pouvoir qui assèche la gorge des ténors de l’opposition guinéenne.

Alpha sera-t-il candidat en 2020 ? Ne le sera-t-il pas ? Seuls  ALLAH  LE TOUT PUISSANT  et le vaillant Peuple de Guinée en décideront.

Quoiqu’il en soit, le FNDC et autres associations frondeuses devront inscrire leurs actions futures dans un cadre strictement républicain, en renonçant à toutes formes de violences verbales ou physiques à l’encontre de tous ceux qui ne pensent pas comme eux.  Agir autrement serait une grave violation des articles 7 et 10 de la Constitution qu’ils prétendent pourtant défendre ; comme l’a dit le Professeur Maurice ZogblémouTogba, citation « on ne défend pas une Constitution en la violant ».

Ils devront aussi enterrer définitivement et profondément leurs chimères sataniques de voir un remake guinéen des scénarios algérien ou soudanais auxquels ils ne cessent de faire allusion.

La Guinée des Samory Touré, Alpha Yaya Diallo, zébéla Togba et Dinah Salifou n’est et ne saurait être ni l’Algérie, ni le Soudan.

Que Dieu bénisse la Guinée et les Guinéens !

Dr Sidiki Cissé de Fria

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