Jeudi 23 septembre 2021, deux cas de mortalités maternelles ont été enregistrés au service de maternité de l’hôpital régional de Labé. Pour le 1er cas, le mari de la victime pointe du doigt, une injection   que les médecins ont administrée à sa femme. Pour le second, un referment tardif de la clinique DEL vers l’hôpital régional est pointé du doigt rapporte le correspondant de Guinee7.com

Pour le premier cas, la victime se nomme Kadiatou Diallo, et était mère de trois enfants vivants. C’est lors de l’accouchement de son quatrième enfant qu’elle a rendu l’âme, ce jeudi 23 septembre 2021 à l’hôpital régional de Labé. Son mari pointe du doigt, une injection   que les médecins lui administrée. « Nous sommes arrivés tard à l’hôpital dans la nuit du mercredi à jeudi, le matin, les médecins m’ont appelé pour demander mon consentement pour opérer ma femme afin de la sauver car selon eux, le bébé ne pouvait plus être sauvé. J’ai donné mon accord, ils sont rentrés au bloc. Après l’opération, ma femme ne se sentait toujours pas bien, c’est alors qu’ils ont prescrit une ordonnance, quand j’ai acheté les produits, au moment où les médecins s’apprêtaient à lui administré des injections, j’ai posé la question de savoir ces injections servaient à quoi. Ils m’ont dit que c’était pour baisser sa tension qui était très élevée. J’ai demandé de ne pas le faire puisque d’habitude la tension de ma femme chute, sa tension ne s’élève pas. Ils ont insisté que sa tension est élevée, c’est alors qu’ils lui ont administré quatre piqures. Quelques temps après j’ai constaté qu’elle ne respirait plus, j’ai appelé les médecins qui étaient là et on a trouvé qu’elle a rendu l’âme. Pour moi, c’est bien ces injections qui sont la cause de la mort de ma femme et pourtant je les avais prévenus», nous a confié Mamadou Samba.

Au service de la maternité de l’hôpital régional de Labé l’explication est tout autre. « Nous aussi, on connait lorsque la tension chute, on ne peut pas administrer des hypotenseurs sur une femme où la tension chute. Le mari qui le dit, le dit par méconnaissance. Maintenant au cours du suivi de la femme, ça s’est compliqué en hématomes rétro placentaire et ça s’est compliqué en trouble de la coagulation. Malgré la transfusion, malgré les traitements administrés, nous n’avons pas pu la sauver. Voilà ce qui s’est passé », a déclaré Dr Fatoumata Binta Diallo.

Pour le second cas, il s’agit de Maladho Diallo, une jeune dame âgée de 19 ans qui a transité par la clinique DEL et dont le referment vers l’hôpital régional s’est fait tardivement selon les proches de la victime. « On était à la clinique DEL, après l’accouchement, elle avait eu des complications, elle ne faisait que saigner, mais les médecins la gardait toujours et au fil du temps, ça ne faisait que s’aggraver. C’est alors après plusieurs heures qu’on nous a demandé d’aller à l’hôpital. Même personnellement moi je savais qu’elle ne pouvait pas être sauvée vu qu’elle était très fatiguée », nous a confié sous anonymat l’une des femmes qui accompagnaient dame Maladho.  Des propos confirmés par la responsable  du service de la maternité. « On l’a reçue ici en catastrophe. Toute la véranda était trempée de sang. C’était vers 15 heures, on l’a envoyée dans la salle d’accouchement, on l’a examinée (…). Elle s’est vidée…On a essayé toutes les méthodes pour stabiliser l’hémorragie en salle d’accouchement, on a trouvé que ce n’était pas possible. La femme a été référée tardivement parce que ce n’est pas le premier cas qu’on reçoit ici. La maternité est devenue un dépotoir, quand ça se complique dans les cliniques périphériques, on dépose à la maternité  juste pour venir mourir. Dans la semaine en cours on a enregistré cinq décès et tout ça par des suites d’hémorragie. Toutes ces femmes transitent par les maisons d’accouchement qui tardent d’être référée ici. La dernière fois c’est même un dépôt de corps. Ces cliniques nous amènent ces femmes juste pour ne pas qu’on dise qu’elles sont mortes chez elles. Ce n’est pas autorisé à n’importe qui de faire des accouchements. C’est par méconnaissance que tu peux retarder une femme chez toi pendant des heures et que tu vois qu’elle n’accouche pas. Pourquoi ne pas la référer à temps ? Aux autorités qui ont les moyens de répression d’identifier les cliniques qui respectent les normes et fermer celles qui ne sont pas habilitées », explique Dr Fatim.

A la clinique DEL, le responsable décline toute responsabilité dans cette affaire. Pour lui, la dame Maladho a vite été référée à l’hôpital régional.

Rappelons que la clinique DEL avait été fermée il y a moins de deux mois pour le décès d’une femme qu’elle avait opéré, opération qu’elle n’était pas habilitée à faire.

Une réunion d’urgence autour de la direction préfectorale de la santé de Labé était prévue dans l’après midi de ce vendredi.

Sam Samoura pour Guinee7.com