Cellou et Ibn Chambas au premier plan. (archives)

Mohamed Ibn Chambas, représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unis pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, a rencontré l’opposition plurielle, hier lundi, au quartier général de l’UFDG à Hamdallaye CBG (Conakry).

Au sortir de la rencontre, Ibn Chambas a informé qu’il vient s’‘’enquérir de la situation sociopolitique de la Guinée depuis le début de cette année 2020 avec le président Cellou Dalein Diallo en compagnie des leaders de l’opposition plurielle. Ils m’ont fait état de leurs préoccupations et propositions pour un retour durable au calme’’.

Avant de confier que ‘‘la communauté internationale est inquiète, assez inquiète des tensions politiques, des violences de tous bords, des tueries, des violations et abus des droits et libertés fondamentaux, des discours de haine en cours en République de Guinée (…) j’ai souligné que considérant la situation de notre sous-région notamment dans la Mano River ou la paix est encore fragile, on ne peut pas se permettre une crise en république de Guinée. Nous avons 5 autres élections dans la sous-région. Sans parler des terroristes qui veulent avoir accès à la mer’’.

‘‘J’ai rappelé aux leaders de l’opposition qu’ils sont le secteur clé dans le jeu politique, et que leurs positions ont été toujours déterminantes dans l’issue des crises. Je les ai donc exhortés à se prévaloir de ce statut pour influer positivement sur la sortie de crise (…) les Nations-Unies et la communauté internationale réaffirment toutes leur disponibilité à accompagner la république de Guinée dans cette voie’’, a-t ’il enfin déclaré.

A son tour, le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo a fait part des ‘‘sources de conflits’’ qui opposent le gouvernement à l’opposition et au FNDC. Il a cité : ‘‘l’obstination de monsieur Alpha Condé à changer de constitution à l’effet de s’octroyer un troisième mandat ; les élections locales et le fichier.’’

Par ailleurs il a déploré : ‘‘la loi dit que ne peuvent être inscrits dans le fichier électoral que les citoyens ayant atteint l’âge de 18 ans. Nous avons des faits qui nous prouvent qu’on a enrôlé à tour de bras des enfants. On nous sort un fichier de 8 millions 300 mille électeurs sur une population de 12 millions, c’est-à-dire que 68% des Guinéens votent. Ce n’est pas possible, dans la sous-région le nombre de votants ne peut pas représenter plus de 41%. Il n’y a pas un seul pays ou ce ratio atteint 42%. Lorsque vous créez un fichier sur mesure pour gagner les législatives, gagner le referendum, gagner l’élection présidentielle dès le premier tour, vous créez un conflit.’’

Avant de préciser que si la délégation des nations-unies veut le retour de la paix, ‘‘il faut s’attaquer à ces problèmes-là. Mais ces problèmes, les partis politiques sont victimes, le FNDC est victime. On connait l’auteur, il fallait infléchir pour qu’il accepte que ces problèmes soient résolus à la source.  Nous avons toujours privilégié le dialogue, pour aplanir les divergences. Mais on n’a pas trouvé souvent au niveau du gouvernement d’interlocuteur. Encore une fois, nous n’avons pas de conflit avec le RPG, nous avons un conflit avec le gouvernement parce que c’est de sa responsabilité avec la CENI, par exemple de faire installer les conseils de quartier…’’

A rappeler que ladite délégation a déjà rencontré la partie ‘‘société civile’’ du Front national de défense de la constitution à qui, Ibn Chambas a tenu le même discours.

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com