Madiambal Diagne, le patron du Le Quotidien

Voici le papier du journal Le Quotidien sur la visite de Wade aux Etats Unis en 2005 où le journal affirmait droit dans ses bottes que Wade avait été expulsé de son hôtel (Hyatt). En fait, Wade n’était même pas au courant des informations diffusées par le journal ! Tout était inventé de toutes pièces… Si un journal est capable de broder une histoire pareille, il peut faire n’importe quoi pour tromper ses lecteurs. Comme dire dans une parution que ‘’La Douane met la main sur les devises du Président guinéen : 4 milliards de Condé interceptés à Dakar’’ et à la prochaine parution, affirmer que : ‘‘Le Quotidien, dans le corps de son article, n’a jamais déclaré que l’argent appartenait à une quelconque autorité guinéenne. En attribuer la propriété à Alpha Condé revient à tout attribuer à celui qui est la personne morale de l’Etat guinéen, comme on aurait pu le faire pour un cas similaire à Macky Sall au Sénégal…’’ Ne parler pas de mauvaise, s’il vous plait !

En tout cas, Il y a 9 ans, suite aux élucubrations du journal Le Quotidien, Le gouvernement sénégalais avait diffusé un droit de réponse dans Le Quotidien le Soleil pour démentir et confondre Mandiambal Diagne, patron du journal, surnommé Mandiambalard (par allusion à sa grande taille et sa corpulence de colosse).

Article diffusé par le journal Le Quotidien N°817 du 15 septembre 2005

REVERS – Pour des comportements d’incivisme : Wade et sa délégation expulsés de l’hôtel

Le séjour du président de la République aux Etats-Unis ne s’est pas bien terminé. Il a même connu des revers. Me Wade et sa suite ont été sommés de vider les chambres et suites qu’ils occupaient à Grand Hyatt. Cela, après que la délégation sénégalaise et des militants du Parti démocratique sénégalais (Pds) ont fini de transformer le paisible hôtel en un marché.

L’image du Sénégal a été fortement entachée au pays de l’Oncle Sam lors du séjour du président de la République à New-York où il devait participer à la réunion plénière de l’Assemblée générale des Nations-Unies sur les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd). En effet, le Président Wade et sa suite ont été expulsés de l’Hôtel Grand Hyatt où ils logeaient. Cette situation est née «des comportements invivables que certains membres de la délégation et des militants du Pds ont eu à tenir dans l’enceinte du complexe hôtelier», rapporte un témoin des faits.

Selon des témoignages recueillis sur place, les faits se sont déroulés dans la nuit du mercredi au jeudi dernier, alors que Me Wade sacrifiait à la réception des militants de son parti, établis aux Etats-Unis. D’après les confidences d’un témoin, «la délégation sénégalaise avait transformé l’hôtel en un grand marché où il était impossible de se mettre à l’aise. Le hall était pris d’assaut par des groupes de personnes au point qu’il était impossible de se frayer un passage». Et d’ajouter : «La plupart d’entre eux étaient des citoyens venus des autres Etats. Il y avait 18 venus d’Atlanta et 12 de Cincinnati, entre autres. Ils réclamaient le remboursement de leurs frais de déplacement, après avoir participé au sit-in pour contrer les manifestants acquis à la cause de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, devant le siège de l’Unesco.» (Voir Le Quotidien n° 817 du 15 septembre 2005). «Des frais qui s’élèvent à deux cents dollars par personne. Ces derniers ont manifesté des signes d’impatience du fait de l’absence du colonel Cissokho, chargé de payer les honoraires. Cette attente a vicié l’atmosphère de l’hôtel à cause du tintamarre et des bruits ainsi occasionnés par les Sénégalais», explique-t-on.

Un autre témoin rapporte que la situation s’est empirée à l’arrivée du préposé payeur. En effet, les nombreux militants ont trouvé minimes les pécules qui leur ont été versés. Ils ont argué ne pas être en mesure de payer, avec la somme reçue, une nuitée dans un autre hôtel. «Il y a eu un vacarme indescriptible. La meute de frustrés décide de passer la nuit sur le hall et s’affale sur les canapés de la réception. Ces militants du Pds ont payé des sandwichs et autres repas froids pour ensuite déver-ser les emballages à même le sol, créant ainsi des tas d’ordures sur place. Et au lieu d’utiliser les lavabos, les militants libéraux, en compagnie d’une partie de la délégation, se lavaient les mains sur les mini-jets d’eaux qui ornent l’entrée de l’hôtel», expliquent nos interlocuteurs. Ce à quoi s’ajoute le charivari que leurs va-et-vient ont fini d’installer dans le paisible hôtel Grand Hyatt où les plus grands hommes d’affaires américains et les autres délégations installent leurs quartiers à la recherche de commodité.

Cette situation finit par indisposer les occupants de la résidence qui interpellent la direction de l’hôtel. «Outrée et indisposée, la direction se plaint auprès des autorités fédérales des Etats-Unis. Ces dernières optent pour la manière musclée, car le Fbi est dépêché sur les lieux pour faire déguerpir tout ce beau monde. Après quoi, par une note officielle, la direction intime au Président Wade et à sa suite de vider les lieux du fait de maintes plaintes.»

Auparavant, signalent des sources concordantes, «les incommodités de la délégation sénégalaise ont commencé au siège des Nations-Unis, suite à un surplus de présents à la réunion sur les Omd». D’après les confidences d’un fonctionnaire de l’Onu, «le Président Wade est venu avec une délégation de 40 personnes, alors que les autorités sénégalaises étaient informées qu’elles n’avaient droit qu’à huit badges seulement».

COMMUNIQUÉ DU MINISTERE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Nous avons reçu du Ministère des Affaires étrangères un communiqué sur le récent séjour du chef de l’Etat à New York. À travers ce texte, l’Etat sénégalais apporte la lumière sur une affaire relatée dans la presse.

Mise au point à propos du récent séjour du chef de l’Etat à New York

La mission du Sénégal auprès des Nations Unies et toute la communauté diplomatique de New York ont pris connaissance avec surprise et étonnement des faits relatés par le journal « Le Quotidien » dans son édition du lundi 19 septembre 2005.

En l’espace, le ton irrévérencieux et irrespectueux à l’endroit d’un chef d’Etat et de sa délégation est tout aussi choquant que la fabrication sans aucune gêne des faits relatés. Voudrait-on ternir et écorcher l’image de marque d’un pays, au demeurant, tenu en haute estime par tous les Etats membres des Nations Unies et par le pays hôte (les Etats-Unis) qu’on ne s’y prendrait autrement !

Les affirmations gratuites et graves de cet « article » sont toutes fausses et ne pourront jamais être prouvées par leurs auteurs.

Passons-les en revue :

1. « Wade et sa délégation expulsés de l’hôtel Grand Hyatt ». Une telle affirmation atteste des nouveaux sommets atteints par une certaine presse au Sénégal dans le manque de professionnalisme et de déontologie. Non seulement le séjour du président s’est déroulé normalement, avec une participation de qualité dans les différentes activités au programme, mais le chef de l’Etat et sa délégation ont quitté l’hôtel le vendredi 16 septembre, avec les compliments du management de l’hôtel Grand Hyatt. Mieux, des membres de la délégation (dont les noms figurent encore dans les registres de l’hôtel) sont restés jusqu’au dimanche 18, et d’autres se sont vus proposer par le chargé des réservations du Hyatt de rester jusqu’au 24 septembre (fin du débat général de la 60ème session ordinaire).

Tout cela est vérifiable et il serait dès lors incompréhensible de la part d’un hôtel qui aurait « expulsé Wade et sa délégation » d’agir ainsi.

Une précision cependant : le président a écourté volontairement son séjour de 24 heures et en a décidé, dès son arrivée le mardi 13 septembre, quand il a été informé que le président Mahmoud Abbas, ne venant plus à New York, s’était excusé de ne pouvoir participer à la réception que lui offrait le vendredi 16 septembre notre pays en sa qualité de président du comité des Nations Unies sur la Palestine.

2. L’autre élément choquant de cette fabrication, c’est la référence dans « l’article » à « une note officielle de la direction du Grand Hyatt intimant au président Wade et à sa suite de vider les lieux du fait des maintes plaintes ». Ici, après avoir noté encore une fois le langage délibérément inapproprié, la seule attitude qui vaille est de demander aux auteurs de « l’article » de prouver l’existence d’une telle « note officielle ».

3. Le troisième élément de cette histoire visiblement inventée : c’est la prétendue descente du Fbi « dépêché sur les lieux pour faire déguerpir tout ce beau monde ». En réalité, ce qui s’est passé est assez simple pour ceux qui connaissent le fonctionnement des séjours présidentiels à l’étranger. Plusieurs dizaines de compatriotes qui espéraient une audience s’étaient massés dans le couloir de la suite présidentielle. Vu l’heure tardive et après notification du président à ses assistants qu’il s’était retiré, les agents du « secret service » mis à la disposition du chef de l’Etat par le gouvernement américain ont requis à la sécurité de l’hôtel de monter à l’étage et de faire partir les militants, cadres et autres compatriotes venus « tenter leur chance » afin d’obtenir une audience avec le président. C’est tout. Aucun agent du Fbi n’a été « dépêché » par une quelconque « autorité fédérale » pour user d’une quelconque « méthode musclée ».

4. Les auteurs du fameux « article » étalent leur parfaite méconnaissance du système des Nations Unies en insistant sur la taille de la délégation présidentielle : « 40 membres pour seulement huit badges par pays ». D’abord, il s’agit de six badges pour l’accès à la grande salle de la plénière de l’Assemblée générale. Ensuite, les chefs d’Etat invités à plusieurs réunions et table-rondes parallèles incluent dans leur délégation des experts des domaines concernés pour les assister.

Ainsi de la réunion sur « science et technologies » modérée par le président Musharraf du Pakistan. Ainsi du forum sur « le dialogue inter-confessionnel pour la paix », convoqué par la présidente Orraya des Philippines. Ainsi de « la table-ronde des sept pays pilotes sur les Omds ». Ainsi du « lancement du fonds des Nations Unies pour la démocratie », co-présidé par le président Bush, le Premier ministre indien et le secrétaire général des Nations Unies. Ainsi du « petit-déjeuner-table ronde sur le fonds de solidarité numérique », co-présidé par le président Wade et le président dominicain et où on pouvait apercevoir par exemple l’expert Amadou Top, ou le conseiller Tics Pape Ousmane Sy, etc.

À chacune de ses réunions, le président compose sa délégation en choisissant parmi son équipe diplomatique et les experts du secteur concerné. D’où le manque de pertinence du rapport qu’on a tenté d’établir entre le nombre de badges et la taille de sa délégation. Certains pays ont même entre 100 et 150 délégués et la taille des délégations n’est pas limitée d’autant plus que la session de l’Assemblée générale et les travaux en commission durent jusqu’en fin décembre. Pour cette raison, d’ailleurs, beaucoup de pays organisent une présence à New York de leurs délégués par rotation. Ces délégués peuvent venir de la portion centrale ou des missions multilatérales et bilatérales comme Genève (Un), Addis (Ua), Riyad (Oci), Paris (Francophonie), Bruxelles (Ue/Acp), Abuja (Cedeao), etc.

Au demeurant, la seule complainte de l’hôtel, adressée du reste au chef de la mission du Sénégal et même pas à la délégation, est liée à l’éternel problème des délégations africaines que constitue l’accueil avec tam-tams et autres manifestations de joie qui peuvent occasionner des désagréments temporaires aux autres clients de l’hôtel et aux passants peu habitués à ces comportements plutôt culturels.

La question demeure cependant : pourquoi cette extrapolation d’un accueil un « peu trop enthousiaste » et de militants à qui on a demandé gentiment de rentrer chez eux, à cette sortie malheureuse dans la presse qui tente, encore une fois, de ternir l’image de marque de notre pays ?

De nos jours, la diffusion de fausses nouvelles, jetées en pâture dans l’Internet à des milliards d’internautes, est un acte qui peut faire mal à un pays qui a forgé son image au prix de lourds sacrifices. C’est pour cela que dans la presse contemporaine, il ne doit pas y avoir de place pour la désinvolture. Par-delà les choix partisans, le sens élevé de l’éthique doit avoir toujours le dernier mot.

DAKAR, LE 20 SEPTEMBRE 2005

(EN COLLABORATION AVEC LA MISSION DU SENEGAL À NEW YORK).

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