L’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) se réjouit de l’application de la loi dans le cadre de la lutte contre les Mutilations Génitales Féminines/Excision (MGF/E), suite à un cas de flagrant délit à Conakry, a-t-on indiqué dans un communiqué de l’institution onusienne.

Voici le contenu de ce communiqué parvenu à notre Rédaction, mercredi, 13 août 2014 :

‘’Dans le cadre de la lutte contre les Mutilations Génitales Féminines/Excision (MGF/E), l’UNICEF se réjouit de l’application de la loi suite à un cas de flagrant délit à Conakry.

L’UNICEF saisit cette opportunité pour féliciter ses partenaires, l’Association Guinéenne des Assistantes Sociales (AGUIAS) et l’Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs (OPROGEM), qui ont joué un rôle fondamental en informant et prenant les mesures idoines pour mettre fin à une excision dans la cour d’une école de la commune de Matoto à Conakry.

Aussitôt l’alerte sonnée et le constat établi, des actions immédiates ont conduit à la mise en examen de l’exciseuse. Il s’agit d’une dame de 82 ans qui a été condamnée le 17 juillet 2014 à deux ans de prison avec sursis, et au paiement de 1.000.000 GNF.

Aussi, les parents et toutes autres personnes, de près ou de loin, ayant autorité sur la fille excisée, reconnus responsables de cet acte seront traduits en justice et punis.

A cet effet, les enquêtes se poursuivent pour appréhender les complices, et d’éventuelles filles à risque et/ou déjà excisées en même temps que la victime identifiée.

Cette action en matière de respect des Droits de l’enfant, notamment pour le respect de l’intégrité physique et de la santé, est un exemple de collaboration réussie entre les forces de Police et les ONG.

Elle est le fruit d’un long processus portant sur une meilleure application de la loi en matière de MGF/E, qui a consisté en un renforcement des capacités des acteurs et la mise en application des acquis d’ateliers de concertation, menés sous l’égide du Ministère de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance (MASPFE), en partenariat avec l’UNICEF.

La Guinée a le taux de prévalence des MGF/E le plus élevé au monde avec 97%, à l’exception seule de la Somalie, 98%. L’excision, qui n’est pas un acte religieux, a de nombreuses conséquences néfastes sur la santé des jeunes filles et des femmes. L’opération est le plus souvent pratiquée par des thérapeutes traditionnels comme les exciseuses et les accoucheuses. Dans 30% des cas, elle se fait dans un contexte médical.

Dans tous les cas, l’intervention est toujours traumatisante avec des complications telles que les douleurs, l’état de choc, les difficultés pendant l’accouchement et même la mort.

La pratique des MGF/E est interdite par la loi en République de Guinée et passible de lourdes peines. Par ailleurs, l’article 10 des textes de lois sur les MGF/E en son chapitre II dispose, que toute personne impliquée de près ou de loin dans ces pratiques, sera punie de la même peine que la personne pratiquant l’opération.

En cette période de vacances scolaires, des excisions de masse sont programmées tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. L’UNICEF promeut la Tolérance Zéro envers cette pratique néfaste, nulle part recommandée par l’Islam, contrairement à une idée hélas largement répandue en Guinée.

L’Unicef encourage la création d’un environnement protecteur pour les enfants et en appelle à l’implication de tous pour que cette pratique soit abandonnée en République de Guinée’’.

AGP