Interviewé, ce vendredi matin, par nos confrères de la radio Espace dans l’émission les Grandes Gueules (GG), le ministre d’État, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Alpha Ibrahima Keira, a donné des précisions sur la décision prise par son département concernant l’interdiction de l’accès du centre-ville de Kaloum aux motards, à partir du 25 juin prochain, pour plus de fluidité dans la circulation dans cette commune.

Dans son intervention, Alpha Ibrahima Keira a rappelé que cette interdiction date du début de l’autorisation même de l’exercice de cette activité de moto-taxi en république de Guinée depuis 2010. « Et en 2016 également, le ministre Oyé Guilavogui avait réaffirmé les dispositions interdisant l’utilisation des motos-taxis dans la commune de Kaloum. Bien que cette autorisation soit portée sur toute l’attendue du territoire national, exceptionnellement Kaloum est exempt de l’utilisation de motos-taxis », a-t-il confié.

Selon lui, ce rappel était nécessaire dans le cadre de la nouvelle stratégie de fluidité de la circulation dans le gouvernorat de Conakry. C’est pourquoi, dit-il, « nous avons strictement ressorti les actes en la matière des tiroirs et nous avons trouvé que c’était une pratique abusive, qui était devenue une tradition et à laquelle il fallait mettre fin. Donc, c’est un rappel d’une interdiction réglementaire, et nous voulons que les partenaires de terrain nous accompagnent dans la moralisation dans ce secteur ».

S’agissant des catégories de motos qui seront concernées par cette interdiction, le ministre d’État explique : « On avait pensé qu’il fallait, étant donné qu’aujourd’hui les taxis-motos ne sont pas immatriculées, les utilisateurs de motos-taxis n’ont pas encore leurs gilets, on ne pouvait pas donc d’emblée exiger l’interdiction de la rentrée de Kaloum à toutes les motos, parce qu’il n’y a aucune loi ou aucun arrêté ministériel qui dit cela. Pour être fidèle à l’esprit des lois et règlements de la république, on était obligé de préciser qu’il s’agit bel et bien des motos-taxis ».

Et de poursuivre : « Il est évident que le transport public est un réel problème en Guinée, et il y a plusieurs choses en la matière mérites d’être revues et corrigées. Mais pour l’instance, pour que nous mettons un peu d’ordre dans la cité, on est obligé de faire respecter la réglementation. Parce que tout le monde se plaint de cette anarchie, et d’ailleurs les utilisateurs de motos-taxis n’ont pas de permis A, ni de permis A1, et vous voyez les dépassements fantaisistes qu’ils font, et le nombre d’accidents mortels est élevé. C’est même devenu un gang maintenant, les chauffeurs de motos-taxis, qui brule carrément les véhicules des gens, ou même des véhicules de police, pour protester contre des accidents qui sont provoqués par les propres utilisateurs de ces motos ».

En effet, Alpha Ibrahima Keira informe qu’à partir du lundi prochain, plusieurs niveaux de contrôle seront mis en place, à partir de Camayenne et à partir de Dixinn, pour éviter des embouteillages au niveau du pont 8-Novembre. Avant de souligner que «  ce n’est pas la première fois d’ailleurs, il y a quelques années, l’expérience avait été mise en œuvre, mais malheureusement, cela a été un feu de paille pour diverses raisons, et il y a eu des protestations… Mais cette fois-ci, tant que la réglementation n’a pas été modifiée, nous souhaitons vraiment que chacun accepte, parce que même nous des fois, pour nous rendre en ville, nous utilisons des motos-taxis pour être plus rapide, mais si l’Etat a dit que c’est interdiction, alors la loi est dure, mais c’est la loi, il faut qu’on la respecte et il faut que tout le monde comprenne que c’est une nécessité, ça y va de l’intérêt de tout le monde ».

Mohamed Kaba Soumah pour Guinee7.com

 

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