Depuis un peu plus d’un demi-siècle, la plupart des Etats du continent Africain ont accédé à la souveraineté nationale. Nous avons vu notre continent changer. Nous avons exploré ses beautés, nous avons partagé ses bonheurs et caressé le rêve d’une vie meilleure. En même temps, nous avons subi le désespoir, l’aggravation simultanée des inégalités et des destructions de la nature. Notre pays la Guinée prend paradoxalement une grande part dans ce parcours Africain malgré sa dotation  d’une immense richesse naturelle.

En ce 21e siècle celui de la mondialisation, nombreux d’entre nous ont eu la chance et le privilège de parcourir l’Afrique et le monde, nous devons à présent capitaliser ces expériences au service du développement et du bien être en Guinée. Car notre pays est devenu au fil des années la proie d’une épidémie de crises qui accable le plus grand nombre de personnes. Les équilibres sociaux se détériorent, ceux du climat et du vivant s’effondrent. Les Hommes et les Femmes de notre temps sont désemparés.

Ils craignent pour leur emploi, leur sécurité, leur environnement, leur santé et l’avenir de leurs enfants. La marche triomphante du progrès prend les allures d’un immense malentendu, les conditions de vie se dégradent, les difficultés s’accumulent,  la précarité devient un sentiment prégnant. Ces réalités engendrent pour beaucoup de nos compatriotes, la peur persistante du chômage sans fin, du déclassement, de l’exclusion, c’est l’angoisse du quotidiende plus en plus insupportable, le mal être récurrent, la perte des repères, la dissolution du lien collectif et des solidarités.

Mes chers compatriotes, vous savez autant que moi et j’ai l’intime conviction que la Guinée, aujourd’hui affaiblie et déboussolée, a tous les atouts pour rebondir. Sa plus grande richesse, c’est son capital humain au sein duquel plus de 70% a moins de 35ans, il revient donc à cette frange importante de la population de s’affirmer pour reprendre son destin en main et refonder l’espoir chez les Guinéens.

Jeunes de Guinée, L’urgence et le devoir nous obligent à changer de cap.

Une autre Guinée est non seulement possible, mais il est nécessaire. La créativité humaine ne fait pas défaut. Fixons-lui des priorités sans confondre progrès et performance.

L’économie, la technologie, l’argent lui même, ne sont pas des fins mais des moyens. Leur donner du sens, c’est la seule expression de la modernité.

La volonté, les compétences, la citoyenneté, la générosité, l’envie d’agir et le désir de changer sont partout. Je le sais, et  j’y puise mon énergie.

Le changement est déjà en marche dans la société civile. Il faut l’encourager, le légitimer, l’accompagner par la cohérence de l’action commune en fixant ensemble de nouvelles priorités. Ouvrons maintenant la porte de l’avenir en engageant la transformation économique et sociale de notre société.

J’ai pour ma part franchi un cap. Jusqu’ici je crois que mon mode d’engagement a été utile. En conscience, j’estime qu’il doit passer maintenant à une autre étape. J’ai donc décidé d’observer une trêve politique dans mon parti et  proposé à la Jeunesse Guinéenne dans son ensemble, la mise en place et l’animation d’un cercle de réflexion dénommé « AGIR POUR LA GUINEE » en vue de mettre au service du changement le capital de confiance que j’ai pu accumuler auprès des Guinéennes et des Guinéens.

Dans ce moment de gravité et de complexité que traverse notre pays, je n’ai pas d’autre ambition que de contribuer à ouvrir la voie d’une société nouvelle, économique et sociale. Je le ferai avec modestie mais détermination, sans arrogance mais avec toute ma volonté et mon énergie pour une Guinée des quatre régions fortes et solidaires.

L’heure est maintenant au changement de cap pour refonder l’espoir.

Changer de cap, c’est d’abord s’appuyer sur le meilleur de l’humanité que sont : la solidarité, le partage, la justice, la démocratie, la tolérance, la modération, la sobriété, la diversité, le juste échange.

Changer de cap, c’est libérer la société et les esprits des diktats d’un mode production et de consommation contaminé par l’illusion de la croissance quantitative, s’émanciper d’un monde happé par la frénésie du toujours plus et par la compétition agressive, s’affranchir du profit et du marché sans limite, réhabiliter l’esprit public.

Changer de cap, c’est engager dès maintenant une transition vers la société nouvelle, économique et sociale, à travers un train de mesures clés et concrètes que la Jeunesse Guinéenne peut développerpour favoriser l’émergence d’une nouvelle classe politique dans notre pays.

Je propose ce think tank, pour que chacun s’en empare et en devienne l’acteur de la transformation progressive de notre société. Les solutions existent pour améliorer les conditions de vie, performer les valeurs humaines, mieux redistribuer les richesses, installer une croissance qualitative et sélective.

Des leviers existent pour engager d’autres manières de produire, de s’alimenter, de se loger, de se déplacer, pour encourager les innovations et les investissements, économiser l’énergie et les ressources naturelles, déployer la fiscalité plus équitablement et plus efficacement. Des moyens existent pour protéger la santé, soustraire les biens communs à la spéculation, remettre la finance à sa place, tisser les solidarités entre Guinéens, fortifier la démocratie.

Changer de cap, c’est enfin concourir à l’apaisement de la société en rassemblant les énergies plutôt qu’en encourageant les affrontements. Les postures de division chronique sont désormais un luxe indécent face à l’urgence et à la complexité des enjeux.

La société Guinéenne est fatiguée des idéologies creuses. J’invite chacun à prendre sa part dans la mutation en veillant évidemment à une répartition juste et équitable des efforts. Aux peurs et aux pulsions identitaires qui désagrègent les liens du vivre ensemble, il faut opposer un projet de société constructif et partagé. Le meilleur atout pour réussir le changement, c’est la diversité.

Dans ce défi majeur, je sais que la Jeunesse ne détient qu’une partie des solutions. Mais je sais aussi qu’elle a les moyens de se montrer novatrice et audacieuse, notamment dans une Guinée qui comprend seulement 4 régions naturelleset qui est devenu aujourd’hui notre biotope commun. La Guinée, notre pays peut devenir le centre d’émergence d’un nouveau modèle de développement et retrouver ainsi un éclat de référence et de fierté en Afrique et au-delà du continent.

Mes chers compatriotes ;

L’élection présidentielle va mettre nos concitoyens et nos concitoyennes en situation de responsabilité. Dans précisément 6 mois selon le chronogramme de la CENI, il s’agira de choisir entre :

  1. prolonger le statu quo d’un système périmé en s’entêtant dans un modèle de développement qui n’est plus la solution mais le problème ;
  2. engager la dynamique du changement vers une société nouvelle, économique et sociale basée sur l’émergence d’une nouvelle classe politique au regard du vieillissement de la classe politique actuelle.

Soyons clairs: je le dis sans dogmatisme ni agressivité, le projet d’un nouveau modèle de développement est de mon point de vue incompatible avec les politiques que le pouvoir en place et sa majorité développent en Guinée. Aussi, l’opposition actuelle n’est ni forte ni crédible pour mériter la confiance du peuple. C’est dans ce contexte précis que le renouvellement de la classe politique Guinéenne s’inscrit dans le sens de l’intérêt général.

Elle se situe donc à l’opposé des choix qui privilégient inégalités et exacerbation des peurs et qui sacrifient les priorités économiques et sociales.

Cela ne vaut pas pour autant blanc-seing pour ceux qui, à la mouvance ou à l’opposition, se proposent de diriger le pays. Dans mon esprit, il n’y aura aucun soutien automatique à qui que ce soit.Car, j’ose croire sans risque de me tromper que l’exigence de la Jeunesse ne peut plus s’accommoder de quelques corrections à la marge ou de compromis politiciens, elle suppose de la part des partenaires la prise en compte sincère des nouveaux paramètres et un niveau de réponse approprié.

Seule compte à mes yeux une volonté indéfectible de partager l’immense chantier économique et social. C’est à cette unique condition de cohérence politique que nous pourrons engager avec d’autres le contrat de la métamorphose de notre pays. Oui c’est possible et  j’y crois fermement.

Répondre aux crises et aux angoisses, c’est proposer un modèle de développement qui bâtisse l’avenir et retrouve l’espoir. Pour le porter, je sollicite le soutien et l’engagement de l’ensemble des jeunes Guinéens et notamment les responsables des mouvements politiques et de la société civile à qui je tends une main franche et patriotique pour qu’ensemble nous puissions relevé le défi qui nous interpellent tous, carAGIR POUR LA GUINEE est un cercle de réflexion qui se veut êtreune force de réflexion de propositions et d’actions par les jeunes en faveur d’un peuple meurtri par plus d’un demi-siècle d’amateurisme au sommet de l’Etat.

CHERS AMIS JEUNES ;

Apaiser, se rassembler, réformer… voilà en trois mots ce qui anime ma démarche.

Apaiser d’abord en commençant par éviter les controverses ou les clivages inutiles qui ne répondent à aucune préoccupation prioritaire des Guinéens ;

Se rassembler ensuite au-delà des appartenances partisanes. Il faut certes des partis politiques pour faire vivre la démocratie, notre constitution le prévoit ainsi, nous constatons tous que les divisions traditionnelles ne correspondent plus aux aspirations nouvelles ;

Enfin reformer. Je ne crois pas personnellement qu’il y a eu rupture dans notre système de gouvernance au cours des 3 dernières décennies qui ont été marquées  par la présence à des hautes fonctions administratives de notre pays de la quasi-totalité des principaux leaders de la classe politique actuelle de notre pays.

Je suis en revanche convaincu que la Guinée a urgemment besoin de réformes profondes : reformes du système éducatif en tout premier lieu sans doute, reformes du système de défense et de sécurité, reformes du système législatif et judiciaire reformes du système de gouvernance etc… la liste n’est pas exhaustive, mais il s’agit d’attirer l’attention de la jeunesse sur la nécessité d’engager des reformes bien préparées. C’est-à-dire Co-construire le pays avec les Guinéens sur la base de la compétence et du mérite.

Avec notre volonté commune, le courage et la détermination, je ne doute pas un seul instant que nous pouvons faire de la Guinée le miroir de l’Afrique. J’en appelle donc aux citoyens et aux citoyennes pour qu’ils se rassemblent et se mobilisent afin de transformer une volonté individuelle en énergie collective.

Au service d’un mouvement tourné vers l’avenir, je souhaite que ce concept devienne un levier pour agréger les énergies autour d’un nouveau modèle de développement dont les impératifs économiques et sociaux seront bâtis par les Jeunes et avec les Jeunes. Je souhaite ainsi favoriser l’émergence d’une nouvelle majorité politique pour mettre en œuvre ce changement de cap et cette refondation de l’espoir.

Ensemble, décidons du monde que nous voulons dans les champs du possible.

Ensemble, construisons l’alternative qui ne soit pas seulement une alternance de pouvoir. Ensemble, bâtissons l’avenir.”

                                                                                                         Almamy Sékou SOUMAH

                                                                              Fondateur du Cercle de Réflexion AGIR POUR LA GUINEE