Kémoko Touré, écrivain, ancien directeur général de la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG) est un intellectuel accompli, respecté d’une bonne partie des Guinéens. Invité chez nos confrères de la radio Espace fm, jeudi 25 Avril 2019, dans l’émission ‘’Les grande gueules’’, pour parler de son nouvel ouvrage intitulé ‘’lettre d’un africain indigné à ses petits-enfants Eh Wotan’’, il s’est également prononcé sur la question de la révision de la constitution et/ou du référendum.

je ne vois aucune possibilité pour le président de la République de poursuivre son mandat

Répondant à une question d’un animateur de l’émission qui demandait sa position face à cette actualité, l’écrivain a laissé entendre : « L’avantage d’un intellectuel, c’est de lire les textes, les interpréter et se faire une opinion. Je peux avoir tort, je ne suis pas constitutionnaliste. J’ai un diplôme de droit, mais je ne suis pas constitutionnaliste. Seulement ce que je lis, me dit clairement que, dans le cadre de la constitution actuelle, je ne vois aucune possibilité pour le président de la République de poursuivre son mandat. Ou alors en ce moment là, il passera à la force, donc, on ne serait plus dans le cadre de la loi avec toutes les conséquences qui s’en suivront et que vous connaissez donc pour moi c’est impossible. »

il y a le droit, et puis il y a la politique et le social

Cependant, poursuit-il « à la lecture de la même constitution, les personnes qui ont travaillé sur ce dossier, ont introduit la possibilité pour le président en consultant l’assemblée, qui délibérerait à la majorité simple, de provoquer un referendum sur la modification, ou sur une nouvelle constitution. C’est un droit qui existe. Juridiquement le président peut l’employer, juridiquement, rien ne l’en empêche. Maintenant, comme le dirait l’autre, il y a le droit, et puis il y a la politique et le social. Il y a des gens qui étaient très forts chez eux ; on a vu le cas du Burkina, et puis finalement, il est parti parce qu’il n’a pas voulu soumettre au référendum, par ce que globalement, il sentait que la population n’était pas pour. Il a essayé d’utiliser l’assemblée où il avait le quorum, mais l’assemblée aussi s’est retournée. Donc, la vie politique, est faite de cette manière. Mais juridiquement, moi à mon humble avis, je ne suis pas un spécialiste, de la constitution guinéenne, le président a le droit juridiquement, de faire une modification de la constitution ».

nous avons la culture de la protestation. Mais nous n’avons pas du tout, la culture de l’organisation pour préparer notre victoire

« Mais attention ! alerte-t-il, une fois que vous avez procédé à une modification de la constitution, et que par exemple, qu’il introduit de nouvelles durées qui lui permettraient de se présenter. Il faut savoir que dans un régime démocratique, il y a une élection et, il peut être battu. Donc, ça signifie que c’est une possibilité, qu’il a de poursuivre. Mais, il appartient aussi aux personnes qui luttent contre cela, de créer les conditions pour qu’elles gagnent parce qu’il ne suffit pas seulement de protester. Et ça c’est quelque chose qui, parfois, me perturbe. Parce que nous avons la culture de la protestation. Mais nous n’avons pas du tout, la culture de l’organisation pour préparer notre victoire. Moi je dirais au camp présidentiel, aujourd’hui, il faut quand même qu’il ait une certaine réconciliation. Je ne dis pas réconciliation, de manière un peu hypocrite. Qu’il ait une réconciliation de la vie publique. C’est-à-dire qu’il y a eu des accords qui ont été signés entre la mouvance et l’opposition. Actuellement, je crois qu’il y a un reliquat qui concerne le fichier électoral. Il faut libérer ce contentieux. C’est par ça que la population se dit, nous avons des dirigeants qui pensent à nous. Pas seulement à eux »

Mohamed Samoura pour Guinee7.com

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