Un tribunal guinéen a reporté au 28 janvier le jugement prévu jeudi contre un opposant à un troisième mandat du président Alpha Condé.

Oumar Sylla, alias Foniké Mangué, a comparu lundi devant le tribunal de Mafanco, dans la banlieue de Conakry, pour trouble à l’ordre public.

Le parquet a requis contre lui un an de prison ferme, dans un contexte de répression accrue de la contestation qui a vu l’arrestation de centaines de personnes dans les semaines précédant et suivant la présidentielle du 18 octobre, selon les organisations Amnesty International et Human Rights Watch.

Le jugement qui devait être prononcé jeudi a été renvoyé au 28 janvier, a déclaré la présidente du tribunal Djenabou Donghol Diallo.

« C’est devenu une affaire politique. Comment voulez-vous que, pour une affaire aussi banale, on la remette à encore deux semaines », a déclaré à l’AFP l’avocat de M. Sylla, Salifou Béavogui. « C’est une simple volonté de le garder en prison ».

Oumar Sylla a été arrêté le 29 septembre alors qu’il parcourait à moto la banlieue de Conakry pour inciter à participer à une manifestation interdite contre la candidature du président Condé à sa propre succession. Il est détenu depuis et a observé deux semaines de grève de la faim, qu’il a récemment arrêtée.

Deux autres opposants au troisième mandat de M. Condé, accusés d’avoir appelé à l’insurrection pour empêcher sa réélection, ont été condamnés mercredi à un an de prison ferme.

Oumar Sylla est un cadre du Front national de défense de la Constitution (FNDC), collectif qui a mobilisé pendant des mois contre la candidature de M. Condé.

La contestation, plusieurs fois brutalement réprimée, a fait des dizaines de morts. M. Condé, 82 ans, a néanmoins été proclamé vainqueur dès le premier tour de la présidentielle du 18 octobre.

Avec AFP

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