Après la fixation de la caution imposée à la partie civile, le procès pour diffamation du journaliste Almamy Kalla Conté, au tribunal de première instance de Mafanco, a repris, ce lundi matin, pour les débats.

Almamy Kalla Conté est accusé de diffamation par voie de presse par le ministre secrétaire général à la présidence, Naby Youssouf Kiridi Bangoura, qu’il aurait dénoncé comme l’auteur d’un supposé détournement de 11 milliards de francs guinéens. Le journaliste qui ne l’a pas reconnu, a tenté d’expliquer le déroulement des faits.

Dans les débats avec la partie civile,  Almamy Kalla Conté a affirmé qu’après la publication de son compte- rendu, le conseil de Kiridi l’avait appelé pour lui dire que le marché des 11 milliards destinés à la rénovation du ministère de l’Agriculture  avait été audité et que le rapport était disponible. Mais, selon la partie civile, alors  que l’article incriminant le journaliste est affiché, le droit de réponse a quant à lui été décroché, en moins de 24h.

Répondant aux questions de ses avocats, Almamy Kalla Conté a  affirmé : « Avant la conférence de Mme Mariama Camara, Kiridi lui aurait demandé de poser une question sur le bilan de la ministre depuis son arrivée à la tête du département de l’Agriculture. Chose qu’il avait refusé de faire. »

Pour Me Ousmane Simakan, avocat de la partie civile, le compte-rendu, c’est ce qu’on a vu et entendu, et on ne met pas ses sentiments dans le compte-rendu. En matière de délit de diffamation par voie de presse,  lorsqu’un journaliste rapporte des propos, il lui appartient d’apporter la preuve de ce qu’il a dit. Plus loin, il affirme que le titre de l’article (“Un détournement de 11 milliards collé à la peau de Kiridi”) est assez révélateur du propos de l’accusé, même s’il a use de figures de style pour prouver que  le ministre a détourné.

Mais pour Me Salif Béavogui, avocat de la défense, « ce n’est pas lui (Ndr, Almamy Kalla), qui a parlé de détournement ; cette question a été posée au cours d’un point de presse  et par d’autres journalistes qui étaient présents. À sa sortie, il n’a fait qu’un compte-rendu. Donc, il n’est pas l’auteur de l’information portant sur les 11 milliards ».

L’avocat stipule par ailleurs que c’est un faux procès qu’on fait à son client, dont le véritable problème réside au niveau du journaliste et membre du cabinet du ministre Kiridi, Ahmed Tidiane Diallo qui, selon Me Béa, envie au journaliste.

Par ailleurs, Me Salif Béavogui affirme être optimiste, en ce qui concerne ce procès qui a failli déraper, et rassure qu’il veillera sur les droits de son client, jusqu’à la fin du procès. En outre, il a suggéré la comparution de Ahmed Tidiane Diallo.

Le tribunal a finalement renvoyé l’affaire au 18 mars, pour statuer sur la demande de comparution de Ahmed Tidiane Diallo en qualité de témoin.

Fatoumata Kaba pour Guinee7. Com

 

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