Le patron de la Banque mondiale

Le Groupe de la Banque Mondiale a prédit une croissance économique drastiquement plus basse pour les trois pays ouest-africains touchés par le virus Ebola.

Dans son dernier rapport sur l’impact économique d’Ebola publié mardi, la banque a déclaré que les économies de la Sierra Leone, du Libera et de la Guinée afficheront une croissance inférieure à la fin de 2014 que les projections d’avant-crise.

Selon ce rapport, les économies des trois pays, qui connaissent une croissance rapide depuis quelques années, même au premier semestre 2014, sombreront aussi dans les niveaux négatifs, alors qu’ils continuent de se battre pour éradiquer le virus mortel Ebola.

Dans un communiqué, le bureau ghanéen de la Banque Mondiale a indiqué que les estimations du Produit Intérieur Brut (PIB) pour l’année 2014 “ont été revues nettement à la baisse depuis les estimations d’avant-crise et ont chuté à 2,2 % pour le Liberia, comparé à 5,9 % avant la crise et 2,5 % en octobre”.

L’implication des économies en recul, selon la Banque Mondiale, est la perte de revenus estimée à plus de 2 milliards USD.

La Sierra Leone devrait finir l’année avec une croissance estimée du PIB de 4 %, par rapport à 11,3 % avant la crise et à 8 % en octobre, alors que la Guinée achèvera l’année 2014 avec une croissance de son PIB de 0,5 %, par rapport à 4,5 % avant la crise et à 2,4 % en octobre.

“Au Liberia, où on observe des signes de progrès pour ce qui est de contenir l’épidémie, ainsi qu’une certaine augmentation de l’activité économique, l’estimation mise à jour de la croissance pour 2015 s’élève à 3 %, soit une augmentation après la croissance de 1 % enregistrée en octobre, mais toujours moins que l’ estimation de 6,8 % avant la crise”, indique ce rapport.

Selon ce rapport, l’impact budgétaire total s’élève à plus d’un demi-milliard USD sur la seule année 2014, imposant des besoins budgétaires supplémentaires représentant plus de 6 % du PIB au Liberia, plus de 3 % du PIB en Guinée, et plus de 2,5 % en Sierra Leone.

“Les gouvernements ont également été contraints de réduire des investissements publics tels que celui de la centrale hydroélectrique de Mount Coffee au Liberia, qui est actuellement suspendu en l’absence de sous-traitants étrangers, par manque de crédits nécessaires pour payer ces fournisseurs, soit 160 millions USD au total pour ces trois pays. Cela affecte en conséquence les perspectives de croissance à venir”.

“Ce rapport renforce notre argumentation démontrant que notre objectif doit être zéro cas d’ébola”, a déclaré Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale. “Il y a bien des signes de progrès, mais tant que l’épidémie continue, l’impact économique et humain ne fera que devenir de plus en plus dévastateur”.

“Au fur et à mesure que nous accélérons notre réponse immédiate, la communauté internationale doit également faire tout ce qu’elle peut pour aider les pays affectés à revenir sur la voie de la reprise économique et du développement”, a déclaré M. Kim.

La Banque mondiale a déclaré que sa réponse à la crise de l’ Ebola comprenait la mobilisation de près d’1 milliard USD de financement pour les pays les plus durement touchés par cette crise.

Cette somme comprend 518 millions USD pour la réponse à l’ épidémie, et au moins 450 millions USD de l’International Finance Corporation (IFC), une organisation membre du Groupe de la Banque mondiale, pour permettre le commerce, l’investissement et l’emploi en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

Xinhua