Face aux militants du RPG arc-en-ciel ce samedi 25 janvier au siège dudit parti à Conakry, Amadou Damaro Camara, chef de la majorité présidentielle à l’assemblée nationale, a parlé de la situation sociopolitique du pays. Il s’est notamment attaqué aux principaux opposants du régime en place. Il accuse ses derniers de semer le trouble. ‘‘Aujourd’hui on a créé une sorte de psychose dans le pays, qui n’en vaut pas la peine. On dit que si l’éléphant va dans le champ de l’hyène la nuit, c’est pour ne pas l’humilier ; sinon s’il vient en plein jour l’hyène ne fera rien. Nous allons vous dire la cause et les raisons de l’agitation de l’opposition ces derniers temps’’, a-t-il dit d’entrée de jeu.  

Le FNDC c’est le l’UFDG ; Sanoh n’a pas de militants qui puissent inquiéter un petit quartier ; Sidyaya, son parti est en déperdition…

‘‘Je crois aussi qu’il faut comprendre, quand un animal est en train de mourir, il faut quand même lui accorder le droit de s’agiter. Quand tu égorges un animal, il a le droit de s’agiter. Quand tu lui tires dessus, il a le droit de s’agiter. Mais aujourd’hui quel est le problème ? Le FNDC c’est pour ne pas assumer ; le FNDC c’est l’UFDG. Sanoh n’a pas de militants qui puissent inquiéter un petit quartier. Sidyaya (c’est comme ça, il a appelé Sidya de l’UFR) son parti est en déperdition. Il n’est plus capable d’effrayer personne. Faya Millimono a son parti dans les studios des radios, il n’effraie personne. Mais pour faire arc-en-ciel, monsieur Cellou Dalein Diallo se fait entourer de quelques têtes différentes de la sienne. Mais au fond, c’est l’UFDG. Le pays était sur le point d’être pris en otage par deux personnes, tout le reste c’est du français qu’on parle. Pour monsieur Sidyaya Touré ou Diakhaby, je ne sais pas ; parce qu’il est tantôt né en Guinée tantôt né en Côte d’Ivoire. C’est la seule personne qui est née au même moment en deux lieux différents. Lui, il croit qu’en 2020, si le président comme il l’a déclaré, le président Alpha Condé n’est pas candidat, c’est lui le président. Il ne dit même pas Inchallah ! Comme si déjà ça lui était garanti par Dieu ou par le peuple de Guinée. Il croit donc que c’est sa dernière chance en 2020 ; s’il n’a pas cette chance, il veut créer la chienlit. Monsieur Cellou Dalein a été deux fois aux élections, il a été battu à plate couture, il sait qu’une troisième fois, il n’aura plus de chance, donc il veut aussi créer la chienlit. Mais qui trompe-t-on ? Sidyaya et Cellou se détestent ! ils veulent créer la pagaille avant de s’affronter eux-mêmes entre eux. Je vous demande chers militants de ne pas vous fier à ces provocations’’.

Ce qui se passe en Moyenne Guinée, ce n’est pas mille personnes, c’est Cellou Dalein Diallo qui ordonne à ces militants la désobéissance civile

‘‘Nous l’avons dit ici, le président l’a dit, la direction nationale du parti l’a dit, que tout le monde soit s’impliqué, pour dénicher les tueurs qui sont les ennemis de la Guinée, d’où qu’ils soient, les tueurs doivent être démasqués. Et nous regrettons comme tout le monde, comme tous ceux qui sont conscients, sauf ceux qui en font des commerces. Ceux qui utilisent le corps des enfants des autres comme des trophées ; sinon tout le monde regrette ces tueries. Mais en échange, est-ce qu’en brûlant les véhicules, on est en train de faire revenir les morts ? Est-ce qu’en brûlant les boutiques, on est en train de faire revenir les morts ? il y a un proverbe qui dit : que si une souris perce ton tambour, même si tu appliques à la souris la sanction suprême, tu la tues, sa peau ne suffit pas pour refaire le tambour. Donc nous avons besoin de paix en Guinée. Ces messieurs veulent nous amener à une situation regrettable, faut pas l’accepter. Ce qui se passe en Moyenne Guinée, ce n’est pas mille personnes, c’est Cellou Dalein Diallo qui ordonne à ces militants la désobéissance civile. Et le premier ministre a été clair, cela n’est acceptable dans aucune République. Ce n’est pas parce que c’est à Labé, à Telimélé, à Pita, à Dalaba, qu’on est plus démocrate que le reste de la Guinée, qu’on soit plus anticonstitutionnel que le reste de la Guinée’’.

Il a accompagné son fils pour l’envoyer à Dakar et il demande aux fils des autres d’aller dans la rue

‘‘Je vais attirer aussi votre attention, ils vont dans les boutiques ciblées pour les brûler, des véhicules ciblés pour les brûler et se dépêcher, parfois des carcasses, qu’on amène dans la rue, on fait des photos, on cadre, on envoie sur le net, comme pour présenter une image apocalyptique de leur propre pays. Parce que c’est dans le désordre qu’ils croient accéder au pouvoir. Ils ont fait des déclarations officielles. Pas plus tard qu’hier, Cellou dit qu’il continuera quel que soit le prix à payer. Il a déjà dit si les gens sont prêts à mourir. Pendant ce temps, à la veille des manifestations passées, il a accompagné son fils pour l’envoyer à Dakar et il demande aux fils des autres d’aller dans la rue et il leur demande, s’ils sont prêts à mourir. Ils vont mêmes aller devant des bureaux, devant des domiciles, pour aller enflammer des véhicules. Vous avez dû voir sur le net que j’ai dit de former des brigades, je n’ai pas dit de former des milices. J’ai dit de surveiller leurs biens et de ne pas s’attaquer à quelqu’un ; et que même s’ils arrêtaient quelqu’un de le conduire aux autorités qui sauront ce qu’ils vont en faire. Je n’ai pas honte de l’avoir dit, je le dis et je le répète et ce que j’ai dit, c’est qu’il ne faut pas provoquer la guerre (…). Si on connaissait les conséquences pour ceux qui ont vu ce qui s’est passé au Liberia, en Côte d’Ivoire, en Sierra Leone, tu ne peux pas souhaiter la guerre dans ton pays. Tous les autres sont venus en Guinée, nous on n’a pas où aller. Vous êtes plus nombreux que ça, c’est sûr. En forêt on a rien cassé, en Haute Guinée on a rien cassé, en Basse Guinée on a rien cassé, ce sont les militants de Cellou qui instrumentalisent une forte communauté guinéenne que nous aimons pour vouloir les opposer aux autres, nous n’allons pas accepter sa politique diabolique. C’est ça la réalité’’.

Quand tu libères des bandits de prison, ces bandits vont se retourner contre vous-mêmes

‘‘Au nom de la direction du parti, nous vous demandons d’être vigilants et fermes, il ne faut pas avoir peur du mot, vigilants et fermes. Personne ne doit brûler la Guinée devant nous. Mais l’Etat doit être respecté. Si on sait ce qu’ils ont fait, quand tu libères des bandits de prison, ces bandits vont se retourner contre vous-mêmes. Si vous brûlez le commissariat, vous n’aurez plus où aller vous plaindre. Si vous brûlez la gendarmerie, vous n’aurez plus ou vous plaindre, si vous brûlez la préfecture, vous n’aurez plus où prendre vos papiers. C’est pour créer l’anarchie, il ne faut pas l’accepter. Chacun chez soi, qu’on prône la paix, nous aimons ce pays, nous n’allons pas accepter de le brûler, même si c’est ce qu’ils veulent. Au prix du sacrifice suprême nous n’accepterons pas que la Guinée brûle, il faut que cela soit très clair. La position du RPG, nous irons aux élections, on aurait souhaité que tout le monde vienne. Mais quand quelqu’un ne voit pas, on peut lui donner des lunettes pour mieux voir. Mais quand quelqu’un ferme les yeux, tu ne peux rien. Quoi qu’on fasse, monsieur Sidya Touré Diaby et Cellou Dalein Diallo ne seront satisfaits que quand ils doivent diriger. Et cela doit dériver de la volonté exclusive du peuple de Guinée’’.

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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