Selon des informations non officielles, la dette intérieure de la Guinée est autour de 3 mille milliards de GNF. Son non-paiement paralyse de nombreuses entreprises et fragilise notre économie. Nous avons profité d’une rencontre entre le Premier ministre, Mamady Youla et la presse lors du passage à Conakry de Carlos Lopez, secrétaire exécutif de la Commission économique africaine, pour poser cette question aux deux : qu’en-est-il du payement de la dette intérieure de la Guinée ?

Mamady Youla : «La dette intérieure comme vous le savez, c’est une dette qui a été accumulée au fil des nombreuses années. Aujourd’hui, il y’a un stock de dette intérieure qui se matérialise sous forme d’arriérés. Parce qu’il n’a pas été payé normalement ou, pour certains, des instruments financiers ont été mis en  place par l’Etat, qui sont en train d’être payés progressivement. Pour ce qui concerne l’année dernière en particulier, puisque le traitement était un peu différent, il y’a un stock d’impayés lié aux problèmes budgétaires auxquels le gouvernement a été confronté. Mais comme j’ai eu à le dire tout précédemment c’est-à-dire un mécanisme est en place aujourd’hui pour commencer les remboursements.»

Le premier ministre guinéen ajoute : «Mais comme vous le savez, nous avons évoqué à plusieurs reprises les difficultés budgétaires liées à l’insuffisance ou au manque à gagner sur les recettes intérieures, comme en 2015 par exemple, ont été essentiellement la cause des montants importants qui n’ont pas été payés aux titres des services rendus à l’Etat ou de certains marchés qui ont été exécutés à son compte. A ce niveau, l’Etat fera l’effort de continuer à payer et, parallèlement, à améliorer les recettes. Parce qu’il faut bien comprendre que l’Etat n’a pas de ressources autre que les différentes sources de recettes qui sont identifiées dans le budget et parmi ces recettes vous avez les impôts et taxes. Donc c’est même une occasion pour moi de réitérer ici en faisant appel à tous les contribuables qui doivent s’acquitter de leurs impôts pour permettre justement à l’Etat de faire face à ses engagements.»

Carlos Gomez a, lui, donné une réponse qui va au-delà de nos frontières. «Sachez que les dettes africaines figurent parmi les plus basses en termes de relation avec le PIB, du monde. Et, Malheureusement, il y a des difficultés de payer le service de la dette parce que le niveau d’imposition est très bas. Nous avons une pression fiscale en Afrique qui est la plus basse du monde et ça n’a rien à voir avec la pauvreté ; mais qui se situe au niveau de l’informalité des activités économiques. Et surtout l’informalité des plus riches. Beaucoup de personnes se font de l’argent dans des activités économiques mais ne payent pas d’impôts. Ce n’est pas un cas exceptionnel à la Guinée mais plutôt c’est un problème africain. »

Cependant, il révèle que: «avec le gouvernement nous avons beaucoup discuté sur comment mettre en place une fiscalité plus efficace, qui permet de dégager un taux d’imposition un peu plus élevé, dans ce cas de figure, ça permettra à l’Etat de remplir ses obligations comme celles qui ont été évoquées.»

Maintenant «en ce qui concerne la Guinée, le Liberia et le Sierra Leone, c’est  une question difficile, après la maladie à virus Ebola et ses effets, de vouloir tout de suite avoir un équilibre fiscal parfait. Ce n’est pas le moment de demander avec exigence même si ça doit être l’objectif dans une échéance relativement courte. Mais il faut aussi comprendre que, après tout ce qui s’est passé, il y’a eu énormément de difficultés pour maintenir toutes les prévisions budgétaires. Donc ce serait improbable que ces trois pays puissent, dans l’espace d’une année seulement, rétablir l’équilibre  de leurs comptes».

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com 

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