À travers une conférence qu’ils ont animée, dans la salle El hadj Mohamed Koula Diallo de la Maison de la presse, ce lundi 15 avril, les membres du Réseau des Citoyens Engagés pour le Développement Durable ont procédé au lancement officiel de la pétition pour une nouvelle constitution, sur toute l’étendue du territoire national.

Face à un parterre de journalistes, Kaman Gogana Gonomou a, au nom dudit réseau, entamé ses propos en faisant la part des choses : « Je vous précise clairement qu’être militant pour une nouvelle constitution, ne signifie pas être militant pour un troisième mandat. La question de nouvelle constitution est une question d’ordre juridique, alors que la question de troisième mandat est une question d’ordre politique. La préoccupation de notre réseau n’est pas le troisième mandat, le réseau a une préoccupation purement juridique ».

Avant de poursuite, en expliquant : « Nous sommes là pour exercer un droit de pétition, conformément à l’article 2 de la constitution du 7 mai 2010, qui dispose que le droit de pétition est reconnu à tout groupe de citoyens… Nous voulons nous approcher du peuple pour lui demander ce qu’il veut. Donc, si le peuple n’est pas d’accord, alors le réseau va dire, à partir des sondages, qu’il n’est pas non plus d’accord avec une nouvelle constitution. Mais si le peuple est d’accord, le réseau va, de toute manière, accompagner la décision du peuple. C’est pourquoi, nous allons partir sur toute l’étendue du territoire, pour demander l’avis du peuple et cette pétition se fera également sur les réseaux sociaux ».

À travers cette pétition qui se tiendra sur les deux prochains mois, le Réseau des Citoyens Engagés pour le Développement Durable compte également ressortir une fois de plus la clarté dans le débat public. « Au lieu de travestir l’opinion des gens, nous sommes ici aussi pour la pacification du débat public et de dédramatiser la constitution du 7 mai 2010 », a déclaré K. G. Gonomou.

Cependant, Kaman Gogana a estimé que l’actuelle constitution guinéenne a été élaborée dans des conditions extrêmement difficiles. « Elle (la constitution, Ndlr) n’a pas respecté la procédure d’élaboration d’une constitution, et elle a été victime d’usurpation de confiance », a-t-il fait entendre, avant d’ajouter : « nous lançons un défi à tous les grands constitutionalistes de tous les bords, que nous sommes prêts à tenir des conférences de presse, à faire des débats publics partout sur cette question, parce que nous voulons que le peuple soit orienté, nous voulons quitter dans cet obscurantisme, que les choses soient claires… L’interprétation que nous faisons de la constitution doit-être connue du point de vue juridique, il faut qu’on sache qu’est-ce qu’une constitution ».

Pour lui, « en réalité, les gens ignorent la pesanteur juridique d’une constitution, c’est pourquoi ils prennent la constitution de cette main, comme étant un document biblique ou un document qui vient du dogme purement religieux. C’est le contrat social, la constitution… Nous voulons une constitution démocratique, inclusive, légitimée dans une sérénité du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Mohamed Soumah pour Guinee7.com

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