Le service de la grue mobile en Guinée n’arrête pas de faire couler la salive au sein de l’opinion guinéenne. La plupart trouvent le service peu professionnel. C’est dans ce cadre que nous avons rencontré, il y a quelques semaines, colonel Zakaria Camara, commissaire divisionnaire et directeur central de la sécurité routière et recueilli aussi l’avis des citoyens sur le sujet.

 « Je vais vous dire que je suis contre l’abus. Je n’aime pas qu’on fasse du tort aux citoyens guinéens, parce qu’on travaille pour la population, des usagers de la route », nous a notifié le directeur central de la police routière, Zakaria Camara, lors d’une interview qu’il a accordée à Guinee7.com, à propos du fonctionnement des grues mobiles.

Il a aussi poursuivi en disant que : « Ceux qui viennent devant les pharmacies, juste pour payer les produits et partir, ils n’ont pas le droit de les prendre. Ce sont des consignes que j’ai données ici. »

Cependant sur le terrain, force est de constater une toute autre réalité, a se fier à ce que nous ont confié certains citoyens, qui ont été de près ou de loin frappés par la sentence de ce service de police, peu apprécié des usagers de la route.

A l’approche de la fête de ramadan, les va et vient des grues mobiles sont devenus assez fréquents, tout comme l’usine à jouets du père Noël à l’approche de la Noël.

Ce lundi, c’est la veille de la fête de ramadan. Aux abords du plus grand marché de Conakry (Madina), où des milliers d’âmes viennent faire leurs emplettes, une scène attire notre attention. C’est celle d’une femme, qui, sortie du marché, s’étonne de ne pas voir sa voiture qu’elle avait garée, il y a quelques minutes de cela.

Vraisemblablement inquiète, à en frôler la panique, on l’informe que la grue mobile vient de prendre sa voiture. Elle s’Indigne, colérique, elle exprime quelques mots d’irritation en soussou à l’endroit des agents de la grue.

Elle insiste sur le fait d’avoir bien “collé” son véhicule, qu’elle ne « gênait pas la circulation » et de surcroît, qu’elle n’avait pas duré. Ce qui nous a été confirmé par sa collègue, qui l’accompagnait ce jour.

C’est là que nous saurons que la voiture de marque Toyota de couleur rouge bordeaux qui vient d’être tractée par la grue appartenait à cette dame. Qui clame « l’injustice » et le « manque de professionnalisme des agents ».

Questionné à ce propos, le commissaire divisionnaire a reconnu que : « Moi-même, j’ai appris que les gens se plaignent chaque fois qu’on prend un véhicule bien stationné. Que les chauffeurs de grues accompagnés par les policiers se permettent de tracter ces véhicules. Je leur ai dit que ce n’est pas cela la mission. Je leur ai dit que la mission, c’est de tracter les véhicules en stationnement prolongé et ceux qui gênent l’angle de vue. Ceux qui viennent garer dans les intersections et ceux qui garent en pleine chaussée empêchant les autres de circuler ».

Tout en réitérant toutefois qu’« il y a des usagers aussi, même s’ils savent qu’ils sont en infraction, ils ne veulent pas le reconnaitre. Ils veulent toujours mettre cela sur le dos de la police. Cela ne peut pas marcher. On ne peut pas laisser les gens faire ce qu’ils veulent. »

Cependant, la grue n’a pas que des opposants, il y en a qui trouvent que la technique a son importance. Celle de renflouer un peu plus les caisses de l’Etat et de mettre de l’ordre dans la circulation.

De l’avis de certains citoyens, la grue est « un bien mal vu ». C’est le cas de Moussa Bayo, fonctionnaire, qui estime que « la Guinée à l’instar des autres pays, doit se développer, et doit mettre de l’ordre dans certaines choses. Notamment, la circulation. Parce que l’argent-là va dans les caisses de l’Etat et les gens ne vont pas mal garer maintenant, parce qu’ils auront peur de la grue. C’est très bon, en tout cas, si c’est bien fait ».

Si seulement c’est bien fait. Justement pour d’autres, c’est là que le bât blesse. Comme ce citoyen qui a requis l’anonymat : « Les gens-là ne font pas bien leur boulot. Quand tu gares, ils viennent prendre ton véhicule. Dès fois même en stationnant, tu ne sais pas où stationner. Alors qu’on ne peut pas rouler tout le temps, on a besoin de s’arrêter quelque part. A Madina, c’est mieux parce que souvent, il y a les parkings que le gouvernorat a construits, mais ça même c’est d’un côté. Donc l’Etat n’a qu’à trouver un autre moyen pour mettre de l’ordre ou dire aux agents, ce qu’ils doivent faire. Ou informer les gens sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire ».

Par ailleurs, le directeur central nous a aussi confié que pour éviter tout problème avec les usagers dont les voitures sont tractées : « J’ai dit aux gens maintenant qu’ils doivent se trouver des appareils pour cela. Si tu constates qu’un véhicule est en stationnement gênant la circulation, ils doivent prendre la photo. C’est la seule solution, pour éviter des paroles de par-ci et de par-là. Parce que les gens ne reconnaissent jamais l’infraction qu’ils ont eu à commettre. Mais s’ils arrivent à photographier le véhicule dans sa position irrégulière, cela peut nous mettre à l’abri des discussions inutiles ».

Malgré cette bonne foi que semblent avoir les autorités au sommet, il faut dire que les agents chargés des grues mobiles continuent à tort et à travers à tracter tous les jours des véhicules, et les pauvres citoyens n’ont que leurs poches pour payer.

Circulation routière à Conakry / Trucs et astuces à savoir pour ne pas visiter la fourrière

Nous recevant il y a quelques semaines dans son bureau pour une interview, Zakaria Camara, commissaire divisionnaire et Directeur centrale de la sécurité routière de la république de Guinée, a éclairé notre lanterne sur le mécanisme de la grue mobile en Guinée.

Lisez donc, pour savoir ce qu’il faut faire, pour ne pas tomber dans le filet de ce service qui coûte « 360 000 francs guinéens ».

Guinee7.com : Il y a des citoyens qui se plaignent d’abus, même lorsqu’ils sont bien stationnés. Qu’en pensez-vous ?

Zakaria Camara : Il faut le reconnaitre, qu’il n’y a pas 30 min, j’étais en réunion avec tous ces propriétaires de grues. Je vais vous dire que je suis contre l’abus. Je n’aime pas qu’on fasse du tort au citoyen guinéen, parce qu’on travaille pour la population, des usagers de la route.

Moi-même j’ai appris que les gens se plaignent chaque fois qu’on prend un véhicule sont bien stationné, et que les chauffeurs de grues accompagné par le policier se permettent de tracter ces véhicules. Je leur ai dit que ce n’est pas cela la mission. Je leur aie dit que la mission d, c’est de tracter les véhicules en stationnement prolongé et ceux qui gêne l’angle de vue. Ceux qui viennent garer dans les intersections et ceux qui garent en pleine chaussée empêchant aux autres de circuler.

Ceux qui viennent devant les pharmacies, juste pour payer les produits et partir, ils n’ont pas le droit de les prendre. Ce sont des consignes que j’ai données ici. Mais il y a des usagers aussi, même s’ils savent qu’ils sont en infractions, ils ne veulent pas le reconnaitre. Ils veulent toujours mettre cela sur le dos de la police. Cela ne peut pas marcher. On ne peut pas laisser les gens faire ce qu’ils veulent.

Quelles sont les infractions qui peuvent conduire à la prise d’un véhicule ?

Il y a des stationnements prolongés, tu gares ton véhicule, tu l‘abandonne là-bas, dès fois, il y a des herbes qui commencent à y pousser, nous avons en charge de dégager ces véhicules. Vous venez, vous garer à l’angle du carrefour, empêchant la vision des autres usagers de la route. Vous tombez en panne de carburant ou de pneus en pleine chaussées, vous abandonné le véhicule pour aller chercher ce qui est gâté. On doit le dégager. Venir garer devant le domicile de quelqu’un en l’empêchant de sortir, nous on appelle cela porte cochet. Ou les endroits signalés comme des stationnement interdit, ne connaissant pas les panneaux ou par fantaisies, si tu viens te garer là-bas, on va prendre ton véhicule. Donc Voilà quelques infractions qui amène aux policiers de tracter le véhicule.

Vous savez, normalement, l’autoroute, n’est pas fait pour garer, c’est des routes qu’on emprunte surtout quand on est pressé. C’est comme cela dans les autres pays, c’est pourquoi aucune route ne soit traverser l’autoroute. Chez nous ça été dénaturé à cause du carrefour qui est là, au niveau de la morgue (donka ndlr). Cela fait perdre la valeur de l’autoroute. Mais comme il y a l’hôpital à côté, les autorités ont jugé utile d’ouvrir ici pour permettre aux malades de vite rejoindre l’hôpital.

Vous êtes à la tête de cette direction, mais comment pouvez-vous savoir qu’il n’y a pas d’abus au dehors ?

J’ai dit aux gens maintenant qu’ils doivent se trouver des appareils pour cela. Si tu constates qu’un véhicule est en stationnement gênant la circulation, ils doivent prendre la photo. C’est la seule solution, pour éviter des paroles de par-ci et de par-là. Parce que les gens ne reconnaissent jamais l’infraction qu’ils ont eu à commettre. Mais s’ils arrivent à photographier le véhicule dans sa position irrégulière, cela nous mettre à l’abris des discussions inutiles.

Par rapport au traitement des individus et des différentes plaques. Est-ce que c’est le même traitement pour les RC et VA et autres ?

Bien sur ! dans la circulation, il n’y a pas de différence. On est tous égaux dans la circulation. Le code de la route ne prévoit pas que telle personne est dans VA, faut le favoriser ! et tel autre est dans RC ; sauf si l’intéressé est dans le cortège. C’est là la priorité.

Nous avons appris qu’Il y a des grues qui appartiennent à des particuliers, comment gérez-vous cela ?

C’est des partenaires. L’Etat a mis deux petites grues à notre disposition, qui sont basées à la routière de Bonfi, à la grande fourrière de la police, mais cela ne suffit pas. Il y a des partenaires qui ont signé des contrats avec nous, qui sont là. Ils ont mis des grues à notre disposition, qu’on est entrain d’exploiter. Les deux grues ne peuvent pas couvrir tout le pays, même tout Conakry, c’est impossible. Parce que la grue qui est à Bonfi, s’il y a un problème à Kaloum, qu’il faut enlever maintenant-là et que cela coïncide à l’arrivée d’une haute personnalité, qui est reçu par le chef de l’Etat. On est tenu de prendre la grue qui est à proximité, pour venir dégager la voie, non seulement pour cela, mais aussi pour rendre la circulation fluide.

Donc ces partenaires sont avec nous, mais sous notre contrôle. Je viens de nommer les chefs des différents parcs, réservé à ce sujet. Même la grue qui était à la disposition du gouvernorat, nous avons mis mains sur tout ça. Ils étaient tous là en pourparlers avec nous. C’est notre soucis numéro 1 à l’heure-là, l’utilisation des grues. Je viens de nommer les chefs de parcs qui doivent sillonner avec les conducteurs, parce que les chauffeurs de grue, ne peuvent pas apprécier l’infraction, ce sont nos agents de la routière qui peuvent apprécier l’infraction, pour dire c’est vrai le véhicule est très mal garé, il a garé à l’angle de carrefour, ou bien il gêne la circulation, c’est à nous de constater l’infraction et de réprimer.

Quelles sont les sanctions, pour ceux dont les voitures sont tractées jusqu’à la fourrière ?

Nous avons règlementé cela aussi. Quand une voiture est tractée, c’est 360 000 francs guinéens que la personne paye, avec reçu à l’appui, nous avons déjà fait des reçus, avec le timbre du trésor collé là-dessus. On veut vraiment mettre l’ordre à ce qui concerne la tractation des véhicules. Parce qu’on pas le droit, nous n’avons pas reçu ces instructions de tomber sur les usagers de la route. On ne doit pas abuser des usagers de la route. Je le dis et je persiste. Il y a la loi d’accord, mais ces lois-là doivent être appliquée conformément à ce qui est prescrit.

Pour le moment, nous avons un problème, c’est celui des gros porteurs, ou nous n’avons pas de grues de grande capacité, qui peuvent nos permettre de les tracter. Si vous constatez, dans la circulation, un camion remorque qui tombe en panne avec conteneur à l’appui, n’est-ce pas ? ce n’est pas parce que nous ne les voyons pas. On voit ! mais on n’a pas les moyens pour les dégager. Et quand cela arrive, on est tenu dès fois les syndicats de ce propriétaire de véhicule, pour qu’il nous aide à avoir trouver une machine à partir du port pour venir tracter ces véhicules-là. C’est pourquoi généralement vous trouvez des camions qui sont garés, un, deux ou trois jours, parce qu’on n’a pas la possibilité de els enlever. On a des grues que pour les petits véhicules. Mais nous avons été promis par les autorités que bientôt, nous allons recevoir les camions de grande capacité, mais pour le moment on ne les a pas encore.

Quand un agent prend un véhicule qui est en stationnement régulier, très bien collé, qui ne gêne pas la circulation ; pour ça je vais sévir

Quelles seront désormais les mesures prises contre les agents qui vont tracter une voiture alors qu’elle n’est pas en infraction ?

Cela, je vais mettre ça dans le cadre de la cupidité. Quand un agent prend un véhicule qui est en stationnement régulier, très bien collé, qui ne gêne pas la circulation ; pour ça je vais sévir. C’est claire. Les agents ne doivent pas faire ce qu’ils veulent. Mais faire ce qui est recommandé. Donc si un tel cas se présente, l’intéressé sera épargné du paiement et l’agent sera blâmé.

Dossier réalisé par Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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