La porosité des frontières est perçue par certains observateurs comme étant à la base de la propagation de l’épidémie de fièvre Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest, où elle a fait milliers de morts sur plus 3.940 cas enregistrés, selon les chiffres fournis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à la date du 5 septembre.

Ceux qui soutiennent cette thèse brandissent l’argument portant sur l’intrusion à la mi-août du jeune guinéen porteur du virus Ebola qui a pu voyager de la préfecture de Forécariah, proche de la Sierra Leone, jusqu’à Dakar au Sénégal, avant de développer la maladie, ce a provoqué une psychose dans la capitale sénégalaise, où aucun cas n’avait été signalé auparavant.

L’identité et l’itinéraire de ce jeune guinéen ne tardera pas à être établi grâce à la promptitude des autorités guinéennes, qui ont pu retracer son parcours, à partir de la localité de Forécariah, jusqu’à Dakar.

On a ainsi pu savoir qu’il s’agit d’un étudiant de l’université Général Lansana Conté de Conakry, qui a perdu des proches, dont sa mère, sa soeur et son frère, tous décédés, après avoir contracté la fièvre hémorragique Ebola.

C’est le frère de l’étudiant, venu de la Sierra Leone, qui aurait contaminé les membres de la famille, selon l’explication fournie par les autorités sanitaires et leurs partenaires de santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Il est décédé et fut enterré le 11 août, sans que la Croix- rouge locale n’en soit informée.

Du côté de N’Zérékoré, principale agglomération du sud est de la Guinée, l’apparition de l’épidémie de fièvre Ebola début août a été attribuée par l’arrivée d’un malade venu du Liberia voisin.

Le Dr Sakoba Keita, coordinateur national de la lutte contre le virus Ebola, à l’époque chef de division prévention et lutte contre la maladie au ministère guinéen de la Santé, avait déclaré à l’époque, que des précautions n’avaient pas été prises pour la gestion de la cérémonie funéraire de la victime de l’épidémie hémorragique d’Ebola, venu du Liberia.

La manipulation du corps du patient atteint du virus Ebola, par ses parents avait exposé ceux-ci à la contamination, selon le Dr Sakoba Kéita.

La résurgence ces derniers temps de la maladie dans la préfecture de Macenta, située à 150 km de N’Zérékoré, serait aussi à mettre sur le compte du Liberia, d’où seraient venus certains malades, qui ont réussi à franchir la frontière, parfois à travers des sentiers clandestins, comme il en existe le long de la frontière entre les deux territoires, selon les autorités en charge de la riposte contre le virus.

Ces autorités reconnaissent également les difficultés rencontrées sur le terrain à freiner la propagation de l’épidémie, dans cette préfecture, notamment, vu la réticence de certaines populations, qui continuent de nier l’existence du virus dans leurs localités.

Le mouvement des populations dans la sous-région, facilité par la porosité des frontières, compliquerait un peu la donne dans la lutte menée par les autorités des pays touchés par le virus Ebola.

Pourtant, les dirigeants des Etats membres de l’Union du fleuve MANO, organisation régionale constituée de la Sierra Leone, du Libéria, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire avaient convenu lors d’un sommet à Conakry le 1er août, autour de la situation de l’épidémie Ebola, d’isoler les régions transfrontalières où plus de 70% des cas ont été enregistrés.

La recommandation a été appliquée surtout dans certaines zones du Liberia et de la Sierra Leone, deux pays voisins de la Guinée, où l’épidémie s’est propagée à une grande vitesse.

Pour certains spécialistes, le confinement des populations ne serait pas le meilleur moyen de combattre l’épidémie.

Pour sa part, l’OMS ne recommande pas d’interdire les voyages à destination et en provenance des pays touchés. Dans un communiqué publié le 14 août dernier, l’OMS avait rappelé que “le risque de transmission de la maladie à virus Ebola au cours des voyages aériens était faible”.

Xinhua