La transition est un processus (Par Younoussa Camara, sociologue)

A la suite des rencontres avec les différentes corporations, institutions et autres acteurs de développement, il serait plus que nécessaire pour les nouvelles autorités  d’élaborer et de prononcer un discours annonciateur de la transition. Le discours en question devra situer les guinéens sur ce qui les attend et à quoi ils doivent s’attendre. Le discours en question serait celui là qui projette des actes  rassurants pour une sortie de crise : « Un chef doit être un marchand d’espérance » Ce discours serait le premier pas qui ouvre la période de transition. Ce discours pourrait fortement atténuer les spéculations parfois fallacieuses sur la période transitoire.

« Le bien de l’État, le seul vrai bien, est son unité même. Et il sera atteint là où ceux qui détiennent le pouvoir…déterminent ce qui découle du principe même d’un intérêt général placé au-dessus de tout intérêt de faction…Le moyen de parvenir à une telle union est fourni par une discussion toujours ouverte qui révèle et élimine ainsi les présupposés dogmatiques des interlocuteurs ».

Le discours sur la transition devra offrir la possibilité d’un consensus social que je voudrai appeler « la Grande Convention »  Cette convention sera le fruit d’un dialogue social et qui  devra prendre l’allure d’un véritable mouvement social global suffisamment inclusif, en ce qu’elle engagerait à la fois les nouvelles autorités, les partis politiques, la société civile, et, si possible, les partenaires étrangers et amis de la Guinée. Mais, de quelle convention s’agirait-il ? Une convention pour une transition réglée !

La convention dont il s’agit a un initiateur : Le Comité National pour le Rassemblement et le Développement (C.N.R.D)

La convention dont il s’agit est une entreprise de pensée sur notre Etat,  par nous-mêmes et pour nous-mêmes.

La convention dont il s’agit est une aventure collective que les nouvelles autorités et le peuple de Guinée devront tenter avec la ferme détermination pour la réussite, véritable test de notre volonté de vivre-ensemble.

La convention dont il s’agit se veut  programmatique, processuelle, et pragmatique. C’est en cela qu’elle se veut une transition réglée, parce que collectivement  voulue et pensée. Elle peut être salvatrice.

La convention dont il s’agit devra faire adhérer chaque guinéen ou groupes de guinéen à l’esprit d’un agir communicationnel, pour la formulation d’une problématique légitime de notre Etat dans laquelle se reconnaitraient, sinon tous les guinéens, du moins  la très large majorité…

Le but de cette « Grande convention » est d’éviter à la Guinée, à tout jamais,  une répétition de l’histoire, qui consisterait, comme par le passé, en une prise du pouvoir par la force, qui s’annonce habituellement  par une suspension fantaisiste de la constitution et des institutions étatiques, pour laisser libre cours, éventuellement, à un groupe d’opportunistes, sortis de nulle part, mais autorisés par les circonstances à piller nos ressources, et ce, dans une durée difficile à déterminer .

Dans cette situation de transition, les nouvelles autorités et l’ensemble des guinéens ne doivent pas perdre de vue, que nous n’avons jamais eu besoin d’un Etat que maintenant. Car, le constat amer que l’on peut faire dans l’histoire de la République de Guinée est le suivant : « L’esprit de jouissance a détruit ce que l’esprit de sacrifice a édifié ». Plus que par le passé, nous avons besoin d’un Etat véritable. La consolidation des fondements de l’Etat est donc la mission du C.N.R.D.

Younoussa Camara, professeur de sociologie politique

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