La manifestation des jeunes s’est terminée à Labé. Coté manifestants on parle d’une trentaine d’interpellations. Joint au téléphone cet après-midi, Fazaziou Baldé, manifestant, menace: ‘‘si les autorités de Labé veulent la paix, elles n’ont qu’à ordonner la libération des jeunes arrêtés par la CMIS (Compagnie mobile d’intervention et de sécurité, NDLR). Sinon les prochaines heures seront chaudes. On est prêt tous à nous mettre à la disposition de la CMIS. On a envoyé nos lettres d’information partout pour cette marche pacifique, on attend qu’on soit dans la rue pour nous pulvériser de gaz et arrêter certains d’entre nous. Nous réitérons notre engagement à faire partir Samba Camara du Cecoje.’’

Samba Camara, lui était, dans Hallen fopp, une émission de la radio Espace Labé. ‘‘Je suis clair. Ceux qui demandent mon départ sont à la solde de quelqu’un qui les manipule (il fait allusion au député uninominal de la ville, NDLR) avec des enveloppes de 500 000gnf. Je ne bougerai pas d’un iota du Cecoje. S’ils pensent que c’est des millions qui viennent au Cecoje,  je les mets à l’aise. Le Cecoje c’est du bénévolat rien d’autres. Marcher et brûler des pneus ne me feront ni chaud ni froid, donc je reste moi-même’’, lance-t-il serein.

Il reconnait néanmoins avoir été arrêté pour les machines disparues au Cecoje : ‘‘C’est vrai. J’avais été arrêté pour ces machines. On m’a même conduit à la Maison centrale, mais après enquête, ils ont compris que je ne suis mêlé à rien, ils m’ont relâché’’, rappelle-t-il.

Par ailleurs, M. Diallo Mamadou dit avoir été victime de la répression des forces de l’ordre et explique : ‘‘moi je ne suis pas concerné par les manifestations. Je vendais tranquillement dans mon restaurant quand les gendarmes sont venus avec des matraques à la devanture, la porte était même fermée, des clients mangeaient dedans. Ils ont venus forcer la porte d’entrée et casser les vitres. C’est dommage ! Maintenant on me rend malheureux pour une affaire que j’ignore.’’

Un agent des forces de l’ordre nous confie: ‘‘Tous ceux qui sont arrêtés faisaient des actes qui ne sont pas conformes à une marche pacifique : brûler des pneus, mettre des pierres partout pour empêcher la circulation. C’est facile d’accuser, c’est quand ils sont interpellés qu’ils donnent l’impression d’être arrêtés quand ils étaient de passage.’’

Côté autorité, c’est le gouverneur  qui s’est exprimé:  ‘‘moi je pensais que tout le monde avait le souci de respecter l’état d’urgence sanitaire décrété par le président. Ce n’est pas opportun de faire des manifs, même à Conakry, les partis politiques ont arrêté leurs rassemblements. C’est dire que c’est sérieux. Je regrette ce qui se passe chez nous. Concernant les casses et interpellations on ne m’a pas rendu compte d’abord pour faire le bilan et tirer les leçons.’’

A 17 heures déjà, la circulation a recommencé.  Cependant, les jeunes envisagent d’occuper de nouveau les rues ce vendredi. Les autorités elles, prennent les dispositions pour empêcher cette nouvelle manifestation non autorisée. Pour rappel, la Mairie avait refusé d’autoriser la marche d’aujourd’hui pour ne pas transgresser l’état d’urgence sanitaire en vigueur.

Alpha Ousmane Bah

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