Labé, la capitale du Foutah, devient de plus en plus une cité moderne. Comme des champignons, des bâtiments à étages poussent et changent le visage de la ville des Karamoko. Cette image contraste cependant avec celle des troupeaux de bœufs, de moutons ou de chèvres qui envahissent rues et ruelles cabossées.

La belle cité de Labé a du mal à se défaire de son côté rural malgré l’avancée de l’urbanisation de la ville. Il n’est pas rare de voir des bêtes en grands nombres (bœufs, moutons, chèvres) côtoyer les véhicules en pleine chaussée. Dans le quartier administratif, les bêtes obstruent le passage à la devanture de la banque centrale, la préfecture. Le carrefour Sotelgui qui sert de jonction entre le gouvernorat et la commune urbaine, le rond-point hôpital, et même le cœur du marché ressemblent parfois à des parcs à bêtes.

‘‘Ce phénomène s’explique bien par le fait que certains éleveurs n’ont toujours pas délocalisé leur troupeaux dans les villages comme d’autres l’ont fait. Cependant les troupeaux ne disposent plus d’un espace dans la commune urbaine’’, explique impuissant, un cadre de la préfecture.

En plus de la mauvaise image que donnent ces bêtes à la ville elles causent également d’énormes accidents et embouteillages.

‘‘Tout se passe devant le regard impuissant des autorités. La Fourrière ne joue point son rôle de lutte contre la divagation des animaux’’, se plaint un habitant.

Pour en savoir plus, notre rédaction est allée rencontrer la Fourrière.  Ce service semble avoir pris la clé des champs. Selon une source proche des services de sécurité : ‘‘faute de siège, les agents de  la Fourrière sont dispersés. Certains ont élu domicile à la gendarmerie, d’autres à la police. C’est à ces deux endroits que des bêtes prises dans la rue sont parfois acheminées.’’

Qu’à cela ne tienne, M. Barry, résident de la cité administrative de Kouroula, excédé par cette situation et accuse les autorités de laxisme. Lui qui se souvient d’avoir été victime d’un accident causé selon lui par une vache il y a quelques mois pense que ‘‘si les autorités de la ville assumaient pleinement leur rôle, Labé n’allait point connaitre une telle anarchie. Nous sommes quand même dans la capitale régionale du Foutah, il faut en tenir compte !’’

Les propriétaires des troupeaux que nous avons rencontrés sont très allergiques à la question : ‘‘ Qu’on nous montre où vont vivre nos animaux !’’ lancent-ils, quand ça leur dit de répondre.

En attendant L’image de Labé, la belle ville est ternie par les bêtes errantes.

Alpha Ousmane Bah, correspondant à Labé

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