Ce lundi matin, Labé se réveille avec une morosité.  La journée est officiellement ‘‘chômée et payée’’ mais certains pensent que ce sont des signes avant-coureurs de la grève projetée par le mouvement syndical.

Au marché central de Labé, boutiques et magasins sont fermés l’image renvoie à une ville morte ce lundi 5 janvier. Cependant, l’administrateur du marché, M. Tely Bah, est présent. Il dit être ‘‘obligé de sillonner le marché pour empêcher que des inconnus s’attaquent aux magasins ou aux boutiques’’.

Certains citoyens rencontrés à travers la ville affichent un soutien aux syndicats ‘‘la grève aiguisera la conscience du gouvernement par rapport à la souffrance des travailleurs avec un salaire de misère’’, a soutenu M. Diallo, marchand, avant de reconnaitre qu’une ‘‘grève impacte négativement le quotidien des Guinéens, mais c’est une bonne chose pour faire fléchir  le gouvernement’’.

Pour M. Baldé, travailleur du gouvernorat: ‘‘Le fait que je ne suis pas allé au bureau ne s’explique pas par un respect du mot d’ordre de grève des syndicats. C’est à cause du férié, sinon je serais au bureau, je ne suis pas contre la grève. Mais c’est quand je verrai le bien-fondé de la grève que je l’observerai.  Dès demain, je serai à la montée des couleurs à 7heures 45.’’

Souleymane Keita cadre à la direction préfectorale de l’environnement  soutient la grève mais estime qu’elle n’est pas opportune maintenant : ‘‘je suis partant pour la grève. Comme il est reconnu au travailleurs de la faire quand ils se sent mal entretenu, je suis d’avis, l’essentiel c’es de savoir quand il faut déclencher une grève ou pas, je pense avec l’état d’urgence sanitaire et l’épidémie qui  frappe fort nous devons avoir une compassion  à l’endroit des victimes de la maladie et du gouvernement qui use de tous les moyens pour freiner l’épidémie, donc faire une grève sur tous les problèmes que le pays traverse est une façon de mettre la Guinée entre deux feux. Je ne pense pas qu’on peut obtenir gain de cause actuellement, je souhaite que le mot d’ordre soit suspendu jusqu’à l’éradication définitive d’Ebola en Guinée, en ce moment je serai en tête dans les revendications.’’

Alpha Ousmane Bah