Le Directeur préfectoral de la Santé

Les tradi-praticiens ou tradi-thérapeutes ne passent plus inaperçus à Labé depuis un certain temps. Certains parmi se présentant comme des héritiers d’un métier transmis par des grands parents d’autres jurent au nom de Allah guérir à partir du saint Coran. Ils disent tous éloigner du patient les mauvais sorts à l’origine des maladies ; ils prétendent aussi soigner toutes sortes de maladies qui défient la médecine moderne (stérilité, impuissance sexuelle, rhumatisme, etc.)

A Labé, ils sont présents dans les medias surtout la radio où ils font des émissions en direct mais aussi passent communiqués et publicités. Leur succès est total. Ces vedettes sillonnent la région avec des véhiculent surmontés de haut-parleurs pour donner ‘‘des solutions aux problèmes de santé de la population’’. Le hic est qu’ils ne sont tous pas reconnus par l’Etat. Autant dire que nombreux d’entre eux font des activités illégales. Pour en savoir davantage, nous avons interrogé le docteur Hady Diallo, directeur préfectoral de la santé de Labé.

Guinee7.com : Les guérisseurs traditionnels deviennent incontournables à Labé, pire un bon nombre d’entre eux exercent dans l’illégalité, qu’en dites-vous ?

Docteur Hady Diallo : Effectivement nous avons certains tradi-thérapeutes reconnus par nos services. Mais ils sont peu nombreux.  J’avoue que si certains ont les papiers d’autres sont en train d’évoluer dans la préfecture sans notre avis et en toute illégalité.

Et vous n’avez pas pris des mesures pour interdire aux clandestins leurs activités sachant que le risque est grand ?

C’est vrai que nous devons travailler seulement avec ceux qui sont agréés. Cette année même on a fait une supervision générale de ces prestataires. Nous avons été dans  5 à 6 cliniques de tradi-thérapeutes. Nous avons discuté avec eux et revérifié tous les papiers. Par contre il y a aussi chez nous la pharmacie parterre qui n’est pas moins dangereuse. Elle n’est aussi pas autorisée par l’EEtat. Mais c’est aux yeux de tous que ces vendeurs de médicaments inondent le marché. C’est comme ça aussi qu’il existe des cliniques clandestines traditionnelles ou modernes. Nous pensons que des mesures vont être prises justement pour éradiquer ce phénomène dans le secteur sanitaire du pays.

Selon nos enquêtes, de nombreux patients ont vu leur état de santé se dégrader après l’intervention des tradi-thérapeutes…

Je pense que c’est une question de sensibilisation que nous devons mener ensemble. Aujourd’hui au non de la liberté dans ce pays on ne peut interdire à quelqu’un d’aller vers ces structures. Le plus souvent les patients font confiance aux guérisseurs. Seule la sensibilisation peut faire comprendre qu’il ne faut pas aller vers ces gens qui ne sont pas reconnus par le service national de la médecine traditionnelle. Avec ce phénomène nous avons assez de problèmes. C’est vrai que l’Etat fait beaucoup avec la politique ‘’Médicaments pour tous’’ en rendant les choses plus faciles pour le citoyen, le traitement de plusieurs maladies est gratuit de nos jours. Mais reconnaissons aussi à certains niveaux le laxisme. Je ne vois pas la raison de quitter le cadre normal de soins pour se diriger vers quelqu’un qui est sorti de nulle part. Donc il faut que les gens acceptent de comprendre que la santé ne se négocie pas.

Alpha Ousmane Bah

 

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