Depuis  ce jeudi 30 Mai 2019, l’université de Labé est en mouvement. Les étudiants protestent contre une décision du chef de département de sociologie qui exige la présence physique de deux de leurs camarades -accidentés le mois dernier dont un, ayant déjà sa jambe amputée-, pour des fins d’évaluations. Les échauffourées ont causé plusieurs dégâts matériels et fait plusieurs blessés et un mort rapporte le correspondant de Guinee7.com

Après la journée de jeudi qui elle, était pacifique, les étudiants de l’université de Labé, sont rentrés dans la journée de ce vendredi 31 Mai dans la 2ème journée de protestation.  Ces mouvements sont en guise de solidarité à leurs camarades malades alités à Conakry, auxquels on exige la présence physique pour valider une matière.

Les étudiants malades en question, Mohamed Thiam, Mamadou Saliou Makalé inscrits en L3 Sociologie ont informé leurs camarades la décision de leur chef de département Mamadou Benthé qui exige qu’ils soient à Labé pour valider la matière faute de quoi, ils n’obtiendront pas leurs diplômes de Licence.

Selon Mohamed Thiam dont la jambe est amputée qui s’est prêté à nos questions, son chef de département Mamadou Benthé a soutenu que cette décision était du rectorat de l’université de Labé. Sauf que le rectorat nous a confié n’être point associé à ladite décision. Et que c’est cette décision qui est à l’origine de la manifestation des étudiants. Ce vendredi 31 Mai, la seconde journée de manifestation qui était pacifique au départ, a tourné aux affrontements dans un premier temps, entre les étudiants qui jetaient des pierres sur le rectorat, et le poste armée (PA) qui était sur place. Face à la colère des manifestants qui ne faisait que monter, la Gendarmerie mobile N°8 et la Compagnie Mobile  d’Intervention et de Sécurité (CMIS) ont été appelées en renfort. L’arrivée de ces deux unités ne fera qu’empirer les choses.  Les étudiants détruisent plusieurs biens mobiliers. De la salle informatique, en passant par les guichets de paye, le cyber, le laboratoire électronique et les bureaux du service en charge de la gestion des dortoirs, les dégâts sont énormes.

Sept étudiants, dont une fille ont été blessés dans ces accrochages avec les  forces de sécurité ; quatre parmi eux avaient été arrêtés, avant d’être libérés grâce à l’implication du recteur. Côté forces de sécurité, trois gendarmes ont été blessés ; un parmi eux a perdu une dent.

Chez les étudiants, Amadou, étudiant en L2 Informatique,  passé à tabac par les forces de sécurité avait été admis d’urgence à la salle de réanimation de l’hôpital régional de Labé peu avant 13 heures. Entre 18heures et 19 heures, il succombera à ses blessures. L’annonce de sa mort a été une très grande discrétion entre les autorités administratives, sanitaires, celles de l’université, et les services de sécurité de la place. Au fil du temps, la nouvelle de la mort du jeune étudiant se répandit et ses amis et professeurs  devenaient de plus en plus nombreux dans l’enceinte de l’hôpital régional de Labé. Sur place, les médecins tentaient de faire croire à ses proches que le jeune était toujours vivant et qu’ils étaient sur le point de l’évacuer sur Conakry. Au même moment du côté de Hafia, les étudiants, à 21h30 recommençaient déjà à barricader la route nationale Labé-Conakry et un contingent de gendarmes se dirigeait vers les lieux. Pendant ce temps, le gouverneur de la région administrative de Labé, Elhadj Madifing Diané, a convoqué une réunion d’urgence au gouvernorat  où étaient conviés outre son cabinet, le préfet de Labé, Elhadj Safioulahi Bah, le recteur de l’université de Labé, Elhadj Mamadou Dian Gongoré Diallo, le commandant de la 2ème région militaire, le Directeur Général de l’hôpital, le commandant de la gendarmerie régionale et le directeur de la Sûreté régionale. Après plus de trois heures de conclaves la réunion a été suspendue sans que la moindre information ne filtre à la presse.

Mohamed Samoura pour Guinee7.com  

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