Lors de l’ouverture de son procès, ce mardi à Labé, Abdourahmane Bakayoko, leader des Démocrates guinéens, a cité le chanteur Alpha Blondy ‘‘la démocratie du plus fort est toujours la meilleure’’.

Avant de préciser que depuis son arrestation, les avocats qu’il aurait contactés refusent de prendre sa défense de peur de perdre leur vie ou leurs voitures. D’ailleurs, ajoute-il: ‘’la présence d’un avocat ou non ne changera en rien mon sort dans ce procès’’

Après lecture des charges d’injures et diffamations à l’endroit du président de la République, l’accusé Bakayoko profite pour accuser ouvertement le régisseur de la prison, le capitaine Sylla Bekaye,  de vouloir le tuer en le soumettant à des conditions de détention atroce.

Le jeune  leader qui se présente à la barre comme un journaliste, trouve l’origine de cette ‘‘dure détention’’ dans la publication dans la presse d’une lettre où il explique sa vie carcérale.

Selon ses explications devant le juge, on l’aurait transféré depuis cette publication, d’une cellule de 17 personnes à une autre de 43. ‘’Je suis faible là où vous me voyez.  Depuis lundi matin je n’ai pas mangé. Parce que, je ne mange pas n’importe quoi alors qu’on me refuse le repas venu de ma famille’’, déclare t-il.

Une  dénonciation qui a poussé le procureur, Marcel Oularé et le président du tribunal, Mamadou Sagnan, de demander au régisseur de corriger les conditions de détention si les déclarations du prévenu étaient fondées.

A la fin, le tribunal a renvoyé le procès pour le jeudi prochain. Une décision, pas du goût de Bakayoko. ‘’Non, je ne suis pas d’accord. Le renvoi est une façon de me sanctionner par rapport à la dénonciation que je viens de faire avec insistance’’, dit-on, apparemment énervé.

Le président du tribunal lui a intimé l’ordre de rejoindre le banc des accusés avant d’expliquer sa décision par des raisons de sécurité.

C’est sous une haute surveillance policière de la CMIS que Bakayoko a rejoint la Maison centrale ce mardi, aux environs de 11h.

Selon une source proche du dossier,  c’est  de Conakry on aurait appelé pour demander la suspension du procès pour éviter tout risque de débordement. Un haut responsable de la sécurité dans la région aurait signifié vu son effectif réduit ne pas pouvoir assurer la sécurité en cas de débordement.

Alpha Ousmane Bah

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