L’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principale formation politique de l’opposition guinéenne pourrait connaître une descente aux enfers, suite aux violences survenues devant son siège le vendredi dernier, entrainant la mort par balle du journaliste Elhadj Mohamed Diallo. Pour maints observateurs,  le fait que Cellou Dalein Diallo et Bah Oury n’ont pas su raison garder, dans leur guerre de leadership, jusqu’à ce que la situation dégénère en affrontement mortel, risque d’écorner non seulement l’image du parti, mais aussi de lui coûter des sanctions de la part du gouvernement, à travers le département de l’Administration du territoire, qui assure la tutelle des formations politiques.

L’assassinat du reporter Elhadj Mohamed Diallo a provoqué une véritable indignation au sein de la presse guinéenne. Pour exprimer leur colère contre ce crime abominable, les professionnels des médias ont organisé une marche blanche lundi dernier et une « Journée sans presse », le lendemain mardi.  Du côté de l’UFDG, c’est le silence radio, après les deux déclarations publiées par les deux camps rivaux, au lendemain du crime. Chacun des camps essayant à travers cette stratégie de rejeter la responsabilité sur l’autre. Ainsi la Direction nationale de l’UFDG, a dans sa déclaration,  informé les autorités guinéennes, l’opinion nationale et internationale que « Monsieur Bah Amadou Oury, en se   rendant  le vendredi 05 février 2016 aux environs de 16h30 au siège du Parti, était muni d’une arme à feu et était accompagné de loubards à l’effet de perturber la réunion du Bureau Exécutif.»  Et qu’au cours de  « l’altercation survenue sur les lieux, Bah Oury  a fait usage de son arme à feu devant plusieurs témoins et malheureusement, le jeune journaliste Elhadj Mohamed Diallo présent sur les lieux a été mortellement atteint par la balle. »

Bah Oury à son tour, va aussi charger « la  garde rapprochée de Cellou Dalein Diallo qui l’empêche d’accéder dans l’enceinte du siège, faisant usage d’une extrême violence. » Et que c’est dans la bousculade déclenchée, un des gardes qui se dénommerait Sow a tiré 3 coups de feux en leur direction. Ses balles ont malheureusement fauché un journaliste qui en est mort. Tout ceci s’est passé devant témoin dont un journaliste indépendant m’ayant suivi depuis mon domicile », selon Bah Oury.

Dans ce mano à mano, il reviendra aux enquêteurs d’éclairer la lanterne de l’opinion sur l’auteur du tir qui a coûté la vie à notre reporter. D’ailleurs au moment où nous mettions sous presse, nous avons appris l’interpellation de plusieurs éléments de l’UFDG, pour des fins d’enquête.

A défaut d’emporter l’Union des forces démocratiques de Guinée dans les creux de la vague, cette crise qui mine le parti, et qui a dégénéré en violences meurtrières, pourrait donner des arguments au ministère de l’Administration du territoire pour infliger des sanctions au parti de Dalein. Car dans le régime juridique des partis politiques, il est mentionné que tout parti politique qui  « porte atteinte à la sécurité des personnes et aux biens peut être suspendu». Un parti politique responsable de troubles graves à l’ordre public, peut donc être suspendu pour un délai imparti, par le département de l’administration du territoire, qui en a la compétence. Mais cette décision peut faire l’objet de recours devant le juge administratif.

Pour le moment on n’en est pas là. Et loin de nous de jouer les oiseaux de mauvais augure, nous tenons simplement à attirer l’attention des partis politiques sur leurs responsabilités qui est de structurer l’opinion publique au lieu d’alimenter le populisme et la violence.

Aliou Sow in L’indépendant partenaire de guinee7.com

 

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