Le président de la Maison des associations et ONG de Guinée, Lansana Diawara, a été, ce mardi 26 novembre, entendu par le procureur du tribunal de première instance de Dixinn, dans l’affaire de « diffamation », dont il est accusé par l’ancien ministre de la sécurité, Alpha Ibrahima Keira. A la suite de cette audition, l’activiste de la société civile est rentré à son domicile, bien que la procédure se poursuit, nous a confié son avocat.

Au Sortir du bureau du procureur, son conseil, Me Thierno Soueymane Barry, en compagnie de son client, nous a confié ceci : « comme vous le constatez d’arrachepied, depuis hier jusqu’à maintenant nous sommes autour de ce dossier, qui oppose le ministre Keira et mon client Lansana Diawara. Il s’agissait de diffamation par voie de presse et hier, nous étions venus ici pour être déférés devant le procureur et comme vous l’avez constaté, il était tard, on est revenu aujourd’hui à 11h puis à 14h. nous avons rencontré monsieur le procurer, accompagné de l’ensemble de ses substituts. L’audition de notre client a été faite autour du sujet. Et monsieur le procureur a décidé de maintenir la poursuite contre notre client, monsieur Lansana Diawara, mais par la voie de la citation directe et sur la base de loi sur la liberté de la presse. Et vous savez très bien que c’est grâce à vous que nous avons de plus en plus eu cette victoire. »

Et de détailler, « en diffamation, dès lors que le moyen de diffusion est par voie de presse, on ne peut plus employer le code pénal. Vous savez une règle de base c’est que, lex specialis derogat generali. Donc en présence d’une loi spéciale, la loi générale n’a pas application. Donc il l’indique et comme le dispose la loi sur la liberté de la presse, le parquet a 20 jours francs, donc excepté pour faire état. Mais on sait très bien que cette affaire peut ne pas aller jusqu’à ce niveau-là. Elle peut si jamais et comme ça se doit, le plaignant voyant très bien que monsieur Lansana Diawara est de bonne foi, il n’a fait que reprendre, vous-même vous avez témoigné dans l’ensemble de vos publications, rien ne l’empêche de ne pas se retourner sur cette cause, qui en fait ne va pas loin. Nous sommes en Guinée, monsieur Lansana Diawara coordonne une plateforme qui a un programme de veille citoyenne, donc il n’y a pas de haine contre personne. Voilà ce qui s’est passé. Donc il rentre libre chez lui. »

A propos de ce qui signifie la citation directe, il a précisé que : « ça signifie que c’est un procureur qui poursuit. Vous savez la loi sur la liberté de la presse ne parle pas d’instruction, il n’y a pas de peine d’incarcération avec la loi sur la loi de la liberté de presse. On t’envoie une citation, vous vous présentez directement à l’audience. Mais nous osons espérer qu’on ne va pas arriver là. »

A rappeler qu’hier son avocat, qui disait ne pas savoir ou son client a été amené, criait à « la destination inconnue ».

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com