L’attentat de Paris ou la crise d’humanité (Par Ibrahima Sanoh)

Notre monde est celui des antagonistes et des contradictions indicibles.   Chacun défend son intérêt. Certains,  une poignée d’hommes et de femmes, se réclament des  avocats de Dieu. Ils disent militer sur sa voie, mais en toute injustice. Ils tuent ceux qui témoignent  l’existence et l’unicité de celui qu’ils prétendent défendre. Ils tuent ceux qui  nient  la raison de leur combat : Dieu. Ils tuent, tous. Et encore  pis, les innocents.   D’autres plus nombreux, lorsque  la minorité cruelle accomplit son ignoble  besogne  de démolition des rêves, se livrent à des indignations sélectives.

Notre monde m’effraie .Et  à chaque fois, je découvre qu’il m’est inconnu.  Il m’effraie non pas du fait des idéologies, obédiences et intérêts antagonistes qui le caractérisent. Il m’effraie du seul fait de la contradiction des hommes et femmes qui le peuplent.  Piètres rhétoriqueurs et médiocres défenseurs de Dieu, comment peut-on  inviter les autres, citoyens, libres , à ne pas s’indigner quand les innocents sont victimes des criminels ?  L’alibi que le pays des innocents  tués  est en guerre dans d’autres pays est-il consistent  pour s’empêcher une telle commisération ?

Les innocents sont partout les mêmes qu’ils soient tués  par les puissances armées ou par les soi-disant soldats de Dieu.  Mais devrais-je le dire, cela n’est qu’aux yeux des gens libres, en cohérence avec eux et leurs valeurs.   D’autres font l’indignation  sélective.  Ils disent qu’ils ne peuvent jamais   s’indigner du meurtre de centaines d’innocents. Ils disent le faire pour ceux qui  le mérite, ceux de leur religion. Mais quand le noir de la même religion est tué, ils ne disent rien.  Ils sont outrés quand d’autres de la même religion sont tués. Cela  s’appelle le  racisme. Et dans une religion tous sont censés être des frères. Mais quelqu’un qui n’a pas pleuré son frère va-t-il pleurer un autre ?  C’est une question d’humanité !

Je condamne les attentats de Paris et adresse mes condoléances aux familles éplorées .  Mais comment les humains sont –ils en arrivés à faire la part des bonnes et mauvaises  victimes, à pleurer certaines et à ignorer d’autres plus nombreuses ?  Le terrorisme est partout le même,   bien que celui d’Etat fasse plus de victimes innocentes : lâcheté !   Les pauvres  innocent ont payé le lourd tribut de la  vie et du sang au Nigéria , au Cameroun , au Tchad , au Kenya , en Syrie , en Iraq , j’en passe et bien des meilleurs .Ils  y perdent encore , espoir et vie .  Mais pourquoi la lâcheté n’a jamais valu  autant d’indignation ?   Les victimes  des riches sont les plus pleurées et cela à toujours été le cas.  L’humanité se meurt. Le monde est en danger.

Si les vies se valent, les indignations doivent être les mêmes quand les vies et rêves sont brisés . Autrement les lâches   sont incités à en commettre plus de crimes là où les vies sont  les plus chères et sacrées.

                                                                                          Ibrahima Sanoh

                                                                                        Citoyen guinéen  

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