Washington, DC : Le 21 juin 2021, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu la consultation au titre de l’article IV [1] avec la Guinée.

Bien que la croissance globale ait été forte, à 7,1% du PIB en 2020, soutenue par un secteur minier dynamique, l’économie non minière – qui emploie la grande majorité de la population – a été fortement touchée par la pandémie de Covid-19. L’inflation a dépassé 10 % à la fin de 2020 et s’est depuis accélérée pour dépasser les 12 %, en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires et des taux de fret associés aux ruptures d’approvisionnement liées au COVID-19, ainsi que de l’impact des politiques de réponse à la pandémie . Le déficit du compte courant a augmenté pour atteindre 13,7 % du PIB, les importations de services de gestion, de fret et de télécommunications ayant augmenté, compensant la forte croissance des exportations du secteur minier. Les réserves ont continué d’augmenter, en partie grâce au soutien des donateurs pendant la pandémie, atteignant 1,3 milliard de dollars à la fin de 2020. Le déficit budgétaire a atteint près de 3 % du PIB, reflétant la mise en œuvre du plan de réponse à la crise des autorités pour augmenter les dépenses de santé et soutenir les ménages vulnérables et le secteur privé et que l’amélioration de la production minière ne s’est pas traduite par une augmentation des recettes fiscales. En conséquence, la dette publique a augmenté à 43,4%, reflétant également le premier décaissement du prêt important pour le projet de barrage de Souapiti. La politique monétaire a été accommodante, ce qui, conjugué à des mesures réglementaires accommodantes, a contribué à soutenir l’offre de crédit à l’économie. La crise a détérioré des indicateurs sociaux déjà faibles. En plus d’un pic de cas de COVID-19 en avril 2021, la Guinée a également été confrontée à un défi de santé supplémentaire en raison d’une nouvelle épidémie d’Ebola en février 2021, heureusement localisée. Les autorités guinéennes et l’OMS ont déclaré la fin de l’épidémie d’Ebola le 19 juin.

La croissance réelle devrait rester forte en 2021, à 5,2 %, soutenue par la poursuite d’une croissance robuste dans le secteur minier, et aggravée par une reprise progressive du secteur non minier. L’inflation devrait rester au-dessus de l’objectif à un chiffre de la BCRG tout au long de l’année. Les risques sont orientés à la baisse, reflétant principalement le potentiel d’une intensification de la pandémie de COVID-19. Les chocs sur les prix des matières premières sont une autre source importante de vulnérabilité. D’autres risques externes incluent une disponibilité réduite du financement des donateurs et des tensions géopolitiques accrues. La Guinée est également de plus en plus vulnérable au changement climatique. Du côté positif, l’activité minière pourrait augmenter plus rapidement que prévu. La mise en œuvre accélérée des activités d’investissement, en particulier le projet de minerai de fer de Simandou, donnerait également une impulsion significative à la croissance.

Évaluation du Conseil d’administration [2]

Les directeurs exécutifs ont approuvé l’orientation de l’évaluation du personnel. Ils ont félicité les autorités pour leur réponse rapide à la pandémie de COVID-19, qui a eu un impact considérable sur l’économie non minière et les résultats sociaux. Les administrateurs se sont félicités de la croissance résiliente de la Guinée en 2020 et ont noté les perspectives favorables à court terme, sujettes à des risques à la baisse. Ils ont souligné que la mise en œuvre du plan de vaccination et le maintien d’un soutien ciblé aux ménages et aux entreprises vulnérables restent des priorités clés. Les administrateurs ont souligné la nécessité de diversifier l’économie et d’assurer une croissance plus inclusive, équilibrée et durable au fil du temps.

Les administrateurs ont encouragé la poursuite des efforts visant à créer un espace budgétaire pour les investissements dans les infrastructures, le capital humain et la protection sociale. Ils ont souligné l’urgence de la mobilisation des recettes intérieures, en particulier du secteur minier. Plus précisément, ils ont recommandé de lutter contre les risques de transfert de bénéfices liés aux prix de transfert erronés, d’appliquer pleinement le Code minier aux nouveaux contrats, de minimiser les exonérations fiscales et d’adopter le Code général des impôts. Les administrateurs ont appelé les autorités à améliorer l’efficacité des dépenses et à éliminer les subventions à l’énergie. Ils ont également encouragé les autorités à continuer de renforcer la gestion des finances publiques et de maintenir des politiques prudentes d’emprunt extérieur, en optimisant le recours aux financements concessionnels et aux dons pour préserver la viabilité de la dette.

Les administrateurs ont souligné la nécessité de lutter contre la hausse de l’inflation, notamment en accélérant le remboursement des avances de la banque centrale. Ils ont encouragé les autorités à limiter le financement monétaire du budget et à poursuivre la modernisation du cadre de la politique monétaire, en mettant l’accent sur une gestion plus active des liquidités et une communication plus claire des objectifs monétaires. Les administrateurs ont également souligné que la flexibilité du taux de change aiderait à constituer des réserves et à absorber l’impact des chocs. Ils se sont félicités de la politique transparente d’intervention en matière de change et de sa contribution au rééquilibrage extérieur.

Les administrateurs ont encouragé de nouveaux efforts de diversification, en accordant la priorité aux mesures visant à renforcer le climat des affaires et le secteur financier, à promouvoir la numérisation et à stimuler le développement du capital humain. Ils se sont félicités des récentes améliorations en matière de gouvernance et ont encouragé les autorités à continuer de renforcer le cadre de lutte contre la corruption, notamment en adoptant et en mettant en œuvre rapidement la stratégie nationale et le régime de déclaration de patrimoine.

Il est prévu que la prochaine consultation au titre de l’article IV avec la Guinée se tiendra selon le cycle standard de 12 mois.

Figure 1. Guinée : Principaux indicateurs économiques et financiers, 2019-22
2019 2020 2021 2022
Acte. Prél. Proj. Proj.
Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire
Comptes nationaux et prix
PIB à prix constants 5.6 7.1 5.2 6.1
Exploitation minière 9.4 34,6 7.7 7.1
Non minier 4.9 1.3 4.5 5.8
Déflateur du PIB 9,9 10.7 11.3 9.7
PIB aux prix du marché 16.2 18.6 17,0 16.4
Prix ​​à la consommation (moyenne)
Moyenne 9.5 10.6 11.6 9,9
Fin de période 9.1 10.6 11.3 9,9
Secteur extérieur
Exportations, fob (termes en $ US) -0,8 126,4 0,6 -9,8
Importations, fab (termes en $ US) -21.1 76,0 -4.7 -16,4
Taux de change effectif moyen (amortissement -)
Indice nominal 2.4 -2.4
Indice réel 9.3 5.9
Argent et crédit
Avoirs extérieurs nets¹ 10.5 8.6 7.9 10.8
Actifs intérieurs nets¹ 12.4 15.3 5.1 7.0
Créances nettes sur le gouvernement¹ 4.0 18.3 0,6 3.2
Créances nettes sur l’État¹, excl. recapitalisation 4.0 17.4 -1.1 2.4
Crédit au secteur non gouvernemental¹ 8,9 3.2 4.5 4.7
Réserver de l’argent 16,6 19.2 12.2 13.4
Monnaie au sens large (M2) 22,9 23,0 13.7 17.8
Pourcentage du PIB, sauf indication contraire
Finances de l’administration centrale
Recettes totales et subventions 14.4 12.8 14,9 14.7
Revenu 13,9 11.8 13.2 14.1
Dont : Recettes non minières 12,0 10.2 11,5 12.2
Subventions 0,5 1,0 1.7 0,5
Dépenses totales et prêts nets 14,9 15.7 17.1 17.6
Dépenses courantes 11.1 12.4 11.8 11.3
Dont : Paiements d’intérêts 0,5 0,7 0,9 0,9
Investissements et prêts nets 3.7 3.2 5.2 6.1
Solde budgétaire global
Y compris les subventions -0,5 -2.9 -2,2 -2.9
Hors subventions -1.0 -3.9 -3.9 -3.4
Solde budgétaire de base 0,6 -1.4 -0.1 0,6
Solde du compte courant
Y compris les transferts officiels -10,8 -13,7 -9.3 -11.6
Hors transferts officiels -11.0 -14,3 -10,0 -11.6
Balance globale des paiements 1.9 -0,9 0,6 1.1
Articles pour mémoire :
Exportations, biens et services (millions de dollars US) 4 130,8 8 996,0 9 012,6 8 134,6
Importations, biens et services (millions de dollars EU) 5 026,9 9 938,4 8 888,8 7 679,6
Balance globale des paiements (millions de dollars EU) 257.8 -131.0 100,7 204,8
Avoirs extérieurs nets de la banque centrale (millions de dollars EU) 843,3 948,5 1 273,9 1 645,1
Réserves brutes disponibles (mois d’importations)² 2.1 2.2 2.4 2.5
Dette publique extérieure, incl. FMI (pourcentage du PIB) 19,9 25,8 28,6 30,9
Dette publique totale, incl. FMI (pourcentage du PIB) 38,0 43,4 43,3 42,9
PIB nominal (milliards GNF) 124 109 147 188 172 280 200 493
Sources : autorités guinéennes ; et estimations et projections des services du FMI.
En pourcentage de la masse monétaire au sens large au début de la période.
² En mois d’importations des années suivantes, à l’exclusion des importations liées à l’or artisanal. Les rapports antérieurs des services ont fait état d’un taux de couverture utilisant les importations nettes de biens d’équipement.

[1] En vertu de l’article IV des Statuts du FMI, le FMI tient des discussions bilatérales avec ses membres, généralement chaque année. Une équipe d’employés visite le pays, recueille des informations économiques et financières et discute avec les responsables de l’évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, le personnel prépare un rapport, qui constitue la base de discussion du Conseil d’administration.

[2] A l’issue de la discussion, le Directeur Général, en sa qualité de Président du Conseil, résume les vues des Administrateurs Exécutifs, et cette synthèse est transmise aux autorités du pays. Une explication de tous les qualificatifs utilisés dans les résumés peut être trouvée ici : http://www.IMF.org/external/np/sec/misc/qualifiers.htm .

Département de la communication du FMI