L’actualité politique est assez animée en république de Guinée, malgré la présence de la pandémie du covid-19, qui poursuit sa propagation. Entre autres sujets à la une, les menaces de reprise des manifestations de rue du FNDC, la réponse du berger à la bergère du gouvernement à propos, mais aussi des éventualités pour une candidature de l’actuel chef de l’Etat pour briguer un nouveau mandat. Nous évoquons ces sujets avec le politologue Kabinet Fofana, dans l’interview ci-dessous.

Guinée7. M. Fofana après l’adoption par référendum le 22 mars dernier d’une nouvelle constitution, le FNDC dont l’élan de lutte a été freiné par le covid-19, compte reprendre les manifestations de rue les jours à venir. Que devrait-on comprendre dans cette démarche ?

Kabinet Fofana. Comme vous l’avez tantôt signifié, au vue du contexte sanitaire, le FNDC avait suspendu ses manifestations de rue. Ce répit par contre n’ayant pas empêché la promulgation de la nouvelle constitution a sûrement été perçu par les partisans du FNDC comme une capitulation. D’autre part, la reprise des manifs est déterminée par l’arrestation de quelques leaders. Il faut donc en comprendre la volonté d’assouvir une opinion publique favorable à l’engagement du front national pour la défense de la constitution dont il ne faudrait point perdre l’assentiment et bien entendu il y a aussi qu’il faut pour le front de résolument empêcher une éventuelle candidature du sortant Alpha à l’aune du calendrier électoral qui pourrait connaître un glissement.

Dans un contexte sanitaire tel que nous le vivons aujourd’hui ? Le FNDC peut-il tenir ce pari ?

Il va être difficile qu’il réussisse, s’il maintient le même modus operandi ! Pour deux raisons. Premièrement, on est face à une réalité épidémique qui prend au fur et à mesure de l’ampleur du fait du taux élevé de contamination et de contagiosité de la maladie. Ce facteur peut dissuader le maximum de gens à se mobiliser. Deuxièmement, c’est l’interdiction qui est faite par le gouvernement des rassemblements, c’est un argument de mieux pour les services de sécurité d’empêcher des manifs. Le FNDC devrait éviter d’être en mal avec l’opinion publique en ne s’inscrivant pas dans une logique qui consiste à justifier la reprise des manifs par le fait que le gouvernement ait tenue les élections en mars dernier alors qu’il avait été annoncée l’apparition du virus. Il doit réfléchir à d’autres répertoires d’actions qui prennent en compte le contexte sanitaire.

Vous avez laissé entendre quelque part que le front est dans une logique d’empêcher une éventuelle candidature d’Alpha Condé. Pour le principal concerné, est-ce une éventualité à explorer ? Si oui est-ce opportun ?

Plus généralement, l’expérience montre que les changements constitutionnels opérés en fin de mandats sur le continent, l’ont été dans le seul dessein de permettre aux présidents sortants de se présenter à nouveau. De notre point de vue, le président Alpha Condé devrait démentir cette réalité en s’inscrivant dans une alternance apaisée, ce qui couronnera de succès son très rempli parcours politique. Entre 2020 et 2021, près de 16 pays africains organiseront des élections générales ou présidentielles, nous souhaitons que ces consultations soient les plus apaisées et répondent aux exigences démocratiques.

Merci d’avoir répondu à nos questions !

Merci !

Entretien réalisé par Alpha pour Guinée7

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