Depuis un certain temps, une créature loufoque, faite de bric et de broc, de déçus et de frustrés, de vieux renards insatiables et de petits carnassiers aux yeux plus gros que le ventre, rythme périodiquement nos journées, à coups de slogans creux, d’annonces surfaites et autres méthodes dignes des plus grands propagandistes.

Par la force des choses et la naïveté d’une partie du « peuple » frappé d’amnésie – et surtout d’analphabétisme ! -, ce Front qui est tout sauf national,  prétend défendre une Constitution qui s’est affalée le 22 Mars 2020 sous les coups de canif de pontes d’un régime, incarné par un homme qui cristallise tout leur mécontentement : Alpha Condé. La Défense de la Constitution (de 2010) les oblige à déglutiner des couleuvres, dans une spirale qui les fait tourner en rond, et sur eux-mêmes, comme des toupies !

Il faudrait être sacrément naïf pour espérer une victoire hypothétique de ceux qui comptent sur les pneus brûlés, les buzz éphémères et les insultes sur les réseaux sociaux, pour faire plier ceux-là qui, en 2010, entraient à grandes pompes dans le miel du pouvoir. Dès lors, dire qu’ils ne sont pas prêts à le lâcher est la définition même de l’évidence !

Dix ans après, que de quantité d’eau a coulé sous les ponts, que d’erreurs commises par les nouveaux venus, que de promesses non tenues, parfois dans une désinvolture qui frise la moquerie ! Mais la vision des leaders de ce qui est devenu le FNDC et ses ouailles, dramatiquement focalisée sur des querelles crypto-personnelles, souvent sans intérêt réel pour les laborieuses populations, avec en ligne de mire des individus moqués pour ce qu’ils sont ou tournés en bourrique dans un jeu enfantin et pathétique, n’a jamais réussi à se sublimer pour offrir à ce « peuple » une alternative crédible, sérieuse et structurée. C’est d’ailleurs à ce niveau qu’il faudrait voir la source de tous ces échecs d’un FNDC, toujours prompt à lancer les tops (bruyants) de départ qui débouchent inévitablement sur des flops retentissants, les macchabées en plus. Hélas !

Sans identité claire, écartelé entre politiciens connus et « société civile » de… politiciens, sans méthodes unanimement acceptables, sans cette patience légendaire qui a fait la gloire de grands hommes comme Nelson Mandela, Mahatma Ghandi et tous ceux qui avaient un vrai projet pour leur « peuple », comment peut-on penser, dans les conditions actuelles, bousculer un régime disposant de tous les leviers du pouvoir et qui n’hésite pas à se défendre avec vigueur ? Comment peut-on d’ailleurs amorcer une approche stratégique chaotique en annonçant « le départ d’Alpha Condé du pouvoir » et espérer autre chose qu’une soupe à la grimace ? Comment peut-on, obstinément, refuser le dialogue, déserter l’assemblée nationale, se contenter de s’accrocher à ce qui vous reste à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), montrer les signes d’une affligeante impréparation et espérer attirer la confiance de populations qui, après les soubresauts vécus chez les voisins, connaissent parfaitement le prix de la paix ? Il apparait là, clairement, les limites au-delà desquelles, le « peuple » n’est pas prêt à suivre d’anciens dignitaires qui, sur un coup de vent, ont décidé de troquer leurs grands boubous amidonnés contre les casquettes rouges du FNDC.

Il est tout de même navrant de constater que ceux qui veulent le « changement » ne comprennent toujours pas qu’on ne fait pas la politique avec le vide des mots creux, en distribuant insultes et gourdins, là où une préparation méthodique aux différents scrutins permet de changer l’histoire sans casse et sans violence. Si on est de bonne foi, si on ne mène pas un vil combat d’arrière-garde, agir subtilement sur les institutions, sur la société et sur le pouvoir, patiemment, progressivement, pour imposer des valeurs éthiques et morales, est la voie la plus sûre et la plus sage pouvant permettre à ce pays de sortir des affres de la médiocrité, de la surenchère verbale et du tâtonnement. Car, au milieu de cette cacophonie hallucinante, où le plus excentrique et le plus volubile a fini par se convaincre qu’il a raison, le « peuple », disposant encore de son bon sens, sera toujours là pour faire les choix prudents qui s’imposent à lui, sans se soucier des humeurs et des prétentions personnelles de leaders qui, au finish, brassent de l’air.

Babou Camara pour guinee7.com