Pour des raisons d’Etat ou pour des besoins de survie, par nature, que ce soit en Guinée ou en Papousie Nouvelle Guinée, tous les pouvoirs publics usent voire abusent de la manipulation, distillent parfois des demi-vérités, aux yeux de puritains. Du point de vue moral, on ne peut que s’en offusquer mais n’est-ce pas la nature même du pouvoir de prendre des décisions les plus pertinentes, parfois même immorales, si au finish l’intérêt public est préservé ?

Il est cependant beaucoup moins courant, en raison d’une posture vertueuse, affichée sous un grand boubou et derrière des lunettes noires, et des grands principes éthiques et moraux qu’ils veulent afficher, que les adversaires d’un régime usent de manœuvres les plus sordides et surtout du mensonge éhonté pour parvenir à leurs fins. Quand cela se produit, quand le mythomane est pris sur le fait, comme le très volubile Ousmane Gaoual l’avait été au début des manifestations du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), avec son affligeante histoire de drones imaginaires voltigeant dans son esprit créatif (pour révéler « la face des assassins »), cela donne à réfléchir. Que pourrait être, une fois au pouvoir, l’attitude d’un bonimenteur sans scrupules, d’un faussaire digne d’un escroc d’un médiocre film de série B, plastronnant dans les assemblées générales des partis d’opposition ?

Empêtré dans ses « Constitutions » à défendre, le trop fumeux FNDC a, dans la semaine, créé un grand buzz en affichant, sur les réseaux sociaux et dans la presse, une « lettre » rédigée en anglais svp, censée avoir été adressée, comme par miracle, par la Présidente de l’Union interparlementaire (IPU) himself à… son coordinateur, l’ancien ministre Abdourahmane Sano (on espère que la langue de Shakespeare ne l’incommode pas trop !). Cette « correspondance » ne remettait pas seulement en cause une invitation adressée à l’actuel président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara ; elle actait « l’isolement » du parlement guinéen et par ricochet portait curieusement au pinacle, un homme (Sano) qui n’était élu nulle part en Guinée, même chef, pardon « Seffe » de quartier…

Evidemment, la « nouvelle » a tout de suite fait les choux gras de journaleux à la petite semaine, politicards en mal d’inspiration et autres perroquets de service. Le « monstre » (NB : il est présenté comme tel par le FNDC !) Damaro était pris la main dans le sac, en flagrant délit de manipulation ! Le président de l’Assemblée nationale « illégale et illégitime » – pour reprendre un disque rayé -, cherchait une reconnaissance  et tutti quanti ! Suprême erreur, que nous avons d’ailleurs dénoncée dans nos colonnes, la personnalité numéro 2 du régime guinéen, a pris sa plume pour… demander des explications à l’IPU ! La coupe était pleine.

Mais le diable est toujours logé dans le détail et ressort toujours par des orifices qu’on n’imagine même pas. Car en dépit du silence coupable d’Abdourahmane Sano, les esprits avertis avaient déjà émis des réserves sur l’authenticité d’une telle « lettre », et pour cause ! Moins de 2 jours après, patatras ! la marmite s’est renversée sur la tronche des apprentis-cuisiniers  et ce qu’on découvre dépasse l’entendement ! Car en fait de « lettre » signée de la présidente de l’IPU, il s’agissait d’un grossier montage, fabriqué de toutes pièces par des amateurs de photoshop, avec des signatures honteusement imitées ! Mieux, la réponse de la présidente de l’IPU adressée à Damaro est sans ambages et sur le site officiel de l’IPU (www.ipu.org), la Guinée et tous les détails liés à son parlement issu des élections du 22 Mars 2020, sont mentionnés noir sur blanc. Le plus grave, dans ce cirque pathétique, c’est que le héron blanc qui veut se tailler des ailes immaculées à la tête du FNDC, celui-là qui est censé être le récepteur de la « lettre », le fameux Sano, s’est montré muet comme une carpe sur la supercherie, sans jamais s’en désolidariser ! Elle n’est pas belle la morale quand on est aveuglé par l’ambition ? En nous référant aux principes édictés plus haut, on en reste bouche bée.

Le FNDC, qui constitue un magma hétéroclite d’adversaires politiciens assumés ou non, révèle ainsi ses plus beaux atours, en s’accrochant une nouvelle fois, comme un Robinson Crusoé (le fameux naufragé) le ferait pour garder la tête hors de l’eau, aux très peu honorables fake news. Avant cela, il y avait eu la CEDEAO au sujet du « troisième mandat » ; il y avait également eu cette affaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples qui aurait « condamné »  la Guinée… avant même de tenir sa session ! Ça commence à faire beaucoup trop pour des parangons  de vertu, même si il y a longtemps que  nombre d’entre nous s’est fait une idée de toute cette clique agitée qui a  les yeux plus gros que… le ventre !

Fake news : fausses nouvelles fabriquées pour influencer l’opinion

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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