Des représentants des familles de la centaine de victimes des manifestations sur l’Axe (fief de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo) et leur avocat, Me Thierno Souleymane Baldé, étaient ce mardi, en conférence de presse, à la maison de la presse à Conakry.

L’objectif de cette conférence est de notifier la plainte portée depuis le 6 novembre dernier au tribunal de première instance de Dixinn contre le ministre Mouctar Diallo, pour « non dénonciation de crime ».

Tout est parti d’une sortie médiatique du ministre de la Jeunesse, dans laquelle, ce dernier aurait selon les accusateurs, affirmé connaitre, lorsqu’il était dans le camp de l’opposition, des jeunes de l’Axe, qui détiendraient des armes.

Au nom de tous ses clients, Me Souleymane a tout d’abord fait remarquer que : « Lorsque vous êtes victimes, vos enfants ont été assassinés, quelqu’un dit qu’il connait les auteurs, ou bien ceux qui détiennent les armes et qui auraient pu utiliser des armes pour assassiner vos enfants, c’est assez difficile de rester indifférents. »

Pour détailler, il a aussi exposé plus loin que : « Lorsqu’il y a un citoyen qui affirme connaitre des jeunes qui détiennent des armes, alors qu’il y a eu plus de cent personnes qui ont été assassinées, on aurait même pas eu besoin de déposer une plainte quelconque, le procureur de la république aurait pu s’autosaisir immédiatement, afin de convoquer la personne concernée ; pour nous permettre d’identifier les jeunes qui détiennent ces armes (…) Lorsqu’un ministre de la République, un leader d’un parti politique, qui a été actif pendant des décennies en Guinée, qui affirme dans une émission de grande écoute, qu’il connait des jeunes qui sont armés, alors qu’il n’avait jamais dénoncé non seulement au niveau des autorités judiciaires, mais aussi administratives, cela nous amène à nous  poser des questions et à essayer de lui demander de nous aider en nous donnant l’identité de ces jeunes. »

Sûr de sa démarche qu’il trouve infaillible, le conseil a prétexté : « La plainte a été déposée d’une manière objective. Le code pénal de la république de Guinée, notamment l’article 705 du code pénal prévoit des sanctions en cas de non dénonciation d’un crime et cette disposition est pratiquement similaire aux dispositions du code pénal français. Au-delà de déposer la plainte, j’ai veillé à ce que certaines décisions de justice, dans les cas similaires en France soient déposées au niveau du procureur de la république, afin de l’aider à mieux traiter le dossier. »

Estimant qu’il n’y a pas de volonté politique pour mener des enquêtes à chaque plainte qu’ils ont portée, il a par ailleurs affirmé que : « Nous le savons aussi assez souvent, quand vous déposez une plainte contre une personne qui occupe un poste ministériel, on vous a dit que la cour de justice n’a pas été mise en place, donc la personne n’est pas justiciable devant les juridictions ordinaires. De ce côté aussi, la loi est assez claire. Les actes qui ont été commis antérieurement à l’entrée en fonction du ministre ne sont pas concernés par le privilège de juridiction d’un ministre. La raison d’être de la haute cour de justice, c’est de permettre aux membres du gouvernement qui accomplissent des actes dans le cadre de leur fonction, de ne pas être inquiétés pour des questions politiques. Qu’ils soient traduits devant une juridiction spéciale. Mais si vous commettez un acte qui n’a rien absolument rien à avoir par rapport à votre fonction ministérielle, ce sont les juridictions ordinaires qui sont compétentes pour connaitre l’affaire. Monsieur Mamadou Mouctar Diallo a dit qu’il connaissait des jeunes qui détiennent des armes au moment où il était de l’opposition. Donc à l’époque, il n’était pas ministre. Donc on ne peut pas nous opposer son statut de ministre pour lui accorder une immunité quelconque contre des poursuites judiciaires, concernant ses affirmations. Il faut que cela soit clair. La plainte qui a été déposée contre Mamadou Mouctar Diallo, concerne des actes qui ont été commis antérieurement à sa nomination au sein du gouvernement. »

Enfin, il a déclaré que : « Nous savons qu’à chaque fois qu’il y a des plaintes qui sont déposées on essaye de nous amener sur le terrain politique, la plainte n’a absolument rien à avoir par rapport à une question politique quelconque. »

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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