Lors d’un meeting du front national pour la défense de la constitution (FNDC) dont il est membre, le président du parti de l’union des forces républicaines (UFR), parlant aux membres, ce vendredi, s’est exprimé sur l’affaire d’un éventuel troisième mandat pour le président Alpha Condé.

Au pupitre de la salle Malik Condé, de l’université Koffi Annan de Guinée, Sidya Touré s’est adressé aux membres, nombreux et motivés, qui répondaient à chaque affirmation, de façon automatique et unanime.

De prime abord, il a lancé dans la langue sousou : « Alanmanè ka amou lamma ? Amoulanfé“ ce qui veut dire « ça va marcher ou pas ? ça ne marchera pas ». Avant d’amender en disant que : « nous avons demandé qu’on se retrouve ce matin, pour réaffirmer notre unité, notre union sur les objectifs que nous avons définis, tous les partis politiques, la société civile dans le cadre du front pour la défense de la constitution. »

Et de dire pour la suite que : « Nous sommes aujourd’hui dans un Etat néant. Est-ce qu’il y a un gouvernement ici, Non ! Est-ce qu’il y a un Président de la république ? Non ! est-ce qu’il y a une administration ? Non ! »

« Quand vous voyez l’état du pays dans les différents secteurs, vous savez qu’il n’y a plus d’Etat. Alors nous distraire avec les questions de troisième ou de cinquième mandats, franchement, c’est de nous faire perdre notre temps. Nous n’allons pas accepter cette idée et je peux vous annoncer, aujourd’hui des centaines de milliers de dollars sont en train d’être dépensés chez les lobbyistes aux Etats-Unis pour préparer l’arrivée dit-on du chef de l’Etat avec des personnes pour rencontrer les autorités. Mais pour défendre quoi ? La seule chose qu’Alpha Condé devrait nous dire aujourd’hui, depuis neuf ans, voilà ce que j’ai fait de votre pays. Il peut nous dire ça ? il n’a qu’à nous dire depuis qu’il a été élu président, est-ce que les Guinéens se portent mieux ? dans la santé ? non ! dans les infrastructures routières ? non ! on vient d’avoir un baccalauréat avec 24% d’admis, quand tu dis 24%, ça veut dire qu’il y a 76% d’échoués. Mais est-ce que nous sommes dignes de ça. C’est ça la Guinée ? un pays qui est là avec une capitale, ou on ne ramasse même pas les ordures. Ou aucune ville de ce pays ne peut disposer d’électricité ne serait-ce que 6 heures par jour », a-t-il dénoncé.

Il a estimé dans la foulée que : « Nous sommes où ? c’est quel pays ? donc venir nous demander, ce qu’on a pas pu faire avant, nous allons le faire pendant le troisième mandat, parce que dans l’ancienne constitution, le développement n’était pas inscrit dedans. Quand nous allons inscrire dans la nouvelle constitution, vous allez vous développer miraculeusement ? n’importe quoi. Pendant cette période difficile, nous les Guinéens, nous savons quels sont les problèmes dans notre pays. Ce sont des problèmes de santé, d’éducation, de chômage ; mais même de nourriture. Mais il ne peut pas. C’est ça la vérité. Donc si tu ne peux pas, la population a eu le respect de la légalité pour te concéder tout ce temps en disant qu’il termine son mandat. Si cette idée saugrenue de modifier la constitution, pour perpétuer un régime de ce genre. Croyez que nous sommes ici pour vous affirmer, que nous nous y opposerons par tous les moyens légaux à notre disposition. Nous avons souhaité leur faire comprendre que nous suivons toutes gesticulations. Mais que nous affronterons qui que ce soit sur cette question en république de Guinée, parce que c’est chez nos pères. Ici c’est chez nous. Personne ne viendra nous imposer n’importe quoi, cela ne se fera pas. Il ava falloir dans ce cas, affronter la totalité de notre population. C’est une question de vie ou de mort pour nos populations. Donc nous ne laisserons pas passer. Nous sommes déterminés à aller de l’avant, nous attendons que le moment soit là. »

Enfin a il a assuré que : « les questions qu’on est en train de soulever à gauche et à droite. Un mois avant qu’on ne désigne Innovatrice comme étant l’opérateur, j’ai dit à la radio, voilà la société qui va être choisie. Nous savons ce qu’il y a dans ce fichier. Ces questions de démembrements qu’on essaye de nous imposer. Cela n’a aucune importance ! (…) Nous n’accepterons pas que la révision se fasse à la CENI, sans que l’opérateur qui a été désigné par appel d’offre, conformément à l’audit que nous avons accepté tous, avec la communauté internationale, le gouvernement et tout cela. Si ce n’est pas fait, nous n’accepterons pas. Parce que l’idée c’est de faire passer les élections législatives pour le referendum. Donc pour nous, c’est du même au pareil. Même mère, même père. On ne sera pas dedans. Troisième mandat, Amoulanfé ! »

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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