Le sang coule partout en Afrique ! (Par Ben Daouda Touré)

Mali, Nigeria, Kenya, Tchad, Cameroun, Somalie, symboles de l’Afrique victime d’une guerre qui se décide ailleurs ! L’Europe et sa fabrique criminelle ont choisi notre continent pour s’expliquer.

Boko Haram, Aqmis, l’obscurantisme islamiste ici et les islamophobes par là ;

Des groupes terroristes plus puissants que tous nos Etats réunis ;

Aucun d’eux ne dispose de ports, d’aéroports ni de voies ferroviaires ;

Pourtant ils possèdent et entretiennent des armes sophistiquées qu’ils ne fabriquent pas !

D’où viennent leurs formateurs au maniement et à la maintenance technique de leur arsenal?

Ils maitrisent l’arme moderne de la Communication et de la propagande ;

Ils recrutent et forment leurs adeptes. On nous dit qu’ils sont pour la plus part analphabètes;

Ils s’achètent toutes les compétences nécessaires à leur entreprise, ils n’ont pas de banques!

QUI FINANCE CES GROUPES ?

Ils nous disent qu’à partir des puits de pétrole qu’ils contrôlent et d’autres ressources naturelles (Or et Diamant, Bois) ; alors la clientèle et les fournisseurs, dans ce système de trocs qui sont –ils ?

L’Afrique ne paie t’elle pas la bêtise des occidentaux ?

Pourquoi ? Pour quoi l’Afrique ? Juste pour freiner son développement, synonyme de respect de sa souveraineté et de l’interdépendance économique en toute dignité et en toute égalité, en partenaires, respectueux des différences culturelles.

Nous ne pouvons pas être pires qu’un africain ; tout ce qui est bon ou meilleur pour nous, doit s’adapter à cette africanité. Nos besoins et nécessités doivent être définis à travers ce que nous sommes et non par rapport à ce qu’ils veulent que nous soyons.

Oui nous avons une part de responsabilité dans ce qui se passe en Afrique, par manque de vision et de leadership sur le continent. Des erreurs politiques aux conséquences économiques énormes, nous placent au cœur de l’affrontement entre deux civilisations qui se haïssent à mort, pour la dominance d’un monde et de son économie. Pour y arriver les uns se servent de la mafia internationale pour façonner les Etats à leurs profits et les autres utilisent des fanatiques qui ne voient en « dieu » que du sang ; les deux camps utilisent tous les commerces illicites possibles pour financer leurs entreprises : du sang, de la drogue et de la désinformation. Seule différence, l’impérialisme tue les peuples la nuit à petit feu au nom de la Démocratie, les djihadistes tuent brutalement en plein jour !

C’est le duel entre la terreur nocturne, celle du civilisé et la terreur diurne, celle du sauvage !

L’Afrique, elle ne sait que faire, tant ses poings sont liés à une chimère économique qu’elle ne gère pas.

Nous n’avons pas de voie, on nous la dicte ; notre bonheur est défini par d’autres ;

Nous n’arrivons pas à comprendre que les échanges Sud-Sud sont plus profitables et plus adoptées à nos besoins que tous les échanges Nord- Sud. Ces échanges n’engagent pas de confrontations entre des civilisations, parce que l’Afrique est consciente que les deux civilisations, européennes et arabo-berbère plus religions affairantes lui ont été imposées.

Si nous développons les échanges Sud-Sud, l’Afrique ne sera plus un champ de bataille entre les Occidentaux et les arabo-berbère ; il n’y aura plus de raison que l’hôtel Radisson de Bamako soit un terrain d’explication entre la France et les djihadistes ; il n’y aura pas de raison que le Kenya soit un champ de débat entre les résolutions des Nations Unies et les Sebha ; s’il y avait un élan de solidarité réelle basée sur les échanges économiques et culturelles entre africains, Boko Haram ne résisterait pas à l’armée nigériane ; Par manque de Solidarité africaine, les terroristes sont fournis en armement lourds et sophistiqués à travers des frontières qui « n’existent » pas :

On nous dit que les terroristes maliens sont fournis en armes à travers la Lybie ; le Mali n’a pas de frontières avec la Lybie ;

Boko Haram ne dispose ni de port ni d’aéroport et est en guerre avec tous ses pays frontaliers ; Aqmis est pourchassé en Mauritanie, en Algérie et au Mali ; et pourtant …. !

Les Sebha sont en guerre avec l’unique pays frontalier de sa zone d’influence, le Kenya.

Ils défient toutes les armées de l’Afrique et des casques bleus depuis plus de 30 ans !

Pour l’Afrique, au delà de toutes les aides que pourront lui apporter les occidentaux, aides dans lesquelles j’ai perdu toute foie, je pense que la meilleure option de lutte contre le terrorisme sur le continent est la solidarité dans toute sa complexité et responsabilité : Une politique commune de renseignements et défense, soutenue par une politique économique, culturelle et sportive, Sud-Sud et d’intégration (régionale ou sous-régionale). Un pays africain est toujours déstabilisé à partir d’un autre ; les uns ou les autres se prêtent aux puissances qui les utilisent comme des jouets.

Cette Solidarité que j’évoque se matérialise aujourd’hui dans cette poésie Birago Diop :

« Afrique, mon Afrique,

Afrique des fiers guerriers des savanes ancestrales,

Afrique que chante ma grand- mère au bord des fleuves lointains,

OÙ ES-TU ? »

Mali, Cameroun, Nigeria, Somalie, Kenya, Tchad …

La terre africaine de Guinée prie pour le repos de l’Ame de toutes ses sœurs et frères tombés sous le poids de l’obscurantisme et de la barbarie, qui ont pris la responsabilité de blasphémer et de ridiculiser l’Islam à travers le monde.

Que Dieu nous protège !

Toutes mes condoléances aux vaillants Peuples du Mali, du Cameroun, du Nigeria, du Tchad, du Kenya, de la Somalie …. D’Afrique.

Ben Daouda Toure

aframglobal@aol.com