Le Syli national de Guinée va jouer dans quelques heures un match important au compte de la Coupe d’Afrique des nations, contre la redoutable équipe du Nigeria. Au-delà du fait que le Syli gardera toutes ses chances de se qualifier au second tour, quel que soit le résultat, cette rencontre aura surtout un effet psychologique sur les joueurs et les supporters inconditionnels du Rouge jaune vert…

Après le début poussif contre la « petite » équipe de Madagascar, voilà un gros morceau qui se présente devant Ibrahima Traoré, Naby Keïta et leurs coéquipiers. Rien de mieux pour dégonfler les égos et revenir sur terre, avec un maximum de concentration. C’est le genre de match où la motivation vient d’elle-même : tous les observateurs avertis analyseront à la loupe l’attitude des joueurs guinéens ; voir si l’issue inattendue du duel contre les Bareas (2-2) a été un mal pour un bien pour une formation arrivée à la CAN avec beaucoup d’ambitions.

Sur le papier, le Nigeria, mondialiste et disposant d’un effectif riche et stable, sera sans doute présenté comme le favori de cette rencontre. Mais sur le terrain, la réalité du football –  l’histoire de ce sport nous l’apprend – n’a absolument rien à voir avec les « certitudes », surtout quand l’adversaire est condamné à faire un grand match. Pour remporter ce choc, le premier duel sera d’abord et avant tout mental. Il ne faudra pas flancher à ce niveau, si le Syli veut se donner une chance de déplumer les Aigles. Il s’agira de jouer sur ses propres qualités (technique au dessus de la moyenne et vitesse), avec un bloc compact qui ne laisse aucun espace à une équipe nigériane, sûre de sa force. Il faudra être très vigilant  par rapport à l’activité des attaquants nigérians, notamment, Samuel Chukwueze (Villareal) dont le talent est impressionnant. La Guinée peut également tirer avantage de la lourdeur évidente et de quelques failles de la défense du Nigeria, en soignant les relances et en multipliant les appels dans le dos de l’arrière-garde des Super Eagles. Il y a également de la place sur les flancs et les Hirondelles du Burundi l’ont prouvé lors du premier match des mondialistes. Sur le plan tactique, François Kamano et Ibrahima Traoré doivent à la fois harceler les latéraux nigérians et, immédiatement après la perte de balle, fermer les couloirs pour empêcher que les adversaires ne puissent exploiter les couloirs.

Je dois dire que je ne suis pas d’accord avec l’entraîneur Paul Put qui explique la contre-performance du Syli contre les Malgaches par le match « moyen » du gardien Aly Keïta. C’est un faux fuyant, une manière de se défausser par rapport à ses mauvais choix au sujet deux nouveaux éléments qui ne sont pas mis au diapason de l’équipe lors du premier match : Mikael Dyrestam et Julian Janvier. Habitués à jouer dans d’autres conditions, ils ont été à des moments clés du match (notamment sur les deux buts), débordés par l’engagement des Bareas…

Je n’aime pas trouver des coupables dans un match de football où point n’est besoin de souligner que les premiers qui veulent la victoire sont les acteurs présents sur le rectangle vert. Mais en cas d’une nouvelle contre performance, Paul Put pourrait regretter d’avoir snobé des joueurs expérimentés comme Ibrahima Sory Sankhon (Saint Tron, Belgique), Sadio Diallo (Hatayaspor, Turquie), d’autres percutants comme Jules Keïta (Dijon, France) mais aussi et surtout des locaux performants comme Abdoulaye Paye Camara (HAC, Guinée) ou Alseny Camara « Cantona » (HAC, Guinée). Parce que la sélection en équipe nationale doit être, à l’image des équipes comme la Tunisie, l’Egypte, l’Afrique du sud, l’Angola ou… Madagascar, déterminé uniquement, non pas par les noms ou les championnats ronflants, mais par la performance du moment. Car en dehors des talents purs qui ne courent pas les rues, il n’y a aucune raison qu’un joueur ultra performant en Ligue des champions d’Afrique ne le soit pas à la CAN. Tout est une question de concentration, de motivation et d’engagement. Est-ce que l’entraîneur Put peut dire que Dyrestam et Janvier ont été performants et concentrés contre Madagascar ? Je ne le pense pas. Quoi qu’il en soit, pour ce match « opération rachat »,  il est clair, qu’à défaut de les remplacer, le coach guinéen doit muscler son discours tenu à ces deux nouveaux, leur inculquer le niveau d’exigence et d’engagement que requiert une phase finale de la CAN.

Cette parenthèse faite, je reste plus que confiant dans cette rencontre contre les Super Eagles. Un Syli national, concentré sur son sujet, solide en défense et qui n’offre aucune cadeau à l’adversaire, ne peut pas être moins coriace que le Burundi, battu difficilement par le Nigeria. Or, l’équipe de Guinée a des atouts que le Burundi n’a pas. Elle dispose de joueurs de classe mondiale (Naby Keïta, Ibrahima Traoré, Amadou Diawara) qui, dans un bon jour, peuvent faire toute la différence…

Bonne chance au Syli national !

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