« Nous sommes satisfaits  à 80% », c’est ce que nous a confiés, M. Ibrahima Camara, Secrétaire général  de la section syndicale du BMOP (Bureau de la main d’œuvre portuaire), suite aux deux jours de grève observés par les dockers les 13 et 14 juin derniers au Port Autonome de Conakry. On se rappelle que ce mouvement a fait sauter le directeur du port et son adjoint.

Quelques heures avant ces limogeages, le président Alpha Condé avait promis une suite favorable aux négociations avec les dockers. A en croire M. Ibrahima Camara, ‘‘ces négociations commencent à donner des résultats puisqu’à nos jours plusieurs des points ont été traités’’

C’est notamment le départ sans condition du président de l’AGEMAP (Association guinéenne des entreprises de manutention portuaire) et du directeur général du BMOP.

Selon le syndicaliste, «le directeur du BMOP et le président de l’AGEMAP ont été remplacés. Le président de l’AGEMAP a démissionné, quant au directeur général du BMOP, c’est l’AGEMAP qui a décidé de mettre fin à son contrat».

Il ajoute que «l’accélération du processus d’élaboration du statut des dockers et de la convention collective des travailleurs portuaires a été prise en compte».

Le statut particulier des dockers devrait être ‘‘traité’’ ces jours-ci.

Pour rappel, voici la plate-forme revendicative des dockers

1- Départ sans condition du président de l’AGEMAP, M. Dio Condé et du directeur général du Bureau de la Main d’œuvre Portuaire (BMOP), M. MAGASSOUBA.

Pourquoi exiger le départ de ces deux ? M. Ibrahima Camara nous expliquait à l’époque: «Le président de l’AGEMAP s’appelle M. Dio Condé. En fait c’est une présidence tournante de deux ans entre cinq entreprises de manutention nous avons exigé son départ parce que nous estimons qu’il s’est écarté de sa mission principale qui consiste à servir de tampon entre les dockers et les patrons. Il s’est immiscé dans les affaires syndicales du BMOP, chose qui n’est pas de son ressort. Pour qu’il y ait l’accalmie au port, nous demandons purement et simplement son départ qui va servir de leçon à son successeur. Mais aussi bien sûr le départ du directeur du Bureau de la main d’œuvre portuaire, M. Mohamed Magassouba, ce sont les manutentionnaires qui l’ont mis en place, normalement cela ne devrait pas se faire, et tout cela est dû au fait que les dockers n’ont pas de statut, sinon les manutentionnaires n’ont pas le droit de nommer le directeur de BMOP, il doit être un fonctionnaire du ministère des Transports. L’AGEMAP est la partie étrangère qui s’occupe de la consignation et  le BMOP, la partie guinéenne qui s’occupe de la manutention. Les prérogatives sont définies. L’AGEMAP n’a donc pas à nommer le directeur du BMOP, cela relève du ressort du ministère des Transports.

2-L’accélération du processus d’élaboration du statut particulier des dockers et de la convention collective du travail portuaire.

Selon M. Camara, «Le statut c’est une déclaration, nous les dockers nous n’avons pas été déclarés. Nous sommes comme un enfant qui n’est pas déclaré à la mairie à sa naissance, ce qui fait que nous dockers sommes considérés comme des sauvages. Le statut est l’acte de naissance d’un travailleur qui lui permet d’être reconnu».

3-La distribution à temps des Equipements de Protection Individuelle (EPI)

«Les EPI nous sont livrés en retard, nous sommes cependant exposés à des dangers. C’est pourquoi ils doivent être servis à temps », déclare le syndicaliste.

4-L’accélération de l’application du protocole d’accord des négociations de 2015.

M. Camara rappelle qu’en «2015, le patronat et le syndicat des dockers ont négocié sous l’égide de l’inspection générale du travail, treize points de revendications, onze ont été réglés, il reste cependant l’application de deux points à savoir : la nécessité d’accélérer le processus d’élaboration du statut des dockers, de la convention collective et la reconstitution des équipes. Il se trouve qu’en 2012, certains dockers sont partis en retraite anticipée pour des raisons que nous ignorons jusqu’ici. Il est question de remplacer ceux qui sont partis à la retraite c’est ce qu’on appelle la reconstitution des équipes. Ils sont au nombre de quarante, donc depuis 2012, il y a des dockers occasionnels qui travaillent à la place de ceux qui sont partis, alors il faut que leur situation soit régularisée pour qu’ils puissent avoir une prise en charge et une couverture médicale à 80%. C’est cela l’esprit de la réforme, régulariser la situation des travailleurs afin de leur permettre de bénéficier des traitements sociaux».

5-L’accélération de l’installation de la délégation syndicale au BMOP.

«Le 29 Mai 2016, rappelle le syndicaliste, il y’a eu un renouvellement du bureau syndical du BMOP. Après ce renouvellement, il aura fallu qu’on organise une autre élection pour officialiser son installation, parce que c’est cette délégation qui est autorisée à défendre les intérêts des travailleurs devant l’inspecteur général et devant le patronat. »

6-Le paiement désormais à temps du salaire des dockers puisque à la fin de chaque mois il faut partir en grève pour être payé, chose qui nous agace à plus d’un titre.

«Nous avons remarqué qu’à chaque fin de mois, il faut que nous partions en grève pour être payés, nous exigeons désormais que le payement des dockers soit fait en temps réel, puisque le salaire des dockers est viré à la banque. Alors qu’une politique de la banque consiste à faire un prélèvement de pénalité de retard sur le salaire s’il n’est pas viré jusqu’au 25 du mois. Donc vous n’avez pas créé une situation mais vous en subissez les conséquences. Alors que nous nous sommes pour la plupart des locataires, si nous disons à notre concessionnaire qu’on n’est pas payé jusqu’au 10 du mois, cela devient un autre problème. Il y a aussi les dépenses journalières que le docker doit assurer. Nous sommes confrontés à tous ces problèmes, c’est pour cela nous demandons à ce qu’on nous paye en temps», explique le syndicaliste.

7-Que désormais, le président de l’AGEMAP et le directeur du BMOP cessent d’interférer dans les affaires syndicales des dockers.

Pour le syndicaliste, ce point consiste «la source du problème. Le directeur c’est un administrateur. Il n’a rien à faire avec les activités syndicales dans une entreprise. C’est aussi valable pour le président de l’AGEMAP ».

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici