Nava Touré, directeur de EDG

Dans une conférence de presse portée sur le thème ‘‘La problématique de la gestion d’EDG’’ de ce lundi, le collège syndical de EDG (Electricité de Guinée), a notamment fait savoir sa position au sujet du contrat de gestion de la société.

Il éclaire surtout la lanterne de l’opinion en dénonçant la présence d’un ‘‘groupe d’intérêt’’ qui chercherait à imposer sa volonté sur l’Etat guinéen, le peuple de Guinée et sur EDG.

Face à la presse, Madiou Diallo, secrétaire administratif du collège syndical de EDG dit que cette conférence de presse faisait suite à une assemblée générale des 1780 travailleurs de l’EDG.

‘‘Nous avons estimé qu’on ne peut pas prévoir un schéma d’appui au management sans que le personnel exploitant, les partenaires sociaux que nous sommes participions au choix de ce type de schéma. Ce schéma est fonction d’un diagnostique préétabli mais malheureusement nous n’avons pas été associé ni de près ni de loin à la préparation et au diagnostic établi par les consultants’’, a t-il dénoncé.

Selon lui, ces consultants sont d’abord passés dans les différents départements de la société pour recueillir des données  statistiques sans aucune autre explication avant d’arriver à une conclusion : ‘‘Faire le choix d’un contrat de gestion pour EDG.’’ M. Diallo dit que le personnel qui  a été informé à travers les médias de l’avis à manifestation d’intérêt pour le recrutement d’un opérateur chargé de la gestion de l’entreprise, refuse cette décision. Et les arguments du syndicaliste sont : ‘‘Il y a eu des cas précédants qui ont échoué notamment, en 1990 où un consortium canadien, EDF et SAUR auxquels on avait donné le plein pouvoir d’administrer EDG sans associer le personnel exploitant. Ils ont fait plus de quatre ans ici, cela a été un échec. En 1994, on a lancé aussi un appel d’offres pour l’affermage, c’était le même scénario. On appelle les partenaires, ils viennent sans aucun accord d’investissement. Ça été scandaleux à la fin, parce que ces partenaires sont partis un à un sans dire au revoir à l’Etat guinéen.’’

Tirant les leçons de cette situation, le défunt président Conté aurait à l’époque appelé le syndicat pour lui confier la gestion de l’EDG.

‘‘Malgré des critiques, nous avons géré tant bien que mal. Jusqu’à maintenant on a donné ce qu’on a pu’’, soutient-il criant sa surprise de voir les mêmes personnes revenir à la charge.

Le syndicat a mené plusieurs démarches pour tenter de comprendre le dessous de cette affaire. Il a finalement été informé par le Directeur de EDG que la décision venait du Ministère de l’énergie. Un peu plus tard, au cours d’une rencontre, les nouveaux partenaires auraient expliqué leur schéma.

‘‘Ils ont dit qu’ils veulent venir gérer l’entreprise… qu’ils n’ont pas d’apport à faire, c’est l’Etat qui investit’’, précise M. Diallo visiblement contre cette façon d’administrer EDG.

Poursuivant dans la même lancée, le syndicaliste avoue avoir montré la position des travailleurs à l’occasion d’une rencontre importante entre les partenaires et l’Etat dans un hôtel de la place.

Par la suite, ‘‘Le Ministre (Papa koly, à l’époque ministre de l’Energie) nous a demandé d’accepter. Nous lui avons dit qu’il faut qu’on soit convaincu pour ne pas retomber dans la même erreur. On s’est séparé sans aucune résolution’’, rappelle-t-il. Et de faire le point sur l’évolution actuelle du dossier.  ‘‘Nous avons été surpris d’apprendre que le dossier d’appel d’offres est lancé, il y a même l’ouverture des plis. Je crois qu’il y a six opérateurs qui ont été retenus », informe le secrétaire administratif du syndicat de EDG.

Le président de la république est mis au parfum de la chose. Une doléance est introduite auprès de lui, mais le syndicat attend toujours de le rencontrer. Ce n’est pas tout, les travailleurs ont clairement dit leur désapprobation dans une correspondance adressée à des institutions : Banque mondiale, l’AFD, etc.

‘‘Qu’est ce qui les empêche de venir discuter avec nous ? Malheureusement, ils ne le font pas. Pourquoi ils veulent imposer quelques choses alors qu’ils ne connaissent pas les réalités de l’entreprise ‘’, S’interroge Madiou Diallo avant de déclarer : ‘‘Puisque le président de la république à la volonté de s’investir, nous allons l’aider, nous travailleurs nous n’allons pas accepter d’être complices passifs.’’

Moussa Diawara