Ils sont nombreux à être dans des situations difficiles pouvant avoir des conséquences sur leur éducation et sur leur avenir. Cela va des corvées ménagères à la vente d’articles divers dans les rues de Conakry ; situations imposées par leurs parents.

Exposés à tous dangers et sans la moindre surveillance, l’on observe à longueur de journée dans les rues de Conakry, des enfants dont l’âge varie de 5 à 10 ans, en train de vendre des sachets d’eau aux passants, et cela dans des situations réellement dangereuses pour eux.

Il est 23h, ce dimanche, quand nous rencontrons au concert gratuit de l’artiste Oudy 1er, sur l’esplanade du Palais du peuple de Conakry, une gamine. Son âge, apparemment 6 ans ; défilant entre les spectateurs, avec son plateau d’eau, à la recherche de clients ayant besoin de rafraîchissement. Son visage arbore une fatigue excessive ; elle tombe de sommeil.

Elle a du mal à s’exprimer clairement, quand nous lui demandons où se trouve sa tutrice ? Elle nous répond dans des mots indistincts, et du bras, pointe du doigt une direction, pour nous dire que cette dernière est de l’autre côté de l’esplanade, en train de vendre sur un étalage.

Pendant ce temps, elle est envoyée seule dans cette masse opaque, ou peut-être se cachent des personnes mal intentionnées, comme on peut le constater, ces derniers temps en Guinée, où de plus en plus d’enfants sont victimes de viols de la part d’adultes.

Pour cette nuit, le sommeil n’est pas pour cette gamine, qui pourtant en a besoin pour sa santé mentale et son équilibre sociétal.

Elle n’est pourtant pas la seule victime de ces faits, beaucoup d’autres enfants de son âge, vivent aussi dans cette situation précaire.

Dans le pays, beaucoup d’enfants ayant son âge, n’ont pas encore la chance d’aller à l’école, ou croulent sous le poids des corvées qui leur sont confiées par leurs tutrices ou tuteurs. Sans parler des violences physiques dont ils font l’objet.
Sur l’autoroute Fidel Castro également, le même constat est fait. De plus en plus d’enfants, au lieu d’être à l’école, sont à longueur de journée en train de proposer des produits à vendre, exposés aux accidents de la circulation et à d’autres dangers.
Un autre état de fait est que, souvent, des enfants lors des fêtes de tabaski et de ramadan, sont abandonnés à eux-mêmes, traversant plusieurs quartiers, souvent rentrant dans des familles, sans savoir la moralité des personnes qu’ils y rencontrent.

Pris pour les nouveaux chefs de famille, « le père de leur père », comme on le dit, ces enfants risquent d’avoir un avenir bafoué, si les parents ne prennent pas conscience de l’imminence de l’échec auquel ils les exposent. Mais à quand cela ?

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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