Lors de l’assemblée générale de l’Union des Forces républicaines à son siège, ce samedi 5 décembre, le Président du parti Sidya Touré a fait des révélations et a surtout éclairé la lanterne de l’opinion sur la position de son parti à travailler avec le prochain gouvernement et le président Alpha Condé. Nous vous proposons un extrait de son allocation.

‘‘Avec Lansana Conté, je n’ai pas écrit une lettre pour demander  à être premier ministre’’

« Je déplore que la vie politique en Guinée se résume à ce que Sidya a dit ou à ce que Sidya a fait. Je vais vous rappeler que je suis arrivé comme Premier ministre ici en 1996 à la demande du président Lansana Conté. Je n’ai pas écrit une lettre, je n’ai pas créé un comité, je n’ai pas fait des démarches, je n’ai pas créé un groupe de pression pour demander  à être premier ministre. J’étais en Côte d’Ivoire et on m’a convoqué pour venir discuter de cette probabilité. Et je l’ai accepté parce que c’était mon pays. Je l’ai accepté à l’époque et pour une seule raison c’est-à-dire que je venais pour une mission économique essentiellement.  La Guinée était en difficulté et je considérais que de l’expérience acquise à l’extérieur, mes compatriotes avaient besoin de moi pour essayer d’amplifier tout ce qui est bon et de corriger certains disfonctionnements».

‘‘Je ne cherche plus l’argent, plus de place, je cherche un nom’’

«Pendant ces trois ans, j’ai travaillé avec des cadres que vous connaissez tous. C’est pendant ces trois ans que se sont créées des montages d’histoires. Paix à son âme, le commandant Lansana Camara qui était l’aide de camp de Lansana Conté est venu me trouver à Kolo venir me raconter ce qui se passait au Palais. Un de ses groupes s’était organisé pour utiliser la femme du président. Pour que  ce dernier ne s’entende pas avec son Premier ministre. Ce n’est pas pour la Guinée qu’on le faisait, ces gens le faisaient pour eux même. Je n’ai  jamais fait de politique en Guinée pour moi-même,  je l’ai fait, je le fais et je continuerai de le faire pour mes compatriotes.  Le pays d’où je viens les  Baoulé disent que quand on dépasse les 60 ans, ce qui est mon cas, je ne cherche plus l’argent, plus de place, je cherche un nom».

‘‘J’avais dit que vous ne me verrez plus monter sur un capot d’une voiture pour manifester’’

«Quand j’ai décidé d’être  dans l’opposition, je l’ai fait par conviction parce que j’avais la sensation que des dissensions pouvaient s’ouvrir dans ce pays. Quand il y a des perspectives de troubles, il faut faire en sorte que les tensions baissent, c’est ça la politique. De 2011 à 2013, nous étions dans les manifestations parce que nous  voulions mettre en place une assemblée nationale. Nous avons manifesté jusqu’en mai 2013 parce que j’ai assisté à des scènes qui tendaient à amener des violences dans notre pays, je suis allé à la maison de la presse pour dire que vous ne me verrez plus monter sur un capot d’une voiture pour manifester. Ça ce sont des questions de convictions. Dans tout ce que nous faisons dans notre parti, c’est la Guinée d’abord.  Ce n’est pas telle communauté, ce n’est pas un poste. Nous avons passé 5 ans à travailler pour un changement démocratique. Et nous avons souhaité une alternance ».

‘‘L’opposition était devenue la chose de certaines personnes’’

«Quelle que soit la beauté de ton chat, si ça n’attrape pas de souris, ça ne sert à rien. L’opposition était devenue la chose de certaines personnes. Je n’ai jamais eu de problème personnel avec le président Alpha Condé. Nous pouvons continuer à échanger, faire en sorte que ces cinq prochaines années ne soient pas encore perdues dans des discussions stériles. Nous sommes partis parler de la Guinée. Et je le dis tant que je suis en politique, je ne vois pas ce que je vais faire d’autre que de parler de la Guinée. J’userai de mes connaissances, de mes relations pour qu’on puisse trouver des solutions aux problèmes de la Guinée. Je le dis de la manière la plus claire.  Même les pays en guerre se rencontrent. L’UFR de par son positionnement travaillera  à discuter avec le gouvernement et son parti pour savoir de quelle manière les choses peuvent avancer dans ce pays. Ça, c’est un engagement de ma part. Je veux que ça s’améliore un peu plus pour la Guinée. Nous allons travailler à ce que le consensus se dégage dans le pays ».

‘‘Arrestation d’Alpha Condé, une des deux questions qui m’ont opposé au président Conté’’ 

« En décembre 1998 quand on a arrêté Alpha Condé après les élections, le président a dit qu’il faut envoyer le dossier chez le premier ministre. Il y a beaucoup de gens que je ne vais pas citer, mais qui se reconnaitront. Ils sont venus me trouver avec le ministre de la Justice, Zogbélouma et m’ont dit qu’Alpha a été arrêté à Piné à la frontière. On m’a dit qu’il était au camp Koundara. J’ai demandé ce qu’il a fait et on m’a dit qu’il voulait traverser la frontière. J’ai dit que le Président a signé un décret qui dit qu’il est interdit de sortir du territoire pendant la période électorale. Le citoyen qui veut sortir vous le retourner, on ne vous a pas dit de l’enfermer. Je suis allé voir le président Conté pour lui dire d’abandonner ce dossier pour deux raisons à savoir la loi n’est pas avec nous,  sur le plan international, avec ton deuxième mandat, on ne parlera plus que de ça, donc il faut le libérer. Le Président a décidé d’amener le dossier en Conseil des ministres. Là, certains ont dit de le condamner. Ce sont les deux questions qui m’ont opposé au président Conté ».

‘‘Le 28 septembre 2009, le président Dadis m’a appelé par le téléphone d’un de ses conseillers qui passaient son temps à  l’exciter’’

« J’ai vu une dame qui était proche du président Conté, mais qui n’a pas hésité lorsque ce dernier est mort a enjambé son cadavre pour aller déshériter ses veuves et ses enfants des biens qui lui ont été confiés. Ce sont des gens qui devraient être poursuivis. La famille Conté est là appauvrie. Il y a d’autres personnes. Je me rappelle le 28 septembre 2009, quand le président Dadis m’a appelé pour ne pas faire la marche de l’opposition. C’était avec le téléphone d’un de ses conseillers qui passaient son temps à  l’exciter. Chaque fois que je disais quelque chose, c’est lui qui conseillait et disait que ce n’est pas comme ça. Après, j’ai vu ce dernier comme conseiller de Konaté. Après, j’entends que ces gens-là donnent encore des leçons à la Guinée ».

‘’Désormais, j’irai voir les membres du gouvernement, le président de la république pour lui dire que ça ne marche pas comme ça’’

« Nous avons décidé de recentrer notre parti. J’ai dit que je vais travailler à contribuer pendant ces 5 ans à venir à l’amélioration des conditions de vie des populations. Les Guinéens que je vois aujourd’hui dans la situation que nous savons misérable. Ce que je peux à l’intérieur ou en dehors du gouvernement, s’il y a des choses qu’on doit rectifier je le dirai. J’irai voir les membres du gouvernement, le président de la république pour lui dire que ça ne marche pas comme ça. C’est ce que j’ai décidé de faire pendant ces 5 ans à venir. Nous avons pris une décision et il appartient à l’opposition dite républicaine dans laquelle je ne me reconnais pas de continuer à fonctionner si elle veut fonctionner comme ça ».

El Hadj Mohamed Koula Diallo

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