Après l’inauguration de centre de vente de la nouvelle cité Plazza Diamond sise à Kipé, notre reporter s’est intéressé à l’un des acteurs de la réussite de cette coopération sino-guinéenne pour avoir d’ample information à travers une interview. Dans cet entretien, Dr Ousmane Kaba a rappelé ce que pourrait être l’apport de cette nouvelle cité au bénéfice des Guinéens. Il a également évoqué le bulletin de santé de l’économie guinéenne, ainsi que le virus Ebola et l’escroquerie qui accompagne le payement des trois mois dans situation de classe, imposé par certains fondateurs d’écoles. Lisez!

Vous venez de l’inauguration du centre de vente de la nouvelle cité Diamond Plazza à Kipé, quelles sont vos impressions en tant que conseiller du président de la république chargé des investissements chinois en Guinée dans le cadre de la coopération bien sûr?

Dr Ousmane Kaba: Moi je suis très content comme Guinéen et très fier d’avoir aidé le président de la République à un moment donné pour vivifier cette coopération avec la Chine. Ce que les gens ne savent pas, c’est que la Chine est actuellement, depuis au moins plusieurs années la première puissance financière du monde. Et à partir de 2015, elle devient la première puissance économique. A partir de 2015 le PIB de la Chine va dépasser celui des Etats-Unis. Ce qui est là c’est le fruit de la coopération de partenariat avec le secteur privé. Donc il s’agit d’un groupe privé qui est venu pour construire des bâtiments  que ce groupe va vendre aux Guinéens. Le gouvernement et le président de la République ont facilité les choses en leur donnant accès à la terre. Et voila le travail qu’ils ont fait qui est un travail magnifique. Donc c’est un groupe privé qui va vendre ça aux guinéens. Et d’abord l’embellissement de la ville de Conakry et la modernisation du pays, c’est un travail gigantesque qui a demandé beaucoup d’argent. C’est un volet qui peut aller jusqu’à dix (10) milliards de dollars. La deuxième tranche va concerner Lambagny et Kobaya qui sera encore plus grande que la tranche de Kipé. Sur une superficie qui est deux fois égale à la superficie de Kaloum, cela veut dire sans doute la Guinée va changer si tous ses programmes immobiliers sont mis en place.

De nombreux observateurs pensent que les bâtiments qui seront construits dans cette cité ne seront pas à la portée du guinéens moyens? Est-ce que le gouvernement pense à appuyer par exemple les fonctionnaires comme le corps enseignant pour pouvoir se loger dans ces maisons?

(Rire) Je crois que c’est une bonne question. D’abord j’ai deux réponses à ça. Premièrement c’est d’abord pour les guinéens tels qu’ils soient. Guinéens moyens, pauvres ou riches, c’est au bénéfice des Guinéens. Deuxièmement quand les chinoises construisent, ils ne vont pas prendre les maisons sur les têtes pour aller en Chine. Donc ça fait partie de la richesse de la Guinée, du patrimoine guinéen. Troisièmement, les maisons luxueuses ne sont jamais pour les pauvres dans aucun pays au monde. Je crois que tout le monde cherche à ce que la Guinée soit un pays comme les
autres, je pense qu’il ne faut pas faire de la démagogie. On construit un pays, les gens qui ont les moyens font des belles maisons et petit-à-petit la classe moyenne grossie et cette classe moyenne aura accès à ces belles maisons. C’est étape par étape. Ceci dit, votre question est une très bonne question; est-ce que les fonctionnaires peuvent avoir accès? C’est la volonté du gouvernement et du chef de l’Etat d’élargir la base de l’accessibilité à la propriété à tous les guinéens. Evidemment il faut aussi penser aux fonctionnaires. Je suis sûre qu’il y aura des mécanismes qui vont permettre aux fonctionnaires d’avoir accès à ces maisons. Ça prendra le temps que ça prendra. Ça prendra la mise en place des financements bancaires locaux, ce qui ce fait dans beaucoup de pays. Ce sont les banques locales qui vont s’organiser à acheter des maisons pour les gens, garder les titres fonciers de ces maisons et puis, les bénéficiaires vont rembourser dans le temps. Années après années, au bout d’un certains temps la maison va revenir à ces fonctionnaires. C’est ça qu’on appelle la promotion immobilière. Dans beaucoup de pays, il y’a beaucoup d’entrepreneurs qui font de la promotion immobilière. Ce ne sont pas les chinois seulement. Vous avez ici une première promotion immobilière de deux cent logements à côté du stade de Nongo. L’Etat doit aussi aider à non seulement donner des terrains, mais à viabiliser ces terrains pour que les promoteurs privés guinéens, cette fois-ci, puissent construire et vendre aussi à d’autres guinéens. C’est comme ça dans tous les pays. Donc moi, je suis très content, très fier d’avoir fait une petite contribution auprès du chef de l’Etat pour que cette coopération avec la Chine puisse se renforcer dans tous les domaines. Vous avez vu ce que la Chine fait pour la Guinée, ce que la Chine a fait dans la lutte anti-Ebola, la Chine vient de construire un grand stade au bénéfice du peuple de Guinée, c’est elle qui a fait le palais du peuple et qui continue de faire beaucoup de grosses infrastructures, non seulement en Guinée, mais dans tous les pays africains. L’émergence de l’Afrique va être arrimée à l’émergence de la Chine.

En tant qu’un cador de la finance, si on peut le dire pour avoir été un fonctionnaire au Fond ensuite ministre de l’économie et du plan  quelle lecture avez-vous aujourd’hui de l’économie guinéenne depuis l’avènement de la 3ème République?

Vous savez, l’économie guinéenne est une économie qui a été traumatisée pendant très longtemps. D’abord nous avons connu une période socialiste de la planification étatique pendant plus d’une vingtaine d’année. Ensuite nous avons connu une grande libéralisation au niveau du gouvernement mais, le peuple de Guinée n’était pas prêt à se prendre en charge. Et jusqu’à l’arrivé du professeur Alpha Condé, nous étions dans une situation économique très déplorable. Lui, il a fait une nouvelle politique qui fait appel au sens de responsabilité des guinéens, au sens de responsabilité de l’Etat. Or, quel est le rôle de l’Etat dans une économie libérale? C’est d’abord de faire des infrastructures et, vous avez vu que depuis trois ans la Guinée s’est attaquée aux infrastructures. Qu’il s’agisse des routes, de l’énergie avec Kaléta 240 MW, un demi-milliard d’investissement, c’est le premier pas qui va être suivi par Souapiti 500 MW et, la Guinée va bientôt sortir de la zone rouge en thème d’énergie et être comptées parmi les pays exportateurs de courant électrique. En même temps, il faut décentraliser, il faut faire des barrages dans les régions naturelles, ça fait partie du programme immédiat du professeur Alpha Condé. Vous avez vu aussi les fêtes roulantes pour créer des pôles de développement dans chaque région naturelle. Nous avons commencé par Boké, ensuite N’Zérékoré et à Mamou qui est devenue une très belle ville. Je suis très fier de traverser Mamou chaque fois que je me rends à Kankan.

Une inspiration de la Côte-d’Ivoire?

Mais bien sûr, il faut prendre les bons exemples. Mais la Côte-d’Ivoire d’Houphouët Boigny a existée depuis près de cinquante ans, personne ne l’a fait. Il a fallut que le professeur Alpha Condé ait la volonté de le faire. Et ceux qui critiquent aujourd’hui étaient aux affaires pendant très longtemps, ils n’ont rien fait. Au niveau des infrastructures, on a fait des avancées notables. Ensuite au niveau de l’agriculture qui est le secteur le plus important de la Guinée, parce que c’est un pays agropastoral. Il y’a eu pas mal de signaux positifs vis-à-vis des paysans en leur donnant des entrants. Le signal a été tellement bien perçu que la production rizicole a augmenté; la Guinée va très bientôt atteindre l’autosuffisance alimentaire. Je suis d’accord que ce n’est pas suffisant parce qu’il faut aller plus loin, il faut faire beaucoup d’aménagement des baffons. Et ça commence, il y’a quelques baffons qui ont été aménagés, il y’a des programmes immédiats pour le faire. Quand vous prenez au niveau des télécommunications, le pays est en train de se moderniser. Nous étions un pays très arriéré et, maintenant nous sommes en train d’installer des fibres optiques sur l’ensemble du territoire national. C’est-à-dire qu’en deux ans chaque sous-préfecture de la Guinée va être sur l’autoroute de l’information. Autant on fait des autoroutes sur le terrain là, on va faire des autoroutes de l’information en envoyant les fibres optiques. Ça va connecter la Guinée au reste du monde et, c’est très important pour tout le monde y compris les populations villageoises qui pourront faire connaitre leurs produits à travers le monde. C’est un gros programme, déjà nous avons mis la Guinée sur la carte du monde. Malheureusement en 2015 où on devrait connaitre une forte croissance, nous avons eu Ebola. Alors, Ebola a eu beaucoup d’impacts. Le premier impact d’abord, parce que nous avons l’urgence sanitaire, nous sommes au ralentis sur le plan économique, tous les projets en cours ont été ralentis, les nouveaux projets ont été reportés, ce qui fait que les grands projets comme Simandou et autres qui devraient entrer en fonction en 2017 malheureusement et qui, allaient mobiliser près de vingt (20) milliards de dollars, ça n’a pas été possible maintenant. Mais ce sera pour très bientôt. Malheureusement aussi il y’a eu la baisse des prix des matières premières qu’il s’agisse de l’aluminium qui est le produit fini de la bauxite ou qu’il s’agisse de fer, là aussi malheureusement 2014 n’a pas été une bonne année. Nous espérons avec la mobilisation  de l’ensemble de la population guinéenne pour vaincre Ebola dans les deux mois à venir; nous avons un programme de soixante jours, quand ce sera fait, je suis sûr qu’Ebola sera derrière nous. Même les élèves et étudiants ont vu leur année en péril. On  vient juste de faire la rentrée universitaire et la rentrée des élèves. Voila, la Guinée n’a pas eu beaucoup de chance. Mais nous espérons que le deuxième mandat de notre grand professeur Alpha Condé sera le bon. Mais déjà on a fait les bases, on a mis en place les bases économique, d’une relance économique.

On a comme l’impression que Dr Ousmane Kaba a revu ses ambitions politiques à la baisse, il a fondu, son parti le PLUS dans la mouvance aujourd’hui, on vous entend moins.

C’est parce que nous ne sommes pas en campagne électorale, nous sommes en campagne de travail. Il faut travailler. Il ne faut pas faire de la politique politicienne. L’objectif de la politique est d’augmenter la prospérité des guinéens. C’est ce qu’on est juste en train de faire. C’est au de peuple de Guinée maintenant de décider si ce que nous faisons est mieux ou s’il est mauvais. Moi, je n’ai aucun doute que le peuple de Guinée va nous donner un second mandat. Ce qui me concerne, mes ambitions personnelles, vous avez raison, parce que c’était un parti nouveau que nous avons créé trois mois avant l’élection présidentielle. Ce qui nous a permis de peser sur les grands débats des grands défis de la Guinée. Et, entre les deux tours nous avons voulu nous aligner sur le professeur Alpha Condé qui
était quand même le mieux placé, qui avait un vieux parti de plus de vingt ans. Ça prouve que simplement la politique ce n’est pas de l’ambition démesurée. Dès lors que votre objectif peut être atteint à travers un autre leader, je pense qu’il ne faut pas hésiter. Et nous nous sommes tous mis ensemble pour créer le RPG-Arc-en-ciel qui est aujourd’hui le plus grand parti de la Guinée et qui va porter, je n’en doute pas, nous allons faire campagne pour le second mandat du professeur Alpha Condé.

Pensez-vous que votre candidat passera haut la main?

Mais bien sûr, je le pense sincèrement à cause des réalisations de ce qui a déjà été fait, mais aussi à cause du programme à faire à partir de 2016. Les cinq premières années, nous sommes maintenant pratiquement à la cinquième année, nous avons eu d’abord cet assainissement macroéconomique qui n’était pas là depuis très longtemps; c’était le soubassement économique. On a vaincu l’inflation, c’est très important. On a préservé le pouvoir d’achat des guinéens. Rappelez-vous, avant le professeur Alpha Condé nous avions une inflation de 25%, les prix montaient chaque matin au marché de Madina. Ce n’est plus le cas, nous avons une monnaie qui tient la route. Ça veut dire que le pouvoir d’achat des guinéens est stabilisé. Je vais vous dire quelque chose, ce que quand il ya l’inflation, quel est le plus grand perdant? C’est le paysan au fin fond de la Guinée, c’est lui qui s’appauvri le plus. Donc quand vous stabilisez la monnaie, vous préservez le pouvoir d’achat de ce paysan, de ce guinéen très pauvre. Donc, c’est vraiment la première étape de lutte contre la pauvreté. C’est une étape que nous avons gagné, ça c’est un plus. Maintenant nous sommes dans la seconde étape, les investissements massifs et la croissance économique. Malheureusement en 2014 nous n’avons pas une bonne croissance à cause d’Ebola. Mais la deuxième moitié de 2015 et 2016 la Guinée va repartir avec un taux de croissance très élevé et qui va réduire complètement la pauvreté. Pour la lutte contre la corruption, maintenant il y’a moins d’opportunité de voler. Nous avons une meilleure gestion de deniers publics. Je vais vous donner un exemple très simple, savez-vous que tous les gros investissements que nous faisons si bien dans les routes que dans les fêtes tournantes sont financés par le budget national aujourd’hui. On n’avait jamais su qu’n Guinée on pouvait rénover une ville avec nos propres ressources. C’est la première fois. Ça veut dire qu’il y’a une meilleure utilisation des ressources de l’Etat qui n’existait pas au paravent. Au paravent l’Etat n’était même pas capable de rénover une seule maison des jeunes. Regardez aujourd’hui ce qui se passe à N’Zérékoré. La monnaie perdait sa valeur et les gens devenaient de plus en plus pauvres. Aujourd’hui, non seulement on a stabilisé mais on prend l’essentiel de l’argent public pour faire des investissements. C’est un gros pas en avant.

Parlons d’éducation. En ce que le report de l’ouverture des classes en valait la peine?

Mais bien sûr, la Guinée a été obligée. Quand vous avez Ebola, la population ne savait même pas les dangers d’Ebola. Imaginez qu’on faisait la rentrée à cette période et qu’Ebola se déclarait dans les écoles, ça allait être de l’hécatombe. Et le gouvernement allait être accusé d’irresponsabilité. Donc le gouvernement a très bien fait d’éviter tous les gros rassemblements. Pendant ce temps il y’a eu d’énormes campagnes de sensibilisation pour que les guinéens connaissent ce que c’est Ebola et, comment se prémunir contre Ebola. Maintenant que cette sensibilisation a donné des résultats tangibles, puisque les nouveaux malades deviennent de plus en plus rares et le défi lancé par le président de la République, Ebola zéro en soixante jours, va être une réalité. C’est à cause de ces efforts du gouvernement et des efforts de toute la  Guinée en fait, parce que les cadres ressortissants des villes de la Guinée sont mobilises pour sensibiliser les parents. Donc aujourd’hui, on est en train de voir le bout du tunnel et, c’est maintenant seulement on a pu rouvrir les écoles pour qu’on n’ait pas une année blanche. Les éducateurs vont se battre pour achever l’essentiel des programmes aussi bien qu’au niveau des collèges, des écoles primaires qu’au niveau des universités pour que nos enfants ne perdent pas une année entière.

Il y’a certains fondateurs qui ont fait payer les trois mois du premier trimestre, est-ce que  l’université Kofi Annan fait partie de ces écoles concernées?

Je ne crois pas. Parce qu’il n’ya jamais de plainte à Kofi Annan sur le plan financier. Ceci dit, je ne jette pas la pierre à ceux qui l’ont fait, parce qu’il se trouve que certains fondateurs paient leurs employés surtout l’administration, ce qui est le cas de Kofi Annan; tous ceux qui travaillent dans l’administration aussi bien que pendant les vacances que pendant la période des cours, même s’il n’y a pas de rentrée conséquente.

Je pense que ça dépend des différentes écoles. En ce qui me concerne je ne suis pas concerné. Je pense qu’il est trop facile de condamner, il faut discuter avec les différents fondateurs et trouver un terrain d’entente. La Guinée, c’est un pays de dialogue et de démocratie. Toutes les écoles n’ont pas les mêmes situations. Kofi Annan est une institution à part, la pionnière de toutes les institutions privées en Guinée. L’université Kofi Annan est la toute première université privée. Au moment où les guinéens ne pensaient même pas qu’on pouvait faire des universités privées en Guinée. Toutes les autres universités essaient d’imiter Kofi Annan, mais c’est très compliqué d’imiter Kofi Annan. Parce que nous nous sommes tournés vers l’avenir et nous investissons pour l’avenir.

In Le Démocrate, partenaire de guinee7.com

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