Mercredi 29 septembre, un mémorandum signé par 10 structures syndicales dont l’USTG dirigée par le camarade Abdoulaye Sow a été transmis au CNRD à travers le secrétaire général du ministère de la Fonction publique. Une forte délégation composée par les représentants des structures signataires, a accompagné ce document, du siège de l’USTG (où le document a été signé) jusqu’aux locaux du ministère de la Fonction publique.

Cette occasion a également été mise à profit par le secrétaire général de l’UGTG (Union Générale des Travailleurs de Guinée) pour une nouvelle fois attirer l’attention du Secrétaire général du ministère de la Fonction publique sur le licenciement arbitraire des travailleurs guinéens, mais aussi dénoncer l’attitude de l’inspecteur général du travail (Dr. Alia Camara) face à cette situation.

Dans son intervention, le camarade Aboubacar Sidiki Mara a déclaré : « nous sommes venus plusieurs fois nous plaindre. Le cas de l’hôtel Sheraton (où 2 syndicalistes ont été licenciés pour avoir défendu 1 employé qui aurait accidentellement cassé un pot de fleur) constitue aujourd’hui une particularité de toutes les situations que nous avons présentées au département… Ces deux camarades ont été arbitrairement licenciés à l’hôtel Sheraton juste pour un pot de fleurs. Aujourd’hui, leurs familles n’arrivent plus à vivre et c’est l’inspecteur général du travail qui a ordonné leur licenciement. »

Et de poursuivre : « Aujourd’hui c’est devenu un crime d’être syndicaliste dans les entreprises. On aurait voulu qu’Alia Camara [inspecteur général du travail] soit là aujourd’hui, mais nous n’allons pas rater l’occasion.  Parce que ça sera la première fois pendant le règne de Doumbouya que le syndicat décidera d’aller en grève mais pour dénoncer les attitudes d’Alia Camara qui commencent à faire trop mal. Nous avons été trop victimes. »

Pour finir, le leader de l’UGTG a fait entendre ceci: « Nous profitons de l’occasion pour vous dire que si rien n’est fait au niveau de l’administration générale, le syndicat prendra sa responsabilité. Ce n’est pas un crime d’être syndicaliste, mais nous avons comme l’impression qu’Alia est nommé uniquement contre les syndicalistes et cela sera le dernier cas. Si rien n’est fait monsieur le secrétaire général, dans les limites qui sont prévues par la loi, le syndicat va réagir. »

Après avoir déploré le fait que le syndicat lui ait immédiatement tourné le dos, dans son propre bureau, après un tel discours, le secrétaire général du ministère de la Fonction publique Ousmane Bangoura a tout même répondu par ses mots : « Nous prenons bonne note de votre déclaration sauf que c’est l’information qui est portée à notre connaissance et vous connaissez la procédure qu’il faut. Quand un travailleur se sent victime d’une certaine attitude surtout dans ses droits, il y a la formule, il adresse une correspondance et nous l’étudions.  Maintenant si l’intéressé n’est pas satisfait de la réponse ou à son syndicat, il peut nous rappeler et on crée un cadre d’échange. Je crois qu’à la phase actuelle de notre pays, chacun de nous doit privilégier la paix quel que soit ce qu’il y a au cœur, on doit se réserver des propos menaçants. Aujourd’hui on n’a pas droit à tenir des propos qui peuvent amener à un certain mouvement, surtout quand ce n’est pas justifié ou n’a pas répondu aux dispositions réglementaires… »

Il faut souligner que suite à cette intervention du camarade Aboubacar Sidiki Mara, les esprits se sont échauffés dans la salle. Il a fallu l’intervention de certains leaders syndicaux pour calmer les ardeurs, notamment Abdoulaye Sow de l’USTG qui a d’ailleurs présenté des excuses au nom de la délégation syndicale au secrétariat général du ministère de la fonction publique.

Mohamed Soumah pour Guinee7.com