Le paysage politique est en train de se redessiner à mesure que les échéances électorales pointent à l’horizon. Le remue-ménage se fait aussi bien au sein de l’opposition parlementaire que du côté de celle qui évolue en marge de l’assemblée nationale, sur fond de tension.

La recomposition du paysage politique, après la mise en place de l’assemblée nationale a démarré. Et bien ça y est, le processus est en marche, provoquant des remues ménages au sein des partis politiques. L’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principale formation politique de l’opposition n’est pas épargnée par ce vent de renouveau.

A ce niveau, c’est un bras de fer qui oppose le président du parti Cellou Dalein Diallo et son vice-président Bah Oury, réfugié en France, suite à l’attaque qui a visé la résidence du chef de l’Etat guinéen, le 19 juillet 2011.  Le vice-président de l’UFDG avait en effet été cité  à comparaître devant les instances judiciaires, dans le cadre des enquêtes qui ont suivi ces événements. Bah Oury a préféré se ‘’mettre à l’abri’’, en fuyant le pays. Depuis son exil parisien, il continue d’être actif, allant jusqu’à contester la légitimité de certains membres de la direction du parti, dont certains.

Ces dernières heures, le ton est monté d’un cran entre  la direction de l’UFDG et lui,  suite à la décision qu’il a prise de donner un quitus à la tenue  du congrès de renouvellement de la fédération ‘’UFDG de France’’  pour ce 12 avril 2014.

La direction nationale du parti a dans un communiqué réagi aussitôt, en  brandissant  les statuts du parti, selon lesquels ‘’les congrès des fédérations sont convoqués et présidés par le Bureau exécutif du parti.’’ Bah Oury pour sa part,  accuse la direction de l’UFDG de  ‘’gestion clanique’’ du parti. Le vice-président de l’UFDG semble dorénavant avoir pris ses distances avec Cellou Dalein Diallo. Aux dernières nouvelles, la direction de l’UFDG a décidé de suspendre le frondeur.

Cette divergence de vue se ressent par le rapprochement de Bah Oury avec les 17 partis membres de l’opposition extra-parlementaire. Ce dimanche, 8 formations politiques sur les 17 ont apposé leur signature sur la charte scellant la mise en place de la coordination de l’opposition extra-parlementaire (COEP), au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée dans la capitale guinéenne.

Un comité provisoire a été mis en place à cet effet, sous la direction de Boubacar Barry, leader de l’Union nationale pour le renouveau (UNR), et ancien membre du gouvernement de Dadis Camara, ex-chef de la junte. Il conviendrait de noter que les signataires de ce protocole sont composés de petites formations politiques, qui entendent toutefois jouer un rôle sur l’échiquier politique national.

L’Union des forces républicaines (UFR), troisième force politique du pays, qui a dû reporter son congrès qui devait donner lieu au renouvellement de ses instances, pour cause de fièvre Ébola, défraie elle aussi la chronique dans la cité, avec le renvoi de son représentant à la CENI, Abdouramane Telly Touré. Le parti le soupçonne de ‘’trahison’’.

Ce commissaire de la CENI qui a profité à outrance de sa position de chef de département de la logistique, serait tenté par une adhésion au RPG-arc-en-ciel.

Des défections ont été enregistrées également dans le Parti de l’espoir et du développement national (PEDN) de l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté, dont deux cadres qui étaient proches de Kouyaté ont jeté l’éponge.

A mesure que les échéances électorales pointent à l’horizon, la recomposition de la classe politique suit son cours. Certains observateurs pensent que la plupart des transfuges de l’opposition pourrait trouver un point de chute au sein de la mouvance présidentielle.

Celle-ci aussi tente de se réorganiser, dans le but de tenir la dragée haute à l’opposition, lors des élections communautaires prévues pour cette année.

Des élections qui vont sans doute servir de test pour la présidentielle de 2015.

In L’Indépendant

 

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