La récente déclaration d’urgence sanitaire renforcée du Président de la République, Pr Alpha Condé, visant Conakry et ses environs, découle de la persistance de l’épidémie d’Ebola en Guinée, alors que la situation est de plus en plus maîtrisée chez les voisins libériens et léonais.

Au constat, la perte, par négligence, des comportements qui étaient en passe de devenir des habitudes, pour se protéger du virus Ebola. L’observation des pratiques liées à éviter la contamination est assujettie au respect scrupuleux de certaines mesures prises, notamment l’installation des kits de désinfection dans les lieux publics, dont les hôpitaux.

Malheureusement, le personnel médical qui a été durement touché par le virus Ebola, est en première ligne dans la négligence des mesures de protection prises dans les structures sanitaires.

C’est pour toucher du doigt cette réalité que le superviseur de la coordination nationale de lutte contre Ebola en Guinée, le Ministre d’Etat, Ministre secrétaire général de la présidence de la République, accompagné des Ministres de la Santé et de la Communication, ont effectué une visite surprise dans les deux CHU de Conakry, Ignace Deen et Donka, ainsi que le CMC de Ratoma-Dispensaire, lundi 6 avril.

Le constat n’est pas reluisant. D’abord, à Ignace Deen, malgré la mobilisation des kits d’hygiène sur place, l’envahissement de l’hôpital à tout moment maintient les risques de propagation en cas de problème. Un fait qui inquiète les partenaires sanitaires. Du coup, il a été instruit au Directeur intérimaire de l’hôpital, non seulement de réduire drastiquement les accès au CHU, mais aussi de ramener les heures de visite quotidiennes aux malades de 16h à 18h. En plus, jusqu’à la levé de l’urgence sanitaire renforcée, n’autoriser l’accès à la cour de l’hôpital seulement qu’aux ambulances.

Au CHU Donka, le plus important du pays, c’est la désolation. Contrairement à Ignace Deen, le kit de lavage des mains installé à la grande rentrée y est pour décorer les lieux ; aucune exigence à ceux qui arrivent de désinfecter leurs mains avant d’entrer dans la cour. Le thermoflash lui, est quasi-inexistant. C’est seulement à la Maternité que les mesures sont respectées.

Au CMC de Ratoma-Dispensaire, on tente également de se justifier en arguant qu’on est un jour férié (lundi de Pâque, NDLR). Et là, c’était le comble pour le trio de Ministres qui n’a pas de nouveau manqué de sermonner leur interlocuteur. « Ebola connait le week-end ? », lui lance le Ministre A. Makanera Kaké. Au Ministre d’Etat, Naby Youssouf Kiridi Bangoura de rappeler à Dr Baldé de Ratoma que son Ministre de tutelle présent est chrétien, donc plus concerné par Pâques et qui ne peut profiter de ces moments pour cause d’Ebola, d’où sa présence permanente sur le terrain.

Ces constats, peut-on croire, expliquent pourquoi le personnel médical guinéen a été durement frappé par l’épidémie d’Ebola. Et, cette négligence de leur part n’est guère à conscientiser les citoyens sur les risques encourus avec le virus Ebola qui, pourtant, poursuit son petit bonhomme de chemin en Guinée, alors que le 15 avril 2015 est à nos portes.

A cette date, les chefs d’Etat des pays durement touchés par la maladie seront de nouveau avec les partenaires financiers, aux Etats-Unis, pour parler de l’après-Ebola. Moment qui risque d’être dure pour la Guinée, parce que toujours confrontée à l’épidémie. Alors, parlera-t-elle d’Ebola en cours où de l’après-Ebola, au risque d’être hors-sujet ?

CD.

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