Ma vérité à mon cher ami Ibrahima Sory Makanera (Par Dr Solian Konaté)

Au-delà des barrières politiciennes, le devoir d’élégance doit être de mise pour une émergence de notre nation qui se veut apaisée.

Mon cher Makanera, avec tout le respect lié à votre rang, je me permets de vous interpeler suite à cette manifestation à iconographie  pas très apaisée, surtout sévère à l’endroit de son excellence Amara Camara devant l’ambassade de Guinée à Paris.

Mais attention, loin de moi l’idée de vous faire des admonestations  ou d’infliger un quelconque jugement ou de désapprobation sur votre opinion politique.

La liberté d’expression est le polygone de sustentation de notre société qui se veut démocratique.

Si nous n’avions point de défaut, nous serions moins ingénieux à relever ceux des autres (Alexander Pope).

Vous êtes certainement conscient des propos irrévérencieux fort regrettables tenus à l’encontre de son Excellence Mr L’ambassadeur de la république de Guinée à Paris.

Avec le minimum d’honnêteté dans l’appréciation de l’autre ou des autres, pour avoir tant soi peu côtoyé cet homme, il n’est point  besoin de rappeler, que parmi la cohorte des ambassadeurs Guinéens qui ont foulé le sol de la belle et respectueuse France, loin de toute démagogie, mieux que tous ses prédécesseurs,  son excellence Amara Camara  a su se mettre sans réserve à l’écoute de tous les Guinéens.

 Ces qualités ne s’enseignent pas, Elles sont l’apanage des grandes familles.

Mon cher Makanera, je vous écris explicitement parce que je vous connais, on a fait pas mal de démarche patriotique ensemble à une certaine époque avant même l’arrivée du président alpha Condé au pouvoir.

Tiens ! Je vous rappelle un truc qui m’est resté en mémoire, que j’appelle les bons souvenirs fraternels :

 Lorsque je suis venu je crois en 2010, je ne sais plus exactement pour faire ma photo pour les élections à  l’ambassade, vous étiez membre pour la facilitation. De l’antichambre, vous m’aviez aperçu et vous êtes sorti vous-même pour me chercher et me conduire vers le photographe en disant : Le docteur vient de loin, on va faire vite son dossier !

Un bon souvenir inoubliable et fraternel.

 Sans ambages laissez-moi vous dire combien je fus étonné – le mot pris dans son sens premier, sous l’effet du tonnerre  – de vous trouver parmi  ces  manifestants résolus à jeter l’opprobre sur ce que fut cet homme, cet homme reconnu  pour son sens de la repartie, son patriotisme et sa disponibilité sans distinction envers tous les guinéens.

Est-ce vraiment raisonnable d’en arriver à ce sommet de la pyramide d’un  mépris aussi injuste !

C’est franchement inadmissible de la part d’un intellectuel de votre rang, de votre gabarit. Je réitère que je respecte absolument votre opinion politique.

Le devoir d’élégance nous interpelle tous dans le respect absolu des droits de chacun et de tous mon cher ami !

On peut pleinement jouir de sa liberté d’expression, sans insulter !

On peut communiquer sans effraction, sans entrave au respect de chacun et de tous !

La Guinée est-elle malade de ses intellectuels !

L’élégance est à la grâce ce que l’amour est au cœur.

De grâce, que les conflits politiciens ne nous mènent pas dans l’arène de la provocation gratuite et,  donc du regret !

Nous sommes tous Guinéens :

Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Amara Camara etc. 

Le dialogue est le polygone de sustentation de notre société.

Ramenez la Guinée à l’échelle d’une table qui ne pèse que 10 kg et disposer quatre gros bras autour de ladite table pour la soulever! Je vous promets qu’en l’absence de dialogue et d’entente,  du sol, la table ne bougera pas d’un micron, car, fruit de la mésentente,   chaque acteur tentera de la ramener de  son côté.  

Le désordre incontrôlé et injuste   est l’antichambre de l’aversion instinctive de notre nature, ce qui d’ailleurs risque de nous rapprocher de l’instinct de conservation.

Il faut qu’on avance sans mépris, sans penchant revanchard, sans haine dans l’expression de notre liberté et dans l’exercice de nos visions politiques.

Son excellence Amara Camara est l’expression en France de la Guinée plurielle et je défie quiconque de me démontrer le contraire.

Notre Sagesse n’est que le total de nos désillusions (Henri-Fréderic Amiel).

J’ai dit haut et fort à la radio Africa le 10 octobre 2019  que tant que le Guinéen ne saisit pas le sens de l’attitude morale qui nous incite à raison garder pour un compromis intelligent et sans violence, il faut absolument interdire les manifestations jusqu’à preuve du contraire.

On n’enfreint pas la loi dans la mesure où la violence est condamnée par la charge des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Il y a eu des morts semble-t-il hier, et qu’est ce qui nous reste à part la désolation !

Dorénavant mon cher Makanéra et sans rancune, nous devons voir autrement la vie ! Elle est si courte, cette vie que de notre part il serait vraiment absurde qu’au lieu de la jouir pleinement ! Bêtement nous la subissons.

Son excellence Amara Camara est l’un de nos meilleurs Ambassadeurs !

 Alors, si on ne lui apporte aucune facilité dans son fastidieux travail, pensons aux aléas du péché pour lui accorder le basique, le droit d’ainesse, le minimum que l’on peut accorder à un ainé, le respect! Pas cher du tout.

Nous n’avons pas les mêmes visions politiques, mais nous devons converger vers l’édification de notre nation, pour intégrer et incarner l’universel d’un monde meilleur.

J’écris ce petit article sans rancune en espérant que vous la placerez sous l’angle d’un échange fraternel.

Cordialement.

Docteur Solian Konaté

Praticien Hospitalier

Chirurgien Orthopédiste et Traumatologue

France

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