Venu aux affaires par effraction – militantisme outrancier, fait d’attaques personnelles et de guerre de tranchées -, Alhousseiny Makanera Kaké comme c’est de lui qu’il s’agit peine vraiment à prendre ses marques à la Communication. La RTG n’a pas de signaux dans bien des régions de la Guinée. L’AGP est mourante. Horoya se cherche : pas d’équipements, de mobiliers, etc. La radio rurale est oubliée, etc. Certains de ces services rattachés n’ont jamais enregistré la moindre visite du ministre. Sous d’autres cieux, un tel responsable est à dégommer.

Au regard des agissements et du manque de résultats de Makanera Kaké, on rejoint vraiment Jean-Marie Doré qui s’est récemment désolé d’entendre ce ministre parler. Avec beaucoup d’humour propre à l’homme politique, JMD déclare : « On comprend vraiment le malheur d’Alpha Condé », car, ce ministre-là aux yeux du président de l’UPG est aux antipodes de son mentor, le président de la République.

Assujetti à un militantisme aux impacts potentiellement destructeurs, le ministre de la Communication va dans tous les sens. Il voue aux gémonies les opposants pour mériter son poste. Il nargue et veut « mettre au pas des journalistes ». Mais devant sa porte, ce n’est vraiment pas le souhaitable. Il fait partie des symboles du changement qui ne changent point. Makanera jette la pierre aux journalistes, laissant les siens dans un manque à gagner pitoyable. Mais ceci est une autre histoire. L’homme se révèle un grand récidiviste en matière des gestes peu avisés qui embarrassent très souvent ses pairs du gouvernement.

Récidiviste ? Oui, le mot n’est pas très fort pour un ministre qui a peur du chaos mais qui y est déjà. Récemment, il a qualifié au cours d’une rencontre politique du RPG, un confrère et son équipe « des bandits à col blanc ». Des voix se sont élevées pour brandir une plainte pour dénigrement, diffamation, outrage ou injures publiques. Mais, après, plus rien. Le ministre est revenu sur ses pas pour tenir un autre langage plus conciliant. Plus familial. Le ministre déjà aux abois, confesse avec une allure familiale: « Je n’ai rien contre Lamine Guirassy et son groupe média. Ce que vous ne savez pas, je suis plus proche de Lamine que tous les autres médias. J’avais eu sa tante comme épouse qui a fait  mes quatre filles. Quand il était petit, on a vécu dans la même maison. Rien ne m’oppose à Lamine Guirassy. Je suis très heureux de regarder Espace TV. Nous avons transmis le dossier (NDLR, d’Espace TV) comme étant conforme aux textes en vigueur. Le blocus se trouve au niveau du conseil national de la communication. Il manquait au groupe la capacité financière. »

Quelques mois après ce mea culpa, Makanera remet le pied dans le plat. Sans indexer vertement le groupe média, le ministre qualifie ses journalistes d’arnaqueurs. Admissible, pourrait-on dire, pour qui connait ce que faisait l’homme avant d’être au poste de ministre : démarcheur. Il y a –t-il plus arnaqueur qu’un démarcheur de parcelles ou de maisons de location ? Jugez-en ! Quoiqu’il en soit, Makanera est aujourd’hui aux antipodes de son mentor. Les élections approchent, Alpha veut se réconcilier avec la presse nationale qu’il a toujours malmenée et narguée. Le ministre devrait plutôt restaurer cette confiance au lieu de personnaliser le débat : sa douce moitié est soupçonnée de détournements de fonds d’Ebola. Ce qui provoque le courroux du chef du département de la Communication. Mais est-ce une raison de s’attaquer encore aux journalistes, comme s’il ne connait pas la voie la plus autorisée pour éclairer la lanterne ? On aura tout vu avec ce quinquennat.

Ousmane Tangaly Baldé in L’Indépendant partenaire guinee7.com

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